"On se dirait en novembre" est une phrase, qu'au fil de cet été gris, froid, et pluvieux, on entend souvent. Il s'agit d'une comparaison humoristique évidemment, mais certaines plantes semblent prendre la blague trop au sérieux.
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"On se dirait en novembre" est une phrase, qu'au fil de cet été gris, froid, et pluvieux, on entend souvent. Il s'agit d'une comparaison humoristique évidemment, mais certaines plantes semblent prendre la blague trop au sérieux. Avenue Lousie, à Bruxelles, des rangées de marronniers offrent de l'ombre aux passants. Marronniers dont les feuilles deviennent jaunes et brunes, sèches, comme habituellement à la fin octobre. Mais au mois d'août."Les marronniers sont, depuis longtemps, sujet aux attaques d'un ravageur, la mineuse du marronnier. Cet insecte provoque un brunissement prématuré des feuilles ; ce n'est pas lié à l'année pluvieuse", explique Pierre Meerts, professeur en biologie des organisme à l'Université libre de Bruxelles. Il n'en est donc rien de l'"automne prématuré" que les arbres ressentiraient à cause du mauvais temps.Les arbres peuvent cependant avoir des feuilles jaunes et brunes plus tôt dans l'année, comme pour initier l'automne, mais la cause est au contraire la chaleur et la sécheresse. "Parfois, pendant les années de grande sécheresse estivale, une défoliation précoce peut se produire chez certaines espèces sensibles à la sécheresse, mais ce n'est évidemment pas le cas cette année-ci".Pour l'expert, le réchauffement climatique a allongé la période de végétation, au cours du siècle précédent. En automne, la défoliation des arbres commence environ deux semaines plus tard, et au printemps, le débourrement commence environ deux semaines plus tôt. Du côté de Bruxelles Environnement, on ne constate pas de traces d'un automne avant l'heure non plus. "Les personnes de terrain nous disent que les plantes se portent d'ailleurs mieux cette année", explique la porte-parole Pascale Hourman. Cependant, avec le temps nuageux et pluvieux, la floraison a eu lieu en retard. "Les plantes fleurissent également moins généreusement, et la durée de la floraison a été plus courte".Une conséquence du mauvais temps est cependant certaine et tangible: le mildiou. Avec le climat humide, le mildiou se développe particulièrement bien. "Toutes les cultures sont touchées, les tomates, les pommes de terre, les betteraves, les courges et courgettes, les laitues, les choux", constate Claire Olivier, directrice du Centre Interprofessionnel Maraîcher, à Gembloux. Le mildiou n'est cependant pas l'unique maladie qui touche les légumes cette année, l'humidité provoque également de nombreuses maladies fongiques, comme le botrytis, la stemphyliose, ou la cladosporiose."Le bio est particulièrement désarmé, car il a moins de moyens pour intervenir", explique Claire Olivier. "L'agriculture conventionnelle peut pulvériser des produits, les agriculteurs doivent juste trouver une fenêtre où il ne pleut pas. Heureusement il ne pleut pas continuellement non plus."Les fruits, les pommes essentiellement, sont touchés par une maladie qui s'appelle la tavelure, aussi une conséquence de l'humidité. "Ce sont des petites tâches grisâtres ou noirâtres, qui sont sur la surface du fruit", explique Olivier Warnier, responsable du Centre Fruitier Wallon à Merdorp, dans la commune de Hannut en province de Liège. Cette maladie n'empêche pas le fruit d'être consommé ou conservé, mais il ne peut plus être vendu en grande surface. Les magasins ont en effet des normes strictes, seules quelques petites tâches sont acceptables. Les poires sont moins touchées par cette maladie, constate Olivier Warnier.