On ne se bouscule plus trop au portillon des maisons de repos. Rien à voir avec la crise sanitaire, le secteur en Flandre souffre d'un taux d'occupation en baisse, passé de 95% à 91,2% en trois ans. Signe des temps, 240 établissements recensent plus d'une chambre sur dix qui reste vide. Bien sûr, le poids des ans finit toujours par faire son office: quelque 33 000 interruptions de contrat ont été enregistrées l'an dernier, essentiellement pour cause d...

On ne se bouscule plus trop au portillon des maisons de repos. Rien à voir avec la crise sanitaire, le secteur en Flandre souffre d'un taux d'occupation en baisse, passé de 95% à 91,2% en trois ans. Signe des temps, 240 établissements recensent plus d'une chambre sur dix qui reste vide. Bien sûr, le poids des ans finit toujours par faire son office: quelque 33 000 interruptions de contrat ont été enregistrées l'an dernier, essentiellement pour cause de décès. Mais pas que. Dans 2 646 cas, le choix d'un autre lieu d'hébergement a témoigné d'une aspiration à changer de crémerie. Ann De Martelaer, députée régionale Groen, subodore dans certains de ces déménagements un motif d'insatisfaction ou un désir de trouver encore mieux ailleurs. D'où son idée d'envisager un "Trip Advisor" configuré pour les troisième et quatrième âges. Une plateforme de partage des expériences de la vie en home, alimentée par les résidents qui pourraient ainsi, par comparaison, juger du confort auquel ils ont droit. A l'instar de ce que le très prisé site Web américain offre pour tous types d'établissements touristiques. L'élue Groen y voit une manière d'aller au-delà de la simple énumération des adresses de maisons de repos, du prix de la journée ou du nombre de lits disponibles. La gentillesse du personnel, un cadre de vie agréable, la qualité du service et notamment de la nourriture sont aussi des facteurs qui mériteraient d'être connus. A condition, bien entendu, de confier la gestion de ce genre d'outil à des mains expertes qui pourraient garantir la fiabilité des informations et éviter les campagnes de dénigrement. Les autorités y gagneraient un baromètre quasi en temps réel des humeurs et des attentes des seniors placés, les établissements seraient incités à corriger leurs points faibles et à s'améliorer constamment dans un contexte où la concurrence est rude pour attirer le résident. Ministre régional de la Santé et du Bien-être, Wouter Beke (CD&V) n'a ni ouvert ni fermé la porte en plaidant diplomatiquement pour plus de transparence en matière de qualité.