Denis Ducarme a retrouvé sa liberté de parole en tant que parlementaire, et il compte bien en user. L'ancien chef de groupe libéral à la Chambre, ancien ministre fédéral des PME et Indépendants, candidat déçu à la présidence du parti et ministre régional potentiel durant quelques heures seulement, tape sur le clou des matières économiques qui lui sont chères. Sans hésiter à provoquer, quand il le faut. Cette fois, il appelle ouvertement les indépendants à ester en justice pour demander des comptes au secteur de l'assurance, en vertu de la "class action" - cette possibilité de mener des actions collectives - qu'il avait mise en place lorsqu'il était...

Denis Ducarme a retrouvé sa liberté de parole en tant que parlementaire, et il compte bien en user. L'ancien chef de groupe libéral à la Chambre, ancien ministre fédéral des PME et Indépendants, candidat déçu à la présidence du parti et ministre régional potentiel durant quelques heures seulement, tape sur le clou des matières économiques qui lui sont chères. Sans hésiter à provoquer, quand il le faut. Cette fois, il appelle ouvertement les indépendants à ester en justice pour demander des comptes au secteur de l'assurance, en vertu de la "class action" - cette possibilité de mener des actions collectives - qu'il avait mise en place lorsqu'il était ministre. Une façon de boucler la boucle."Il y a une indifférence assez honteuse de la part du secteur des assurances à l'égard des indépendants", s'indigne-t-il. L'essayiste Stéphane Hessel avait fait un gros succès de librairie avec son livre Indignez-vous!, qui a donné naissance à des mouvements de contestation contre la globalisation. Dans ce contexte de pandémie sans fin, le MR semble dire aux indépendants: "Défendez-vous!". Depuis les bancs politique, c'est singulier. Là où Stéphane Hessel agitait la gauche, Denis Ducarme veut secouer à droite et singulièrement en soutenant des petits secteurs, contre les grands!Le contexte est le suivant: "Depuis le début de la crise, des nombreux indépendants et PME ont dû fermer leurs établissements et ont vu leur activité diminuer ou cesser. Le manque de trésorerie est accru, pourtant, les factures ne cessent pas de tomber, notamment des factures des assurances. Ceci est vécu comme une injustice par nos entrepreneurs, qui sont conscients de la diminution des risques, suite à l'arrêt de leurs activités. Je tiens à attirer votre attention sur le fait que, pour un petit commerçant ceci revient en moyenne à 2000 euro par an."La difficulté est d'autant plus grande que ces assurances sont payées en général de façon trimestrielle: "dans les faits, on exige de payer à l'avance pour le trimestre qui suit, alors qu'on est toujours fermés, ou qu'on a été fermés le trimestre précédent". "C'est sans doute un des plus gros scandales que l'on rencontre dans cette crise Covid", dit-il, avec une emphase que l'on peut quand même tempérer.Voilà pourquoi le député libéral incite les indépendants à utiliser la possibilité ouverte dans une loi qu'il avait lui-même initiée en tant que ministre, en 2018. Jusqu'ici, ce sont les consommateurs qui bénéficiaient de ce pouvoir et une association comme Test-Achats ne se privait pas de les inciter à l'utiliser. "L'objectif d'une action 'collective et conjointe' consiste fédérer un maximum de professionnels, qui rencontrent la même problématique juridique, et de traiter leur demande de manière coordonnée en mutualisant les couts, rappelle le député. La force d'une action collective c'est le nombre, elle peut avoir un effet de levier et peser sur les choix économiques et stratégiques de certains acteurs qui ne comprennent que le rapport de force."Il s'agit bel et bien de faire pression sur le secteur, dit le député. Depuis son premier appel, lancé dans un quotidien den milieu de cette semaine, des assureurs ont déjà fait bouger les lignes. Et des représentants d'indépendants se disent prêts à se jeter dans la mêlée.