En Wallonie, il n'y a pas que l'Ardenne qui fait recette en matière de secondes résidences. Et ce, certainement depuis que la crise sanitaire et l'essor du tourisme national ont poussé les acquéreurs à explorer des coins et recoins jusqu'ici relativement préservés.
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En Wallonie, il n'y a pas que l'Ardenne qui fait recette en matière de secondes résidences. Et ce, certainement depuis que la crise sanitaire et l'essor du tourisme national ont poussé les acquéreurs à explorer des coins et recoins jusqu'ici relativement préservés. "Ce que ceux qui s'offrent un pied-à-terre à la campagne recherchent avant tout, c'est ce qu'ils n'ont pas chez eux: une belle vue, un grand jardin, des promenades à travers champs ou à travers bois, un village pittoresque. Il y a donc de tout, de toutes les tailles et pour tous les budgets", prévient d'emblée Jean Houtart, de l'agence Les Viviers, dont les bureaux namurois et rochefortois sont familiers de ce genre de demandes. Et de citer, outre l'Ardenne, le Condroz, qui s'étire au sud du sillon Sambre-et-Meuse, des Lacs de l'Eau d'Heure à l'ouest jusqu'au Pays de Herve à l'est, et la Famenne, délimitée par le Condroz au nord, l'Ardenne au sud-est et la Fagne à l'ouest. Des régions qui traversent les provinces de Hainaut, Namur, Liège et Luxembourg. "Tout environnement naturel et dépaysant, à une heure, une heure trente de Bruxelles se prête à merveille à un refuge au vert." Son confrère actif dans le très haut de gamme, David Chicard, directeur de Sotheby's Realty en Belgique, cite lui aussi le Condroz, "très prisé pour ses chasses". Voire, en Flandre toute proche, le Limbourg, qui séduit par sa situation stratégique, voisin des Pays-Bas et de l'Allemagne. "Mais il n'y a pas vraiment de zones clés, convient-il. Dès que la propriété a des atouts, les amateurs de secondes résidences se déplacent. D'autant plus facilement, d'ailleurs, que des amis ou de la famille ont acheté non loin. Les gens aiment se regrouper." Si le jeune réseau d'agences qu'il pilote n'est pas encore actif sur le marché des secondes résidences en Belgique, Raphaël Mathieu, CEO de We Invest, n'en a pas moins un avis sur la question. Pertinent qui plus est, puisqu'il se fait l'écho d'une tendance inédite. "Il y a un attrait nouveau pour des régions périphériques, en dehors du best-seller qu'est l'Ardenne", assure-t-il, évoquant les cantons de l'Est, mais aussi l'extrême sud du Hainaut et les confins de la province de Namur, à la limite avec la France. "Ainsi de Chimay et de Couvin, au sein desquelles nous prospectons pour ouvrir une agence (NDLR: le réseau en compte douze, vient d'en signer trois supplémentaires et rêve d'une quarantaine pour couvrir le pays). Un candidat acquéreur d'une seconde résidence sur trois y est flamand. Leur présence a triplé, voire quadruplé en une décennie", ajoute-t-il, pointant les Anversois, fervents aficionados.Lire aussi: Immobilier: le désamour des villes va-t-il durer?Plus loin, le long de la frontière française toujours, à Antoing, dans le Tournaisis, un parc de 350 à 400 secondes résidences en tout genre, baptisé Your Nature, est en train de sortir de terre au coeur d'une forêt de 280 hectares. La livraison de la première phase est attendue en avril 2021. En pleine commercialisation, le développement s'adresse en priorité à des Bruxellois, des Anversois, mais aussi des Français et des Néerlandais. Un pari osé qui trouve son public.