L'importance de l'éducation et de l'environnement scolaire au sens large ne peut guère être sous-estimée. Chaque enfant a non seulement le droit à l'éducation, mais a également le droit à une éducation de qualité pour se développer pleinement. Cela est indiqué aux articles 28 et 29 de la Convention relative aux droits de l'enfant, ratifiée au niveau mondial.

Certes, le compromis à réaliser entre sécurité d'une part et droit à l'éducation d'autre part n'est pas aisé.

L'école est l'endroit où les enfants se sentent protégés, où ils peuvent résoudre leurs problèmes. Pour certains, c'est l'école qui leur fournira leur seul repas nourrissant de la journée. C'est le lieu où ils peuvent socialiser, jouer et faire du sport avec leurs amis ... À l'école, les enfants apprennent également à développer leur résilience et à faire face aux traumatismes en période de crise.

Le coût de la fermeture des écoles

Si les enfants ne peuvent plus aller à l'école, cela a un impact énorme sur leur développement. Non seulement la fermeture des écoles provoque un retard d'apprentissages avec toutes les conséquences négatives possibles à long terme, mais elle peut également causer toute une série de problèmes psychosociaux. Le manque d'activités physiques et d'interactions sociales ainsi qu'un stress émotionnel accru détériorent aussi considérablement le bien-être et la santé mentale des enfants. Les enfants et les jeunes souffrent du fardeau d'une vie de famille stressante : les parents qui sont anxieux à l'idée de perdre leur travail, l'isolement, la peur que les membres de leur famille tombent malades ...

Ces derniers mois, les enfants et les jeunes se sont également inquiétés de leur éducation et de la manière dont ils pourraient poursuivre leurs études à la maison. Beaucoup souffraient de problèmes de sommeil et d'anxiété.

Pour les enfants qui éprouvent déjà des difficultés d'apprentissage, la fermeture des écoles a un impact énorme. On craint que certains enfants vulnérables ne retournent même jamais à l'école après la crise.

En cas de fermeture des écoles, les enfants et les jeunes ont également plus de difficultés à accéder aux services de soutien offerts par l'école. Les écoles perdent alors leur plus-value de lieu de refuge pour enfants vulnérables. Lorsque cet environnement scolaire sûr est perdu, le risque de maltraitance, de négligence et d'exploitation des enfants augmente dans le monde entier : grossesse chez les adolescentes, exploitation sexuelle, mariage des enfants, violence, travail des enfants ... Les mois précédents, les centres d'appels et la police en Belgique ont également signalé une augmentation de la violence domestique.

De plus, ces risques sont encore accrus pour les filles les plus vulnérables. Par exemple, lors de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest en 2014, le taux de grossesse chez les adolescentes en Sierra Leone a doublé et de nombreuses filles n'ont pas pu continuer leurs études lorsque les écoles ont rouvert leurs portes.

La recherche d'alternatives

Au plus fort du confinement, 1,6 milliard d'enfants, soit 90% des jeunes d'âge scolaire dans le monde, ont été privés de l'éducation, ainsi que du soutien d'amis et d'enseignants.

Lorsque l'enseignement en présentiel n'est plus possible, l'apprentissage à distance constitue certainement une bonne alternative car il offre un soulagement temporaire. Mais cette solution doit rester transitoire parce qu'elle ne peut jamais remplacer l'école comme un lieu sûr où les enfants peuvent se développer pleinement ou reprendre des forces lorsque les choses se compliquent.

Si elle peut se faire en toute sécurité, la réouverture permanente des écoles est fondamentale (carte blanche)

De plus, tous les enfants n'ont pas le même accès à certaines technologies et ce, même en Belgique. Par exemple, l'apprentissage en ligne est souvent réservé aux étudiants les plus privilégiés. Et cette fracture numérique contribue à un écart de performance plus grand.

À l'échelle mondiale, le problème réside principalement dans les grandes différences d'accès aux smartphones, à Internet, à la télévision, à la radio et même à l'électricité. Il existe également des écarts entre les enfants des zones urbaines et les enfants qui vivent dans les zones plus rurales. Le fait de pouvoir étudier dans une pièce, une salle séparée et de bénéficier du soutien de sa famille, peut aussi sensiblement faire la différence. En outre, l'enseignement à distance est mal adapté aux besoins particuliers des jeunes enfants ou des enfants ayant des besoins spéciaux, ce qui entraîne des inégalités d'accès et de possibilités d'éducation dès les premières années des enfants.

C'est pourquoi il est important de continuer à se concentrer sur diverses possibilités d'alternatives low-tech, telles que les cours via la radio et la télévision et les documents, cours imprimés à l'école-maison. Ces alternatives doivent être aussi inclusives que possible et adaptables aux différents contextes nationaux afin qu'elles puissent effectivement être utilisées pour chaque enfant, quel que soit l'endroit où il vit dans le monde.

Les alternatives que nous avons déjà développées et testées pendant la crise pour améliorer les systèmes éducatifs sont parfaitement utilisables. Cependant, elles ne doivent pas nous faire oublier que rien ne peut remplacer l'interaction personnelle et humaine entre élèves, enseignants et pairs. Si elle peut se faire en toute sécurité, la réouverture permanente des écoles est fondamentale. Le cas contraire, nous voulons éviter que toute une génération ait à souffrir des impacts négatifs de la fermeture des écoles.

UNICEF Belgique appelle tous les enfants de la Belgique à mettre leurs cartables à la fenêtre au cours des deux dernières semaines d'août. Avec la campagne #EnviedEcole, nous voulons souligner l'importance du droit à l'éducation pour chaque enfant dans le monde. Notre campagne permet aussi aux enfants de s'exprimer sur la situation qu'ils ont vécue, sur cette dimension d'environnement au sens large de l'école qui leur a manqué et sur leur grande envie de reprendre les cours dans cet environnement.

Par Dirk Jacxsens, Directeur Général UNICEF Belgique

L'importance de l'éducation et de l'environnement scolaire au sens large ne peut guère être sous-estimée. Chaque enfant a non seulement le droit à l'éducation, mais a également le droit à une éducation de qualité pour se développer pleinement. Cela est indiqué aux articles 28 et 29 de la Convention relative aux droits de l'enfant, ratifiée au niveau mondial.Certes, le compromis à réaliser entre sécurité d'une part et droit à l'éducation d'autre part n'est pas aisé.L'école est l'endroit où les enfants se sentent protégés, où ils peuvent résoudre leurs problèmes. Pour certains, c'est l'école qui leur fournira leur seul repas nourrissant de la journée. C'est le lieu où ils peuvent socialiser, jouer et faire du sport avec leurs amis ... À l'école, les enfants apprennent également à développer leur résilience et à faire face aux traumatismes en période de crise.Si les enfants ne peuvent plus aller à l'école, cela a un impact énorme sur leur développement. Non seulement la fermeture des écoles provoque un retard d'apprentissages avec toutes les conséquences négatives possibles à long terme, mais elle peut également causer toute une série de problèmes psychosociaux. Le manque d'activités physiques et d'interactions sociales ainsi qu'un stress émotionnel accru détériorent aussi considérablement le bien-être et la santé mentale des enfants. Les enfants et les jeunes souffrent du fardeau d'une vie de famille stressante : les parents qui sont anxieux à l'idée de perdre leur travail, l'isolement, la peur que les membres de leur famille tombent malades ...Ces derniers mois, les enfants et les jeunes se sont également inquiétés de leur éducation et de la manière dont ils pourraient poursuivre leurs études à la maison. Beaucoup souffraient de problèmes de sommeil et d'anxiété.Pour les enfants qui éprouvent déjà des difficultés d'apprentissage, la fermeture des écoles a un impact énorme. On craint que certains enfants vulnérables ne retournent même jamais à l'école après la crise.En cas de fermeture des écoles, les enfants et les jeunes ont également plus de difficultés à accéder aux services de soutien offerts par l'école. Les écoles perdent alors leur plus-value de lieu de refuge pour enfants vulnérables. Lorsque cet environnement scolaire sûr est perdu, le risque de maltraitance, de négligence et d'exploitation des enfants augmente dans le monde entier : grossesse chez les adolescentes, exploitation sexuelle, mariage des enfants, violence, travail des enfants ... Les mois précédents, les centres d'appels et la police en Belgique ont également signalé une augmentation de la violence domestique.De plus, ces risques sont encore accrus pour les filles les plus vulnérables. Par exemple, lors de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest en 2014, le taux de grossesse chez les adolescentes en Sierra Leone a doublé et de nombreuses filles n'ont pas pu continuer leurs études lorsque les écoles ont rouvert leurs portes.Au plus fort du confinement, 1,6 milliard d'enfants, soit 90% des jeunes d'âge scolaire dans le monde, ont été privés de l'éducation, ainsi que du soutien d'amis et d'enseignants.Lorsque l'enseignement en présentiel n'est plus possible, l'apprentissage à distance constitue certainement une bonne alternative car il offre un soulagement temporaire. Mais cette solution doit rester transitoire parce qu'elle ne peut jamais remplacer l'école comme un lieu sûr où les enfants peuvent se développer pleinement ou reprendre des forces lorsque les choses se compliquent.De plus, tous les enfants n'ont pas le même accès à certaines technologies et ce, même en Belgique. Par exemple, l'apprentissage en ligne est souvent réservé aux étudiants les plus privilégiés. Et cette fracture numérique contribue à un écart de performance plus grand.À l'échelle mondiale, le problème réside principalement dans les grandes différences d'accès aux smartphones, à Internet, à la télévision, à la radio et même à l'électricité. Il existe également des écarts entre les enfants des zones urbaines et les enfants qui vivent dans les zones plus rurales. Le fait de pouvoir étudier dans une pièce, une salle séparée et de bénéficier du soutien de sa famille, peut aussi sensiblement faire la différence. En outre, l'enseignement à distance est mal adapté aux besoins particuliers des jeunes enfants ou des enfants ayant des besoins spéciaux, ce qui entraîne des inégalités d'accès et de possibilités d'éducation dès les premières années des enfants.C'est pourquoi il est important de continuer à se concentrer sur diverses possibilités d'alternatives low-tech, telles que les cours via la radio et la télévision et les documents, cours imprimés à l'école-maison. Ces alternatives doivent être aussi inclusives que possible et adaptables aux différents contextes nationaux afin qu'elles puissent effectivement être utilisées pour chaque enfant, quel que soit l'endroit où il vit dans le monde. Les alternatives que nous avons déjà développées et testées pendant la crise pour améliorer les systèmes éducatifs sont parfaitement utilisables. Cependant, elles ne doivent pas nous faire oublier que rien ne peut remplacer l'interaction personnelle et humaine entre élèves, enseignants et pairs. Si elle peut se faire en toute sécurité, la réouverture permanente des écoles est fondamentale. Le cas contraire, nous voulons éviter que toute une génération ait à souffrir des impacts négatifs de la fermeture des écoles.UNICEF Belgique appelle tous les enfants de la Belgique à mettre leurs cartables à la fenêtre au cours des deux dernières semaines d'août. Avec la campagne #EnviedEcole, nous voulons souligner l'importance du droit à l'éducation pour chaque enfant dans le monde. Notre campagne permet aussi aux enfants de s'exprimer sur la situation qu'ils ont vécue, sur cette dimension d'environnement au sens large de l'école qui leur a manqué et sur leur grande envie de reprendre les cours dans cet environnement.Par Dirk Jacxsens, Directeur Général UNICEF Belgique