La semaine dernière, on n'a pas accordé beaucoup d'attention au sommet social de l'Union européenne à Göteborg. C'est également facile à comprendre : en Europe, la politique sociale n'a jamais été une priorité. C'est le terrain des états membres, qui souhaitent maintenir cette situation. On accorde plus de temps et de soins à la crise financière, la migration, la sécurité et le Brexit. Le sommet à Göteborg a été organisé par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et le Premier ministre suédois, Stefan L...

La semaine dernière, on n'a pas accordé beaucoup d'attention au sommet social de l'Union européenne à Göteborg. C'est également facile à comprendre : en Europe, la politique sociale n'a jamais été une priorité. C'est le terrain des états membres, qui souhaitent maintenir cette situation. On accorde plus de temps et de soins à la crise financière, la migration, la sécurité et le Brexit. Le sommet à Göteborg a été organisé par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et le Premier ministre suédois, Stefan Löfven. Le sommet social précédent de l'Union a été organisé en 1997 au Luxembourg, par le Premier ministre de l'époque du Grand-Duché de Luxembourg, Jean-Claude Juncker.Juncker s'est plaint à Göteborg que les états membres, mais aussi le Parlement européen, sont peu enthousiastes à l'idée de discuter sérieusement des propositions sociales de sa Commission. Pourtant, il y a aussi des dirigeants beaucoup plus conservateurs qui s'accordent à dire que l'Europe mise trop sur le niveau économique. Aussi le sommet a-t-il approuvé "un pilier de droits sociaux" auquel doivent aspirer les états membres. L'Europe ne peut guère faire plus. Il s'agit de vingt principes, tels que le droit à la formation continue, un salaire égal pour les hommes et les femmes, la protection en cas de licenciement ou l'instauration d'un salaire minimum de qualité. En Bulgarie, celui-ci s'élève à peine à 235 euros, contre 2000 euros au Luxembourg. Près de trente ans après la chute du communisme, l'écart social entre l'Europe de l'Ouest et l'Europe de l'Est est toujours important. Il est clair que pour un pays l'adhésion à l'Union ne suffit plus pour booster sa prospérité. Le manque de perspective en Europe centrale et de l'Est pousse les gens vers l'Occident, où ils cherchent un travail mieux payé. Chez eux, ils succombent facilement aux partis populistes. Et quand ils se retrouvent en Europe de l'Ouest et du Nord, ils y stimulent le scepticisme européen parce qu'ils sont meilleur marché. La Commissaire pour l'Emploi Marianne Thyssen travaille à un compromis difficile destiné à lutter contre ce dumping social. L'idée qu'à travail égal il faut un salaire égal ne joue pas uniquement en Europe occidentale. En Europe de l'Est, on se plaint de ce que les gens sont obligés de travailler à l'étranger, parce que leurs gouvernements gardent leurs salaires bas pour attirer les investisseurs qui cherchent du travail bon marché. L'initiative ne vient pas de la gauche, comme on s'y attendrait, mais du parti d'extrême droite Jobbik. Cela aussi en dit long sur la situation en Europe d'aujourd'hui.