C'est l'une des seules bonnes nouvelles pour le portefeuille des ménages de cette année 2020 : en raison de la crise sanitaire, les prix moyens de l'électricité et du gaz ont respectivement chuté de 10 et de 26% par rapport aux trois années antérieures. Pourtant, bon nombre de ménages belges n'en ont pas profité. Treize ans après la libéralisation du marché de l'énergie, ces derniers restent peu informés ou coutumiers des changements de contrat. Et quand ils franchissent le cap, la plupart d'entre eux ne choisissent pas l'offre qui leur est la plus avantageuse. Un constat "alarmant", estime la Commission de régulation de l'électricité et du gaz (CREG), qui indique qu'une "majorité de consommateurs ne sont pas actifs sur les marchés de l'énergie".
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C'est l'une des seules bonnes nouvelles pour le portefeuille des ménages de cette année 2020 : en raison de la crise sanitaire, les prix moyens de l'électricité et du gaz ont respectivement chuté de 10 et de 26% par rapport aux trois années antérieures. Pourtant, bon nombre de ménages belges n'en ont pas profité. Treize ans après la libéralisation du marché de l'énergie, ces derniers restent peu informés ou coutumiers des changements de contrat. Et quand ils franchissent le cap, la plupart d'entre eux ne choisissent pas l'offre qui leur est la plus avantageuse. Un constat "alarmant", estime la Commission de régulation de l'électricité et du gaz (CREG), qui indique qu'une "majorité de consommateurs ne sont pas actifs sur les marchés de l'énergie". Ainsi, 900 000 ménages (soit 18% du total en Belgique) n'ont jamais changé de contrat d'électricité depuis 2007, l'année de la libéralisation du marché. Quelque 400 000 ménages ne l'ont jamais fait pour le gaz (13%). Le résultat : une facture souvent trop élevée par rapport aux conditions du marché. Un ménage moyen (consommation annuelle de 3.500 kWh/an d'électricité et de 23.260 kWh/an de gaz naturel) peut dès lors payer jusqu'à 333 euros de trop par an pour sa facture d'électricité et 837 euros pour le gaz. "Plus de 2,23 millions de ménages disposent d'un contrat d'électricité figurant parmi les 10 produits les plus chers proposés sur le marché", note encore la CREG. Pour le gaz, ils sont 1,2 million dans cette situation.Tout est une question de pédagogie et d'information par rapport à toutes les composantes du contrat. Outre le prix au kilowattheure, variant pour les compteurs bi-horaires entre un tarif "jour" et un tarif "nuit", les consommateurs doivent aussi s'acquitter d'une redevance annuelle fixe, dont le montant, qui a tendance à augmenter ces dernières années, va de zéro à plusieurs centaines d'euros, pointe la CREG. A cela s'ajoutent parfois des promotions temporaires, au terme desquelles le contrat conclu n'est à nouveau plus le plus avantageux après à peines quelques mois.Manque de transparence et conditions trop restrictivesCruciale pour comparer sa facture, la transparence fait pourtant cruellement défaut dans certaines formules. Pour l'électricité, environ 300 000 ménages (dont 230 000 en Flandre) disposent encore d'un "contrat dormant de prolongation", auprès de quatre fournisseurs en particulier, que la CREG ne souhaite pas nommer. Il en va de même pour 170 000 ménages (150 000 en Flandre) concernant le gaz. Une fois arrivés à échéance, ces contrats, automatiquement prolongés, ne présentent plus les informations suffisantes pour permettre au consommateur de les comparer avec d'autres. Les conditions des contrats les moins chers constituent souvent un autre obstacle de taille pour les ménages. Paiement à l'avance, service exclusivement en ligne, domiciliation bancaire obligatoire... Alléchante au départ, l'offre proposée peut finalement devenir beaucoup plus chère si le consommateur déroge à l'une ou l'autre de ces règles.Pour toutes ces raisons, la CREG estime que plus d'un million de ménages belges (350 000 en Wallonie, 200 000 à Bruxelles et 600 000 en Flandre) pourraient économiser plus de 500 euros par an en changeant de contrat pour l'électricité et le gaz. Elle formule en outre quatre propositions pour mettre fin à ces disparités : supprimer les contrats dormants de prolongation, renforcer l'accord du consommateur (un texte entré en vigueur en 2005, remanié en 2018 mais qui ne lie plus aujourd'hui que 9 des 19 fournisseurs d'énergie actifs en Belgique), introduire un résumé obligatoire de la fiche tarifaire sur chaque facture (via un code QR ou autre) et informer les organismes accompagnant les ménages en situation de précarité énergétique (CPAS, associations...).A côté des nombreux comparateurs en ligne, la CREG a mis en place, il y a quelques mois, son propre outil permettant à chaque ménage de situer, en six clics, le montant de sa facture par rapport aux offres actuelles du marché. Il s'agit du CREG Scan.