En février, Greenpeace a envoyé une liste de questions aux principaux partis du pays sur la politique qu'ils veulent mener, notamment en matière agricole. L'association a ensuite analysé les réponses et attribué un score à chaque formation. Celles qui ont obtenu les plus mauvaises notes ont droit ce lundi à une visite de militants. Des "affiches électorales adaptées" ont également été accrochées dans les stations de métro et rues à proximité du siège de ces partis.

"La Belgique et l'Europe décident en ce moment de la prochaine politique agricole pour les 10 prochaines années. Les scientifiques ont montré clairement que nous devons produire et consommer moins de viande afin de protéger le biodiversité mondiale et le climat. Pourtant, certains partis pensent encore que l'élevage intensif, qui nuit énormément à la nature, peut encore croître et recevoir des subsides", déplore Sébastien Snoeck, de Greenpeace.

Dans une réaction, le cdH a dénoncé une campagne "partisane" de Greenpeace, une "fake news" digne de celle dénoncée il y a quelques jours par Ecolo, dont la proximité avec l'organisation environnementaliste "n'est plus à démontrer".

Pour le président du cdH Maxime Prévot, son parti a pris le taureau par les cornes depuis cinq ans. Il a égrené le bilan des ministre centristes. "La Wallonie et Bruxelles aujourd'hui, c'est notamment 76.000 hectares de terres consacrées au bio, ce que les agriculteurs soulignent d'ailleurs comme une excellente avancée, d'autant qu'il s'agit d'une augmentation constante qui concerne aujourd'hui près de 9.000 exploitations. C'est aussi des interdictions prises contre l'utilisation de certains produits phytosanitaires, l'interdiction de l'élevage intensif des poules pondeuses, le soutien au développement de filières bovines et porcines de qualité, élevées au sol, un doublement des animaux élevés en bio en 5 ans", a-t-il fait valoir.

Le ministre fédéral de l'Agriculture, Denis Ducarme (MR), n'a pas plus goûté à la campagne de Greenpeace, qu'il qualifie "d'agribashing". Une campagne qui véhicule selon lui "des caricatures graves" et qui témoigne "de la méconnaissance" de l'association "des secteurs agricole et de la viande", porteurs en Belgique de plusieurs milliers d'emplois. Le ministre dénonce une campagne d'un lobby visant à descendre l'image du secteur viandeux. "Cela nous engage encore plus fortement" à le défendre, "qu'il soit bio ou traditionnel, de circuit court ou pour l'exportation", conclut-il.