Le 20 décembre 2016, une femme se rend à la piscine communale de Merelbeke, en Flandre-Orientale. Elle n'aura pas le loisir d'aller plus loin que l'espace cabines d'où elle sort vêtue d'un maillot de bain la couvrant de la tête aux pieds, le visage pour seule partie du corps laissée à découvert. Désolé madame, le port du burkini est interdit parce que inscrit sur la liste des tenues prohibées car contraires à l'hygiène et à l'ordre public. Remboursé...

Le 20 décembre 2016, une femme se rend à la piscine communale de Merelbeke, en Flandre-Orientale. Elle n'aura pas le loisir d'aller plus loin que l'espace cabines d'où elle sort vêtue d'un maillot de bain la couvrant de la tête aux pieds, le visage pour seule partie du corps laissée à découvert. Désolé madame, le port du burkini est interdit parce que inscrit sur la liste des tenues prohibées car contraires à l'hygiène et à l'ordre public. Remboursée mais non satisfaite, la personne de confession musulmane ainsi éconduite décide de saisir la justice pour l'humiliation subie. Bien lui en a pris. En juillet 2018, le tribunal de première instance de Gand donne tort aux autorités communales: interdire le burkini est illégal, faute de pouvoir scientifiquement prouver que le port de ce type de maillot pose un réel problème d'hygiène. Il y a donc bien eu discrimination religieuse de la part de la piscine communale Ter Wallen de Merelbeke comme de la part du bassin de natation Van Eyck à Gand, qui avait refoulé une musulmane de la même manière. A l'inverse de Gand qui se soumet au verdict, Merelbeke décide de contester sa condamnation. Mal lui en a pris: la Cour d'appel de Gand vient de confirmer le jugement et inflige à la commune une amende de 1 300 euros à verser à titre de dommage moral à la plaignante ; laquelle a pu démontrer que nager était pour elle une nécessité médicale en raison de problèmes de dos. L'échevin des sports de Merelbeke et par ailleurs président de l'Open VLD, Egbert Lachaert, digère mal la condamnation et envisage d'aller en cassation. "Nous ne voulons en aucun cas discriminer qui que ce soit. Cela n'a rien à voir avec de la discrimination religieuse." Et l'échevin de souligner que depuis l'incident, plus personne ne s'est présenté à la piscine avec dans son sac un burkini à enfiler pour nager. La commune a entre-temps pris soin d'en adapter le règlement, en biffant le terme burkini pour le remplacer par maillot "moulant" désormais admis dans l'eau. La décision de justice pourrait créer un précédent alors que 80% des communes flamandes prohiberaient l'usage du burkini dans leurs piscines.