C'était il y a 20 ans. En novembre 2000, Gaia s'était rendu en caméra cachée au marché aux bestiaux de Ciney et à l'abattoir d'Anderlecht pour filmer des animaux soumis à une maltraitance systématique. Les vaches étaient frappées sans ménagement et certaines tombaient lourdement sur le sol. Des bêtes avaient la tête ensanglantée et d'autres exhibaient des blessures immondes. Il y a 20 ans, ces images avaient scandalisé le pays et donné une image piteuse des Belges à l'étranger. Elles avaient surtout déclenché des enquêtes judiciaires.
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C'était il y a 20 ans. En novembre 2000, Gaia s'était rendu en caméra cachée au marché aux bestiaux de Ciney et à l'abattoir d'Anderlecht pour filmer des animaux soumis à une maltraitance systématique. Les vaches étaient frappées sans ménagement et certaines tombaient lourdement sur le sol. Des bêtes avaient la tête ensanglantée et d'autres exhibaient des blessures immondes. Il y a 20 ans, ces images avaient scandalisé le pays et donné une image piteuse des Belges à l'étranger. Elles avaient surtout déclenché des enquêtes judiciaires.Ving ans plus tard, l'organisation de défense des animaux est allée jeter un nouveau coup d'oeil dans les trois marchés aux bestiaux restants en Belgique: Rekkem, Ciney et Battice. En 2000, il en existait encore neuf. Il n'est plus question de violence excessive, mais l'organisation a vu du bétail estropié, des vaches aux cornes cassées et des animaux qui ont été battus et frappés inutilement. "Fort heureusement, on ne peut plus vraiment parler de violence extrême envers les animaux", commente le président de Gaia, Michel Vandenbosch. "Nous avons clairement constaté une amélioration. Mais hélas, nous avons à nouveau constaté un trop grand nombre d'infractions, notamment au règlement européen sur le transport : pas d'accès à l'eau, des animaux qui dérapent et tombent au sol, des bovins qui sont inutilement frappés à coups de bâton sur des parties sensibles du corps, d'autres qui reçoivent sans raison des coups de pied, des animaux souffrant de boiteries, des vaches présentant des cornes cassées, etc. Nous avons relevé les mêmes problèmes sur les trois marchés. Nous avons ainsi vu plusieurs animaux présentant des cornes abîmées et ensanglantées, un jeune veau qui boitait d'une patte, un animal souffrant d'une bursite grave, des animaux aux sabots non soignés, qui n'ont pas accès à l'eau, attachés par une corde trop courte qui les empêche de se reposer, des vaches laitières émaciées, etc. Par ailleurs, nous n'avons pas constaté la présence d'inspecteurs vétérinaires chargés d'effectuer des contrôles, ni de soins apportés aux animaux blessés" explique le président de l'association.Selon l'association, il subsiste de trop nombreuses atteintes au bien-être des animaux. Gaia demande donc la suppression des trois derniers marchés aux bestiaux, ou du moins leur fermeture progressive. En remplacement, l'association propose des enchères en ligne, comme en Suède.Contactée par Le Vif, la ministre wallonne du Bien-être animal, Céline Tellier (Ecolo) dit ne pas avoir attendu la vidéo de Gaia pour agir. Une fermeture des trois derniers marchés n'est pas envisagée. "L'administration en charge du Bien-être animal s'est rendu au marché de Ciney le 21 septembre pour une réunion de travail avec les responsables du marché de Ciney. Des recommandations ont été faites sur leur règlement d'Ordre intérieur et leurs procédures Bien-être animal." La ministre constate cependant que les conditions de transport restent un point noir. Plutôt que de se dirigier vers un système d'enchères en ligne, la ministre opte pour une autre direction: le développement de l'abattage à la ferme qui permet d'éviter le transport des animaux. La ministre a donc "décider de lancer une étude pour évaluer sa faisabilité en Wallonie". Côté flamand, Ben Weyts (N-VA), qui est responsable du marché de Rekkem, déclare au Het Laatste Nieuws que "dans le domaine du bien-être animal, les contrôles supplémentaires dans les abattoirs et une solution pour les visons d'Europe sont actuellement prioritaires."