Le ressentiment et la paranoïa règnent au sein de l'a SGRS ou l''ambiance est à l'orage depuis longtemps. Ces dernières années, la négativité s'est accumulée entre le service de renseignement (Div I) et le service de contre-espionnage aussi appelé service de contre-ingérence (Div CI).
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Le ressentiment et la paranoïa règnent au sein de l'a SGRS ou l''ambiance est à l'orage depuis longtemps. Ces dernières années, la négativité s'est accumulée entre le service de renseignement (Div I) et le service de contre-espionnage aussi appelé service de contre-ingérence (Div CI). La SGRS , l'homologue militaire et beaucoup moins connu de la Sûreté de l'Etat, emploie 600 personnes. La majorité d'entre eux sont des militaires travaillant pour la Division du renseignement (Div I). Ce département est actif à l'étranger et est responsable de la sécurité des militaires en mission. Il y a aussi le département de contre-espionnage (Div CI) qui emploie lui 90 personnes, principalement des civils. Ce département se concentre sur notre propre territoire. L'une de ses tâches est d'empêcher l'espionnage étranger de soldats dans notre pays. Les deux services se tirent dans les pattes depuis des années, voire des décennies. Mais, aujourd'hui, l'heure est à la guerre ouverte. Il pleut des plaintes entre les deux camps qui s'accusent mutuellement de jeux de pouvoir. La tension est telle que le chef du département contre-espionnage n'est plus autorisé à entrer dans son bureau. Fin janvier, le bureau du commissaire en chef Clément Vandenborre a été scellé et on l'a sommé de rester chez lui. Il y aurait de graves tensions entre Vandenborre, qui travaille depuis quarante ans pour les services de renseignement, et ce qu'on appelle communément la jeune garde. On dit de lui qu'il est trop têtu et que cela causera sa perte. L'homme est également soupçonné d'avoir détruit des documents confidentiels avec une déchiqueteuse. Diverses sources ont néanmoins indiquées au De Morgen que lui et son adjoint ont longtemps été considérés comme les fauteurs de troubles au sein de la SGRS. Il serait à l'origine de plusieurs plaintes visant à nuire aux espions en affichant au grand jour les missions par essence sensibles.Il est vrai que les plaintes continuent d'affluer. Par exemple, en mai 2017, un agent de renseignements anonyme a déposé une plainte contre la Division du renseignement. L'importante sous-section responsable des contacts avec l'étranger aurait mis en place un certain nombre d'opérations illégales, comme des exercices de tir illégaux dans notre pays, des livraisons non couverte politiquement vers la Syrie et très difficile à expliquer diplomatiquement, mais aussi des contacts non autorisés avec un terroriste.Une autre plainte concerne une éventuelle infiltration russe dans la section responsable des contacts avec l'étranger. Une femme d'origine serbe aurait eu accès à des données confidentielles, alors que le service contre -espionnage craignait qu'elle ne soit un agent double qui travaillait aussi pour la Russie. La Serbie, qui flotte entre l'est et l'ouest, est connue comme un nid d'espion. Un major est maintenant soupçonné d'avoir coopéré - au moins passivement - avec l'espionnage russe. Certains voient l'attaque contre Vandenborre, comme une tentative pour le forcer à prendre sa retraite, afin que la réforme annoncée du ministère puisse se concrétiser sans trop d'opposition. Le directeur général du SGRS, le lieutenant-général Claude Van de Voorde, travaille sur un plan de réforme visant à fusionner les deux services rivaux au sein de son service de renseignement et ainsi estomper les tensions en interne. Vandenborre s'est toujours opposé avec vigueur à cette perte d'indépendance pour son département. Et tant qu'il ne lâchait rien, la situation semble indéfiniment bloquée. "Nous avons en effet dû prendre un certain nombre de mesures", répond Van de Voorde en réponse au recul forcé de Vandenborre. Il souligne que le département continuera sans lui. Le général n'a pas non plus l'intention de mettre sa réforme au frigo. "Plusieurs centaines d'heures de travail ont déjà été consacrées à cette réforme ", déclare Van de Voorde. "Il s'agit là de changements profonds, mais ils sont également nécessaires." Tant qu'il n'y aura pas plus de clarté sur les affaires en cours, Vandenborre restera à la maison.