Le président du MR et informateur royal Georges-Louis Bouchez sait comment secouer le cocotier médiatique. Fin décembre, dans les mélodies de Noël, il a accordé une interview à nos collègues de Wilfried en compagnie de son collègue de DéFi, François De Smet. Dans laquelle il plaide pour un retour à l'Etat unitaire belge. Et cela provoque de sérieux remous en cette période de blocage fédéral.

Il le dit en ces termes : "Je suis unitariste. Moi, je suis pour un État unitaire. Je ne parle pas d'efficacité quand je vous dis ça, mais d'attachement sentimental. Des améliorations liées aux réformes de l'Etat ? Je n'en vois aucune en ce qui concerne les grandes compétences. Si jamais on devait procéder à une évaluation des six réformes de l'Etat, je peux déjà vous donner la conclusion. La conclusion, c'est qu'on doit tout remettre au niveau national. Si ça ne tenait qu'à moi - mais je ne suis pas tout seul - on remet tout à un niveau central. Et si véritablement on considère que ce pays n'est plus gérable, alors on peut le diviser."

Les réactions ont fusé en tous sens, d'autant que l'interview a été accordée alors qu'il était déjà informateur royal. Bart De Wever, président de la N-VA, parle d'un "retour au 19e siècle" et souligne combien cette sortie n'est pas de nature a facilité son rôle d'informateur.

De façon assez amusante, les réactions francophones sont aussi dans ce registre, pour une bonne partie, en rappelant que les Wallons se sont battus pour le fédéralisme.

Avec ces déclarations, qualifiées par certains de bon sens, Georges-Louis Bouchez vient peut-être de torpiller la mission d'information conjointe avec Joachim Coens, CD&V, à quelques jours de leur rapport final au palais, mardi 28 janvier. Cela rappelle combien l'homme est impulsif : il était évident que ses adversaires s'en empareraient, eux qui souhaitent son échec.

Mais le long entretien à Wilfried avec François De Smet, par ailleurs bien plus fouillé et intéressant, a le mérite de poser de vraies questions sur la nature de l'Etat belge, sur l'inefficacité de notre fédéralisme ou sur le caractère décalé de la politique belge, en rupture complète avec les citoyens. En ce sens, ces déclarations auront peut-être le mérite de faire bouger les lignes et d'amener un vrai débat que les uns et les autres tentent pour l'heure de repousser.

Faire preuve de courage, de sincérité ou de vision, cela mérite à tout le moins d'être salué.

Même si, comme le rappelle avec un brin de cynisme l'Open VLD Vincent Van Quickenborne, tant la séparation que le retour à l'Etat unitaire, cela n'arrivera pas. Revenons à l'essentiel du moment : tenter de former un gouvernement fédéral. C'est vrai. Mais pour y arriver, peut-être faudra-t-il percer l'abcès qui nous divise.

Le président du MR et informateur royal Georges-Louis Bouchez sait comment secouer le cocotier médiatique. Fin décembre, dans les mélodies de Noël, il a accordé une interview à nos collègues de Wilfried en compagnie de son collègue de DéFi, François De Smet. Dans laquelle il plaide pour un retour à l'Etat unitaire belge. Et cela provoque de sérieux remous en cette période de blocage fédéral.Il le dit en ces termes : "Je suis unitariste. Moi, je suis pour un État unitaire. Je ne parle pas d'efficacité quand je vous dis ça, mais d'attachement sentimental. Des améliorations liées aux réformes de l'Etat ? Je n'en vois aucune en ce qui concerne les grandes compétences. Si jamais on devait procéder à une évaluation des six réformes de l'Etat, je peux déjà vous donner la conclusion. La conclusion, c'est qu'on doit tout remettre au niveau national. Si ça ne tenait qu'à moi - mais je ne suis pas tout seul - on remet tout à un niveau central. Et si véritablement on considère que ce pays n'est plus gérable, alors on peut le diviser."Les réactions ont fusé en tous sens, d'autant que l'interview a été accordée alors qu'il était déjà informateur royal. Bart De Wever, président de la N-VA, parle d'un "retour au 19e siècle" et souligne combien cette sortie n'est pas de nature a facilité son rôle d'informateur.De façon assez amusante, les réactions francophones sont aussi dans ce registre, pour une bonne partie, en rappelant que les Wallons se sont battus pour le fédéralisme.Avec ces déclarations, qualifiées par certains de bon sens, Georges-Louis Bouchez vient peut-être de torpiller la mission d'information conjointe avec Joachim Coens, CD&V, à quelques jours de leur rapport final au palais, mardi 28 janvier. Cela rappelle combien l'homme est impulsif : il était évident que ses adversaires s'en empareraient, eux qui souhaitent son échec.Mais le long entretien à Wilfried avec François De Smet, par ailleurs bien plus fouillé et intéressant, a le mérite de poser de vraies questions sur la nature de l'Etat belge, sur l'inefficacité de notre fédéralisme ou sur le caractère décalé de la politique belge, en rupture complète avec les citoyens. En ce sens, ces déclarations auront peut-être le mérite de faire bouger les lignes et d'amener un vrai débat que les uns et les autres tentent pour l'heure de repousser.Faire preuve de courage, de sincérité ou de vision, cela mérite à tout le moins d'être salué.Même si, comme le rappelle avec un brin de cynisme l'Open VLD Vincent Van Quickenborne, tant la séparation que le retour à l'Etat unitaire, cela n'arrivera pas. Revenons à l'essentiel du moment : tenter de former un gouvernement fédéral. C'est vrai. Mais pour y arriver, peut-être faudra-t-il percer l'abcès qui nous divise.