Au début de l'été, l'entreprise chimique 3M, en région anversoise, était à l'origine d'un scandale d'envergure, à la fois sanitaire et environnemental. Cette histoire de pollution au PFOS, un acide hautement polluant classé comme perturbateur endocrinien, causée par son site de production à Zwijndrecht, n'en finit pas de défrayer la chronique au nord du pays. Entre la firme américaine au coeur de la polémique et les autorités flamandes qui lui...

Au début de l'été, l'entreprise chimique 3M, en région anversoise, était à l'origine d'un scandale d'envergure, à la fois sanitaire et environnemental. Cette histoire de pollution au PFOS, un acide hautement polluant classé comme perturbateur endocrinien, causée par son site de production à Zwijndrecht, n'en finit pas de défrayer la chronique au nord du pays. Entre la firme américaine au coeur de la polémique et les autorités flamandes qui lui réclament des comptes, le bras de fer ne faiblit pas, sur fond de commission d' enquête parlementaire chargée de mettre au jour la cascade de dysfonctionnements qui a pu mener à une telle dérive. Dernière pièce versée à un dossier qui semble ne pas encore avoir livré toutes ses vérités: l'annonce que, depuis 2013, plus de cinq millions d'euros ont été alloués au pollueur à titre de subsides par les gouvernements flamands successifs. Comble de l'histoire, s'offusque Mieke Schauvliege, députée régionale Groen qui a obtenu ces données, "sur ce montant, deux millions proviennent du fonds flamand pour le climat". Là ne s'arrêtait pas le soutien public apporté à la firme, prolonge la parlementaire écologiste. 3M a également reçu des aides fédérales sous la forme de réductions d'impôt visant à favoriser le créneau de la recherche et développement. Une condition pour bénéficier de cette aide: obtenir une attestation du département environnemental flamand "dans laquelle il est clairement indiqué que les nouveaux produits et les nouvelles technologies n'ont aucun effet négatif sur l'environnement ou sont limités autant que possible". Mieke Schauvliege hallucine d'autant que "cette entreprise paie une somme ridicule pour le nettoyage du sol qu'elle a elle-même pollué". Tandis que la ministre de l'Economie Hilde Crevits (CD&V) a chargé son administration de tirer au clair l'usage exact de ces subsides et d'examiner les possibilités d'obtenir leur remboursement, l'opposition parlementaire Groen et Vooruit appelle à remettre en cause les régimes favorables accordés aux multinationales polluantes, aux frais du contribuable flamand.