Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) a officiellement demandé à l'Irak de ne pas exécuter le jihadiste belge Tarik Jadaoun, mais il n'y aura pas de véritable offensive diplomatique pour le sauver de la potence. "C'est lamentable", déclare le député George Dallemagne (cdH).
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Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) a officiellement demandé à l'Irak de ne pas exécuter le jihadiste belge Tarik Jadaoun, mais il n'y aura pas de véritable offensive diplomatique pour le sauver de la potence. "C'est lamentable", déclare le député George Dallemagne (cdH)."Ce n'est pas que j'ai la moindre sympathie pour des personnages comme Jadaoun. Ce n'est pas un hasard si j'étais membre actif de la commission d'enquête Attentats terroristes. C'est d'ailleurs dans le cadre de cet engagement que je regarde le dossier. Pourquoi ? Georges Dallemagne: Parce que les jihadistes morts ne parlent pas. Les gens comme Jadaoun pourraient nous apprendre beaucoup sur l'organisation et le financement du groupe terroriste, et aussi sur les risques que nous courons en Belgique. Outre cette considération pratique il y a évidemment les objections de principe : la peine de mort ne correspond pas à idées sur l'état de droit et le droit humanitaire international. Si un pays en est vraiment convaincu, il doit faire davantage que protester formellement. Et finalement, je crains que les sympathisants en Belgique ne récupèrent l'exécution. Nous ne pouvons pas attiser leur rancoeur en transigeant avec nos principes.Que peut faire la Belgique? Nous n'avons pas d'accord d'extradition ou d'autre forme de coopération judiciaire avec l'Irak. C'est aussi l'excuse du ministre Reynders, mais il y a bel et bien des contacts. Au niveau militaire, nous coopérons avec l'Irak, et nos services de renseignements aussi ont des partenaires là-bas. Il y a des possibilités.Pour obtenir quoi? Une extradition? Non, je trouve parfaitement normal que l'Irak poursuive et punisse les jihadistes étrangers pour les crimes qu'ils ont commis dans ce pays. Je plaide pour une alternative : que la communauté internationale en Irak construise ou finance une prison pour les jihadistes étrangers condamnés. Je pense d'abord aux pays européens dont les ressortissants sont membres l'État islamique, car ce n'est qu'un début : il y aura d'autres cas comme Jadaoun. Le gouvernement belge doit mettre cette prison sur l'agenda européen. Ce serait aussi une question d'équité : nous ne pouvons faire payer l'Irak pour ce que les Européens ont fait dans ce pays.