Le geste a de la classe. Par dizaines, ils répondent présents à un appel à se mobiliser contre les ravages du retard scolaire lié à la crise sanitaire et à parer ainsi à "la catastrophe économique, sociale, sociétale" qui se profile à brève échéance. Ils ont en commun un profil d'entrepreneurs, patrons de boîtes, petites ou grandes, que le sort des élèves les moins favorisés émeut et inquiète. Deux d'entre...

Le geste a de la classe. Par dizaines, ils répondent présents à un appel à se mobiliser contre les ravages du retard scolaire lié à la crise sanitaire et à parer ainsi à "la catastrophe économique, sociale, sociétale" qui se profile à brève échéance. Ils ont en commun un profil d'entrepreneurs, patrons de boîtes, petites ou grandes, que le sort des élèves les moins favorisés émeut et inquiète. Deux d'entre eux, issus du milieu de la consultance, ont lancé par voie de presse une invitation à sacrifier une semaine de temps, en juillet ou en août, pour aider les jeunes du fondamental et de l'enseignement moyen touchés de plein fouet dans leur scolarité, à ne pas perdre pied. "Jamais le fossé entre élèves autochtones et allochtones n'a été aussi grand en Flandre", s'alarment les signataires d'une lettre ouverte. C'est l'avenir de générations futures qui est en jeu, raison pour laquelle le gouvernement flamand a décidé de renouveler la formule d'écoles d'été qui offriront dix journées minimum, partagées entre des leçons en classe et des activités ludiques, sportives ou culturelles. Cet engagement spontané à enfiler exceptionnellement un costume de prof ne pouvait rester sans réaction politique. Deux ministres du gouvernement flamand annoncent qu'ils emboîteront le pas aux entrepreneurs. Ben Weyts (N-VA) évidemment, en charge de l'enseignement, et Bart Somers (Open VLD), responsable de l'intégration et des pouvoirs locaux, seront également de la partie et espèrent susciter un effet contagion en fixant rendez-vous sur #ikgeefZomerles, "je donne des cours d'été". "Voilà le type d'engagement dont nous avons besoin. C'est la Flandre dans toute sa beauté", affirme Bart Somers, ému par cette action patronale de solidarité. "Plus les gens mouilleront leur chemise, plus nous pourrons venir en aide aux jeunes", renchérit Ben Weyts, toujours en quête de recrues. "Qui sait, peut-être certains se découvriront-ils une vocation de professeur?"