"La police a dû à nouveau intervenir hier soir contre les blocages en Hainaut. Plus d'une vingtaine d'arrestations, et des véhicules ont été saisis", a communiqué le ministre via Twitter.

"Il y a encore eu des blocages la nuit passée. A nouveau, nous avons constaté que des personnes violentes utilisaient à mauvais escient les protestations", a complété le porte-parole du ministre Jambon, Olivier Van Raemdonck.

Plusieurs actions des "gilets jaunes" se sont poursuivies dans la nuit de mercredi à jeudi sur les autoroutes wallonnes, avec notamment le blocage de l'autoroute A7 à hauteur de Feluy où se trouve un important site de l'entreprise pétrolière Total. Un plan provincial d'urgence avait une nouvelle fois été déclenché dans la soirée.

Après plusieurs jours de troubles, des "scènes de guerre" ont été constatées mercredi soir par la RTBF dont un caméraman a été pris à partie par les manifestants dans la soirée mercredi. Une voiture du média a également été caillassée. Un nouveau dispositif d'urgence était en vigueur par le gouverneur de la Province de Hainaut dans la nuit. Selon plusieurs sources, les rangs des "gilets jaunes" étaient à nouveau infiltrés par des casseurs.

Des camions bloqués ont été endommagés. Environ 120 policiers ont été déployés et ont bénéficié de l'appui d'un hélicoptère et d'autopompes pour contenir 400 manifestants, selon les informations de la radio RTBF, citant le gouverneur de la province Tommy Leclercq. Une vidéo amateur fait état du recours à l'autopompe par les forces de l'ordre envers les manifestants portant des gilets jaunes, certains masqués, dispersés aux abords de l'autoroute. Des sources contactées par Belga indiquent que les rangs des gilets jaunes ont à nouveau été infiltrés par des casseurs.

La police fédérale conseille "fortement" d'éviter ces lieux, et d'autres susceptibles d'être visés par l'action des "gilets jaunes".

La N6 au poste frontière de Bois-Boudon/Bettignies était toujours fermée à l'aube dans les deux sens en raison de blocages, selon les informations routières de la police fédérale, issues du centre Perex. Environ 150 camions étaient toujours bloqués, selon les informations de la police fédérale.

En revanche, l'autoroute A7 en direction de Mons est de nouveau ouverte à la circulation, mais la voie de gauche est neutralisée pour travaux.

La même autoroute reste fermée en revanche en direction de Bruxelles, mais devrait être rouverte sous peu.

Les livraisons de carburant bloquées à Feluy

Les livraisons de carburant sont toujours bloquées dans les alentours de Feluy jeudi matin. "Il n'y a pas de garantie de sortir en toute sécurité", explique le porte-parole de la fédération des négociants en carburants (Brafco), Olivier Neirynck. "Jusqu'à nouvel ordre, nous ne pouvons pas charger les camions", indique-t-il encore.

"On ne peut pas garantir qu'il n'y aura pas de dommage matériel à Feluy", selon M. Neirynck. "Notre exigence absolue auprès des autorités fédérales est d'assurer la sécurité des infrastructures pétrolières en Belgique, mais aussi l'intégrité physique du personnel qui travaille avec des produits hautement inflammables. Enfin, il faut pouvoir permettre que le chargement soit assuré de A à Z. Tant que toutes ces conditions ne seront pas réunies, le site de Feluy restera fermé."

Les stations de Bruxelles et de Flandre sont toutefois approvisionnées. "La situation se normalise dans les 320 stations. L'approvisionnement se fait lentement mais sûrement", indique le porte-parole de la Brafco.

La situation serait également "calme" à Wandre (Liège). Le blocage est levé et le chargement de gasoil est rétabli de manière concertée avec les gilets jaunes, selon M. Neirynck. "La situation dans le bassin pétrolier de Liège s'est calmée. Il y a un dialogue entre la police, les manifestants et le secteur pétrolier", d'après le porte-parole de la Brafco.

En règle générale, le porte-parole de la Brafco estime que la situation "ne s'est pas aggravée" au niveau de l'approvisionnement des stations-services. "Le nombre est mouvant", a-t-il encore précisé.

M. Neirynck indique enfin que la Brafco maintient une communication constante avec le ministère de l'Intérieur afin d'évaluer le développement de la situation.