Actuellement, bien que le coming out représente toujours être une étape compliquée, le processus évolue rapidement grâce au soutien de la communauté sur Internet. Les personnes concernées osent s'assumer plus tôt que les générations précédentes. Par ailleurs, les relations LGBT restent illégales dans 68 pays et sont souvent stigmatisées ou victimes de violence.

En 2018, l'institut Williams de l'université de Californie à Los Angeles a constaté qu'il existe des différences marquées dans les expériences de coming out parmi trois générations : les jeunes (18-25 ans), les intermédiaires (34-41 ans) et les plus âgés (52-59 ans). Toutes ont déclaré avoir été attirées sexuellement par une personne du même sexe à des âges similaires. Cependant il y a des différences d'âge marquées du moment où elles s'identifient et s'assument. En moyenne, les personnes de la jeune génération se sont identifiées comme LGBT à l'âge de 14 ans, la génération intermédiaire à 16 ans et la génération LGBT plus âgée vers 18 ans. Par contre, les jeunes font leur coming out en moyenne vers l'âge de 17 ans, tandis que les générations intermédiaires et plus âgées se sont identifiées respectivement à 22 et 26 ans.

Ce changement peut être en partie attribué à l'adoucissement de l'attitude du public à l'égard des relations LGBT. Cette communauté est de plus en plus présente sur petit et grand écran et les couples/mariages homosexuels sont de plus en plus fréquents. Cela aide les adolescents à se confier à leurs parents ou à leurs amis et à se délivrer.

Grande chance pour la nouvelle génération : Internet. Les jeunes qui commencent à se poser des questions sur leur sexualité ou leur genre peuvent rapidement se renseigner via leur smartphone. Ils peuvent accéder à ces informations à tout moment et de manière anonyme. YouTube diffuse aussi une multitude vidéos sur le sujet. Les réseaux sociaux peuvent également mettre en relation des adolescents avec d'autres via notamment des blogs ou des groupes de discussions.

À la recherche d'informations et de semblables

L'atout majeur d'Internet est donc de pouvoir se rassurer et de trouver des personnes qui vivent une situation similaire. Cela a été le cas pour Manon qui a entretenu une relation pendant six ans avec un garçon pendant son adolescence pour ensuite rencontrer une fille. "À ce moment-là, la première chose que j'ai faite c'était de consulter des articles sur Internet de personnes qui avaient peut-être vécu la même chose que moi. Je suis tombée sur des articles empreints de bienveillance et qui m'ont énormément rassurée. Je pense que ça m'a vraiment aidé par la suite", déclare-t-elle.

Et d'ajouter : "Internet peut vraiment aider les jeunes à s'assumer vraiment et à ne pas avoir peur d'être qui ils sont. C'est vraiment comme ça en tout cas que moi je l'ai pris. Je pense que c'est important d'avoir des sources fiables qui peuvent rassurer les jeunes, moi en tout cas ça m'a aidé".

Internet peut s'avérer particulièrement utile dans les régions du monde qui sont plus fermées sur l'homosexualité ou la transidentité. En Colombie, par exemple, même si l'homosexualité n'est plus considérée comme un crime depuis 1981 et que les couples homosexuels ont le droit de se marier et d'adopter des enfants, les attitudes sociales n'ont pas suivi le rythme de la loi. Beaucoup de personnes issues de la communauté LGTB sont victimes d'harcèlement dès le plus jeune âge et plusieurs centaines d'entre eux affirment avoir été attaqués ou agressés sexuellement.

Internet donne à ces adolescents la possibilité de former des réseaux de soutien et des communautés en ligne où ils se sentent à l'aise pour exprimer leur identité. C'est le cas d'Emmanuel, un transsexuel de 19 ans de Bogota. Il a commencé à confier ses sentiments à des étrangers qu'il avait rencontrés sur Tumblr et Twitter. Il a envoyé des messages à des dizaines de personnes transgenres et discute régulièrement avec sept amis qui vivent principalement en Amérique et en Grande-Bretagne. "C'est une sorte de groupe de soutien", déclare-t-il dans un article de The Economist.

Autre exemple : l'année dernière, la Haute Cour du Kenya a confirmé une loi qui menace d'imposer une peine maximale de 14 ans de prison pour "connaissance charnelle contre l'ordre de la nature".

Encore une fois, comme les adolescents kenyans ont peu de chances de rencontrer des camarades ou des modèles ouverts sur leur sexualité/genre, Internet joue un rôle plus important dans le questionnement. Rose Ambasa, 21 ans, a grandi dans un bidonville du Capitole, à Nairobi se confie également dans The Economist. Elle ne comprenait pas ses sentiments pour les autres filles jusqu'à ce qu'elle emprunte un jour le smartphone de son frère et se dise : "C'est quoi être lesbienne ?" "Grâce à mes recherches, je suis arrivée à m'accepter", a-t-elle déclaré.

D'autres n'ont pas cette chance et doivent attendre d'aller à l'université pour avoir un accès à Internet. C'est le cas d'une autre jeune kenyane, Purity, aujourd'hui âgée de 24 ans. Lorsqu'elle s'est sentie attirée par une camarade de classe à 14 ans, elle n'avait aucun moyen de savoir si les autres avaient de tels sentiments. "J'avais peur", dit-elle. "J'essayais de l'évacuer, en priant Dieu de trouver ce que c'était. Je voulais juste être une fille normale." Ce n'est que lorsqu'elle s'est retrouvée à l'université qu'elle a pu commencer ses recherches. "J'ai alors découvert que c'était normal", raconte-t-elle dans le magazine britannique.

Internet, ce formidable outil, si bien utilisé

Le rôle de plus en plus central d'Internet a tout de même une face sombre. Il peut aussi être une source de désinformation pendant cette période de formation de personnalité. Il donne aussi la possibilité aux homophobes et aux trolls de s'en prendre aux jeunes qui se dévoilent.

Mais les propos violents et les informations douteuses existaient bien avant Internet. Le fait qu'il rende ces derniers plus visibles n'annule pas le rôle largement positif qu'il joue dans la vie des personnes LGBT. Les études montrent souvent que les personnes venant de cette communauté souffrent davantage de dépression et d'anxiété que les hétérosexuels. Permettre à un plus grand nombre de gens de se construire elles-mêmes et avec les autres d'un âge similaire devrait réduire cette tension. Une plus grande ouverture réduira également les risques de maladies sexuellement transmissibles en permettant de mieux cibler les mesures préventives.

Le passage à la transparence favorisera également la prise de conscience. Être visible est le moyen le plus sûr de changer les attitudes sociales.

Actuellement, bien que le coming out représente toujours être une étape compliquée, le processus évolue rapidement grâce au soutien de la communauté sur Internet. Les personnes concernées osent s'assumer plus tôt que les générations précédentes. Par ailleurs, les relations LGBT restent illégales dans 68 pays et sont souvent stigmatisées ou victimes de violence.En 2018, l'institut Williams de l'université de Californie à Los Angeles a constaté qu'il existe des différences marquées dans les expériences de coming out parmi trois générations : les jeunes (18-25 ans), les intermédiaires (34-41 ans) et les plus âgés (52-59 ans). Toutes ont déclaré avoir été attirées sexuellement par une personne du même sexe à des âges similaires. Cependant il y a des différences d'âge marquées du moment où elles s'identifient et s'assument. En moyenne, les personnes de la jeune génération se sont identifiées comme LGBT à l'âge de 14 ans, la génération intermédiaire à 16 ans et la génération LGBT plus âgée vers 18 ans. Par contre, les jeunes font leur coming out en moyenne vers l'âge de 17 ans, tandis que les générations intermédiaires et plus âgées se sont identifiées respectivement à 22 et 26 ans.Ce changement peut être en partie attribué à l'adoucissement de l'attitude du public à l'égard des relations LGBT. Cette communauté est de plus en plus présente sur petit et grand écran et les couples/mariages homosexuels sont de plus en plus fréquents. Cela aide les adolescents à se confier à leurs parents ou à leurs amis et à se délivrer.Grande chance pour la nouvelle génération : Internet. Les jeunes qui commencent à se poser des questions sur leur sexualité ou leur genre peuvent rapidement se renseigner via leur smartphone. Ils peuvent accéder à ces informations à tout moment et de manière anonyme. YouTube diffuse aussi une multitude vidéos sur le sujet. Les réseaux sociaux peuvent également mettre en relation des adolescents avec d'autres via notamment des blogs ou des groupes de discussions.L'atout majeur d'Internet est donc de pouvoir se rassurer et de trouver des personnes qui vivent une situation similaire. Cela a été le cas pour Manon qui a entretenu une relation pendant six ans avec un garçon pendant son adolescence pour ensuite rencontrer une fille. "À ce moment-là, la première chose que j'ai faite c'était de consulter des articles sur Internet de personnes qui avaient peut-être vécu la même chose que moi. Je suis tombée sur des articles empreints de bienveillance et qui m'ont énormément rassurée. Je pense que ça m'a vraiment aidé par la suite", déclare-t-elle. Et d'ajouter : "Internet peut vraiment aider les jeunes à s'assumer vraiment et à ne pas avoir peur d'être qui ils sont. C'est vraiment comme ça en tout cas que moi je l'ai pris. Je pense que c'est important d'avoir des sources fiables qui peuvent rassurer les jeunes, moi en tout cas ça m'a aidé".Internet peut s'avérer particulièrement utile dans les régions du monde qui sont plus fermées sur l'homosexualité ou la transidentité. En Colombie, par exemple, même si l'homosexualité n'est plus considérée comme un crime depuis 1981 et que les couples homosexuels ont le droit de se marier et d'adopter des enfants, les attitudes sociales n'ont pas suivi le rythme de la loi. Beaucoup de personnes issues de la communauté LGTB sont victimes d'harcèlement dès le plus jeune âge et plusieurs centaines d'entre eux affirment avoir été attaqués ou agressés sexuellement. Internet donne à ces adolescents la possibilité de former des réseaux de soutien et des communautés en ligne où ils se sentent à l'aise pour exprimer leur identité. C'est le cas d'Emmanuel, un transsexuel de 19 ans de Bogota. Il a commencé à confier ses sentiments à des étrangers qu'il avait rencontrés sur Tumblr et Twitter. Il a envoyé des messages à des dizaines de personnes transgenres et discute régulièrement avec sept amis qui vivent principalement en Amérique et en Grande-Bretagne. "C'est une sorte de groupe de soutien", déclare-t-il dans un article de The Economist.Autre exemple : l'année dernière, la Haute Cour du Kenya a confirmé une loi qui menace d'imposer une peine maximale de 14 ans de prison pour "connaissance charnelle contre l'ordre de la nature".Encore une fois, comme les adolescents kenyans ont peu de chances de rencontrer des camarades ou des modèles ouverts sur leur sexualité/genre, Internet joue un rôle plus important dans le questionnement. Rose Ambasa, 21 ans, a grandi dans un bidonville du Capitole, à Nairobi se confie également dans The Economist. Elle ne comprenait pas ses sentiments pour les autres filles jusqu'à ce qu'elle emprunte un jour le smartphone de son frère et se dise : "C'est quoi être lesbienne ?" "Grâce à mes recherches, je suis arrivée à m'accepter", a-t-elle déclaré.D'autres n'ont pas cette chance et doivent attendre d'aller à l'université pour avoir un accès à Internet. C'est le cas d'une autre jeune kenyane, Purity, aujourd'hui âgée de 24 ans. Lorsqu'elle s'est sentie attirée par une camarade de classe à 14 ans, elle n'avait aucun moyen de savoir si les autres avaient de tels sentiments. "J'avais peur", dit-elle. "J'essayais de l'évacuer, en priant Dieu de trouver ce que c'était. Je voulais juste être une fille normale." Ce n'est que lorsqu'elle s'est retrouvée à l'université qu'elle a pu commencer ses recherches. "J'ai alors découvert que c'était normal", raconte-t-elle dans le magazine britannique. Le rôle de plus en plus central d'Internet a tout de même une face sombre. Il peut aussi être une source de désinformation pendant cette période de formation de personnalité. Il donne aussi la possibilité aux homophobes et aux trolls de s'en prendre aux jeunes qui se dévoilent. Mais les propos violents et les informations douteuses existaient bien avant Internet. Le fait qu'il rende ces derniers plus visibles n'annule pas le rôle largement positif qu'il joue dans la vie des personnes LGBT. Les études montrent souvent que les personnes venant de cette communauté souffrent davantage de dépression et d'anxiété que les hétérosexuels. Permettre à un plus grand nombre de gens de se construire elles-mêmes et avec les autres d'un âge similaire devrait réduire cette tension. Une plus grande ouverture réduira également les risques de maladies sexuellement transmissibles en permettant de mieux cibler les mesures préventives.Le passage à la transparence favorisera également la prise de conscience. Être visible est le moyen le plus sûr de changer les attitudes sociales.