La situation n'est pas grave, elle devient toujours plus désespérée. Sept cents ponts, tunnels et murs de soutènement donnent aujourd'hui des signes inquiétants ou alarmants de dégradation, soit un quart des 2 277 ouvrages d'art répertoriés en Flandre à placer aux soins intensifs en raison d'un pronostic vital plus ou moins engagé. Plus question de tergiverser, le temps des rustines n'a que trop duré tant le rythme de la détériora...

La situation n'est pas grave, elle devient toujours plus désespérée. Sept cents ponts, tunnels et murs de soutènement donnent aujourd'hui des signes inquiétants ou alarmants de dégradation, soit un quart des 2 277 ouvrages d'art répertoriés en Flandre à placer aux soins intensifs en raison d'un pronostic vital plus ou moins engagé. Plus question de tergiverser, le temps des rustines n'a que trop duré tant le rythme de la détérioration s'intensifie dangereusement au fil des ans. Vingt-huit ouvrages d'art étaient identifiés en état quasi critique en 2017, 30 l'avaient été en 2018, 40 en 2019, 44 en 2020 et 48 le sont déjà rien que durant les six premiers mois de 2021.Un trafic routier toujours plus intense et un transport sans cesse plus lourd mènent la vie dure à des ponts qui, pour la plupart, datent des années 1960 et 1970. Confrontée à l'accumulation des rapports d'inspection peu rassurants, Lydia Peeters (Open VLD), ministre de la Mobilité, n'a d'autre choix que de sonner le tocsin avant qu'il ne soit trop tard. "Notre infrastructure doit être gérée et entretenue de façon optimale et efficiente. L'héritage du passé nous laisse un important arriéré d'ouvrages en mauvais état que je ne peux que confirmer." Travaux de rénovation insuffisants ou mal réalisés, inspections plus espacées et réduction du personnel de surveillance par souci d'économies, la gestion en bon père de famille du parc des ponts flamands a souffert d'un fâcheux relâchement au fil des ans. Mi-juillet, le gouvernement flamand a donc décidé de libérer 1,6 milliard d'euros pour rénover, moderniser, entretenir ces infrastructures selon une programmation fixée d'ici à 2030. Sept cent septante millions seront injectés pour sauver les ouvrages les plus mal en point dont 236 débloqués dès cette année, 556 millions sont prévus pour la rénovation et la modernisation sur la base d'un partenariat public-privé. Priorité maximale sera donnée à la sécurité, assure la ministre.