Seulement 63 611 naissances en 2020, soit un millier de moins qu'en 2019. Les dernières statistiques livrées par Kind en Gezin, l'équivalent flamand de l'ONE, confirment la tendance à la baisse observée depuis une décennie en Flandre, laquelle enregistrait encore, en 2010, 71 000 venues au monde sur son sol. L'espoir d'un sursaut placé dans le lockdown du printemps 2020 a donc été déçu. Le confinement des couples pour cause de crise sanitaire aiguë n'...

Seulement 63 611 naissances en 2020, soit un millier de moins qu'en 2019. Les dernières statistiques livrées par Kind en Gezin, l'équivalent flamand de l'ONE, confirment la tendance à la baisse observée depuis une décennie en Flandre, laquelle enregistrait encore, en 2010, 71 000 venues au monde sur son sol. L'espoir d'un sursaut placé dans le lockdown du printemps 2020 a donc été déçu. Le confinement des couples pour cause de crise sanitaire aiguë n'a pas accouché d'un babyboom. Les causes principales de cette diminution constante sont connues depuis longtemps. Avant tout, une entrée dans la vie active plus tardive qui retarde la venue au monde d'un premier enfant et repousse à son tour la naissance d'autres enfants, quand elle ne l'écarte pas tout bonnement. Une femme en Flandre a en moyenne 1,56 enfant, c'est du jamais-vu depuis vingt ans et cet indicateur conjoncturel de fécondité particulièrement bas l'est davantage encore dans le Limbourg (1,49 enfant par femme) et en Flandre orientale (1,50 enfant par femme). Une hausse s'observe néanmoins toujours à l'intérieur de cette baisse: celle du nombre d'enfants issus d'une mère d'origine étrangère, dont la part a atteint, en 2020, 30,1% des naissances. Le Brabant flamand décroche la timbale avec 45,9% des mamans qui ne pratiquent pas le néerlandais avec les enfants qu'elles mettent au monde. Mais, là aussi, ce facteur longtemps compensatoire à la diminution globale de la natalité perd de son impact, comme le rapporte ce démographe dans la presse flamande: "Les gens issus de l'immigration tendent à s'aligner sur le modèle des naissances des Belges autochtones. Ce qui signifie que les pics comme celui encore connu en 2010 appartiennent au passé. Voilà pourquoi je pense que les chiffres de natalité continueront de diminuer les prochaines années." Faut-il s'en inquiéter? Pas encore, jugent les spécialistes. La tendance est à ce stade préoccupante mais pas alarmante. Elle n'aide cependant pas la Flandre à affronter dans les meilleures conditions le défi de son vieillissement. A moins, comme le recommandent certains experts, d'améliorer la politique familiale et liée à la petite enfance.