Pardon, cela ne se reproduira plus. Visages fermés, Yves Kieffer et Marjorie Heuls se sont partagé la lecture quasi machinale, en français, d'une déclaration de contrition. "Nous présentons nos sincères excuses à toutes celles qui ont pu ressentir, de quelque manière que ce soit, un comportement transgressif psychologiquement. Nous voulons activement participer à la guérison de ces blessures et tirer des leçons de ces expériences." Deux minutes de m...

Pardon, cela ne se reproduira plus. Visages fermés, Yves Kieffer et Marjorie Heuls se sont partagé la lecture quasi machinale, en français, d'une déclaration de contrition. "Nous présentons nos sincères excuses à toutes celles qui ont pu ressentir, de quelque manière que ce soit, un comportement transgressif psychologiquement. Nous voulons activement participer à la guérison de ces blessures et tirer des leçons de ces expériences." Deux minutes de mea culpa par message vidéo. Si ce duo d'entraîneurs de nationalité française a mal agi, c'est pour avoir voulu hisser la gymnastique féminine flamande au sommet de la discipline, comme ceux qui les avaient précédés dans cette mission. Sauf que le zèle mis à forger des machines à moissonner les médailles a fait des dégâts et laisse des séquelles psychiques. C'est la conclusion d'une commission d'enquête indépendante, initiée par le ministre des Sports Ben Weyts (N-VA), et qui vient de justifier ces excuses publiques en complément de la publication du rapport, le 16 avril. Beaucoup de sueur était exigée des gymnastes mais aussi trop de larmes, celles que de très jeunes filles ne pouvaient plus retenir à force de subir un régime humiliant, d'endurer une mise sous pression à la limite du tolérable. Des langues ont fini par se délier, par révéler l'ambiance toxique qui régnait au centre d'entraînement de haut niveau à Gand. La direction de la Gymfed savait mais préférait fermer les yeux. Jusqu'à ce qu'une enquête soit diligentée. Faute avouée, faute pardonnée. Les entraîneurs sauvent leur place à la tête de l'équipe de gymnastique flamande et de sa perle, Nina Derwael. Objectif, les prochains JO de Tokyo. La perspective de décrocher une médaille d'or vaut bien que l'on passe l'éponge. Rien à voir, assure Ben Weyts, "selon moi, les entraîneurs sont une partie de la solution". Et celle-ci passera par une surveillance de leurs méthodes, par des recommandations qui éviteront toute récidive. A quoi bon d'ailleurs changer une formule qui gagne puisque cette sombre page est tournée depuis 2018 et qu'aujourd'hui, foi de jeunes gymnastes, la satisfaction est de mise à l'entraînement.