Des personnes en attente de régularisation résidant depuis 5, 10, 15 ou plus de 20 ans en Belgique occupent depuis plus de trois mois des locaux de l'Université Libre de Bruxelles. A ce groupe d'environ 140 personnes, s'ajoutent quelque 76 personnes dans le réfectoire de la VUB (Vrije Universiteit Brussel) et près de 250 autres à l'église du Béguinage.
...

Des personnes en attente de régularisation résidant depuis 5, 10, 15 ou plus de 20 ans en Belgique occupent depuis plus de trois mois des locaux de l'Université Libre de Bruxelles. A ce groupe d'environ 140 personnes, s'ajoutent quelque 76 personnes dans le réfectoire de la VUB (Vrije Universiteit Brussel) et près de 250 autres à l'église du Béguinage.Le 23 mai dernier, elles ont commencé une grève de la faim. Elles revendiquent que des critères clairs et objectifs définissent des conditions de régularisation, que celle-ci soit automatique lorsque les critères sont remplis, et qu'une commission indépendante contrôle le processus. Tous les adultes font la grève de la faim, mais pas les enfants, qui sont comptés dans ces chiffres. Des ambulances sont appelées quotidiennement ces derniers jours sur les trois sites pour surveiller leur état de santé. Plusieurs dizaines d'entre eux ont déjà été transportés à l'hôpital.Les personnes en attente de régularisation ne bénéficient pour la plupart d'aucune protection sociale. Elles travaillent souvent dans des secteurs touchés de plein fouet par la pandémie comme la restauration, l'hôtellerie, le nettoyage ou la construction. La plupart vivent dans des conditions difficiles qui se sont aggravées avec la crise sanitaire. Certaines sont à la merci d'employeurs parfois sans scrupule, et vivent dans une insécurité matérielle permanente. L'occupation des sans-papiers dans le réfectoire de l'Université libre de Bruxelles (ULB) sur le campus de La Plaine à Ixelles a été prolongée d'un mois, a annoncé ce mardi les autorités de l'ULB. Dans les circonstances actuelles, l'ULB en appelle au gouvernement et en particulier au Secrétaire d'Etat à l'asile et à l'immigration, Samy Mahdi, "à adopter une politique accueillante, cohérente et digne faisant réellement écho aux revendications des sans-papiers". "L'ULB soutient publiquement les revendications de ces personnes et réaffirme son souhait de prolonger l'hébergement de cette occupation politique", fait savoir l'institution par voie de communiqué. "Comme c'est le cas dans d'autres pays européens (Portugal, Espagne, Italie, France), le gouvernement, en raison de la pandémie, devrait prolonger les titres de séjour provisoires existants et proposer des titres de séjour provisoires d'un an, le temps de la mise en oeuvre d'une politique de régularisation claire", estime encore l'ULB. Le Secrétaire d'Etat à la migration Sammy Mahdi (CD&V) a pour sa part rejeté toute régularisation collective des personnes sans papiers en grève de la faim, insistant sur la nécessité de traiter individuellement chaque dossier "car chaque situation est différente"."Céder à de telles actions donne le message à toute personne qui reçoit l'ordre de quitter le territoire qu'elle ne doit pas y donner suite et qu'il lui suffit d'attendre assez longtemps en séjour irrégulier", affirme Sammy Mahdi dans un communiqué. "La réponse à une régularisation ne sera jamais positive pour tout le monde et elle sera toujours difficile pour ceux dont la demande est déboutée. Je veux soutenir les personnes qui reçoivent une réponse négative et travailler sur leur avenir dans leur pays d'origine", a-t-il ajouté.Le secrétaire d'Etat qui dit rester ouvert au dialogue enjoint les sans-papiers à cesser leur grève de la faim: "C'est dangereux pour leur santé et cela peut avoir de graves conséquences à long terme. Je continue donc à les exhorter à cesser leur grève de la faim. Cela n'aidera pas leur situation concrète".François Desmet, le président de Défi, a regretté pour sa part sur Twitter que leur proposition visant à inscrire des critères de régularisation dans la loi a été rejetée par la Vivaldi. Malgré ces refus, les sans-papiers restent déterminés dans leur action. "La plupart des gens ici ont déjà été hospitalisés", raconte Ibtissam (36 ans), originaire du Maroc au Morgen. "Quand j'étais moi-même à l'hôpital, j'ai refusé un baxter pour pouvoir continuer la grève de la faim". "Je ne suis pas ici uniquement pour moi, mais aussi pour mon fils de 13 ans. Quand il aura 18 ans, il ne sera pas autorisé à poursuivre ses études. Pourquoi ne pourrait-il pas être autorisé à devenir médecin ou ingénieur ? Tout le monde est très affaibli par la grève de la faim. Mais je suis prête à tout. Soit on sort d'ici avec une carte de séjour, soit on continue jusqu'à la mort", déclare-t-elle au journal flamand.