Aujourd'hui, la Belgique réagit en disant qu'elle visait "une organisation criminelle structurée internationalement", peut-on lire mardi dans Le Soir.

Le 7 mai dernier, près de 1.200 policiers avaient perquisitionné plusieurs sites occupés par des gens du voyage, partout en Belgique. Le parquet fédéral coordonne, en effet, une instruction sur des faits d'escroqueries et une autre enquête pour blanchiment. A l'heure actuelle, 31 personnes sont toujours détenues.

Nul ne conteste la gravité des faits. Plus de 1.000 victimes ont été recensées, rien qu'en Belgique. La plupart du temps, les malfaiteurs parvenaient à arnaquer des vendeurs de voitures, explique-t-on dans les colonnes du Soir. La problématique soulevée par un avocat des familles - Me Alexis Deswaef - auprès de l'ONU, porte surtout sur une possible "disproportion" entre les mesures temporaires prises par la justice et leurs effets sur la vie de ces gens du voyage.

Les rapporteurs s'inquiètent en particulier des conséquences des saisies de 90 caravanes: "Nous sommes préoccupés par le fait que la confiscation de caravanes équivaut à une expulsion forcée, une grave violation du droit à un logement convenable et à d'autres droits de l'homme, interdite par le droit international."

Face aux accusations de discrimination, l'Etat belge a choisi de répliquer. "L'opération (policière et judiciaire) ne visait pas une minorité des gens du voyage mais bien une organisation criminelle structurée internationalement", ressort-il d'un courrier rendu public et relayé par Le Soir. Pour dissiper le soupçon d'avoir voulu frapper spécifiquement les gens du voyage, la Belgique souligne que "la corruption publique et privée" engendrée par l'organisation criminelle "a nécessité des perquisitions dans un ministère fédéral, dans plusieurs commissariats de police (plusieurs policiers fédéraux et locaux ont été arrêtés), dans une étude notariale (un notaire a été placé sous mandat d'arrêt) et enfin dans une banque (l'établissement étant suspecté d'avoir permis le blanchiment de capitaux)."

Les familles de gitans belges estiment toujours que "ces mesures de saisies demeurent totalement disproportionnées". En particulier les décisions "d'aliénation" sur les véhicules. C'est-à-dire: la vente par la justice de ces biens saisis, avant même l'issue de l'enquête judiciaire.