Le coronavirus énerve tout le monde. Les décisions prises énervent, la façon dont elles sont prises énerve, et la manière dont elles sont communiquées énerve. Celui qui les prend est Frank Vandenbroucke, ministre fédéral des Affaires sociales et de la Santé. C'est donc lui qui énerve. Frank Vandenbroucke, 65 ans, concentre aujourd'hui à peu près toutes les tensions qui fracturent la Belgique.
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Le coronavirus énerve tout le monde. Les décisions prises énervent, la façon dont elles sont prises énerve, et la manière dont elles sont communiquées énerve. Celui qui les prend est Frank Vandenbroucke, ministre fédéral des Affaires sociales et de la Santé. C'est donc lui qui énerve. Frank Vandenbroucke, 65 ans, concentre aujourd'hui à peu près toutes les tensions qui fracturent la Belgique. > Fédéral: Franck Vandenbroucke et le gang des gaffeurs (analyse)Un homme revenu d'ailleurs, bombardé ministre en une story Instagram, un soir de septembre, par son jeune président Conner Rousseau. Un homme qui avait pourtant quitté la vie politique, défait, neuf ans plus tôt. Un socialiste qui a traversé le dernier demi-siècle entre allées et venues, depuis ses premières bagarres dans le brûlant chaudron gauchiste du Louvain des années 1970 jusqu'aux Comités de concertation critiques de la deuxième vague. Sa famille comptait, d'ailleurs, dans ce Louvain-là. Son père, Josué, est un ponte de la faculté de médecine. Il en a été le premier doyen flamand, en 1963, avant la scission de l'université, et a dirigé le service de médecine interne à l'hôpital Sint-Rafaël de Louvain. "Il y a encore un buste à son effigie, dans un auditoire", raconte Louis Tobback, ancien président du SP et bourgmestre de Louvain. "C'est une famille de médecins", ajoute-t-il, à raison. La mère de Frank Vandenbroucke, Clara, médecin elle aussi, est la fille de la première étudiante en médecine de l'université de Gand. Elle avait rencontré Josué lors de leur doctorat, dont Josué disait que celui de son épouse était bien meilleur que le sien. Progressistes tous les deux, ils soutiendront le combat pour la flamandisation de l'UCL, et Clara emmènera souvent ses enfants manifester devant l'alors très conservateur Ordre des médecins. Ils auront cinq enfants, dont Frank sera le cadet, né en octobre 1955, et qui tous sauf un perpétueront la tradition familiale. Le frère aîné, Jan, né en 1950, est un épidémiologiste très réputé de l'université de Leiden, aux Pays-Bas. Mais Frank est le plus jeune et déjà le plus têtu. Il étudiera l'économie, à la KUL bien sûr, dont il sort licencié en 1978, et dont il devient assistant immédiatement après. Il a tout lu de Marx et de ses continuateurs, et s'engage à la Ligue révolutionnaire des travailleurs, organisation trotskiste affiliée à la Quatrième internationale, et alors très active sur les campus. Frank Vandenbroucke siège même dans son Comité national. "La première fois que je l'ai vu, j'étais échevin, et j'avais hérité du collège précédent d'un projet d'urbanisme bien de cette époque, et qui prévoyait qu'une grand-route traverse tout le centre de Louvain. Frank était un des meneurs des groupes d'étudiants qui s'y opposaient", se rappelle Louis Tobback, qui a autant de mémoire que de flair: pour les communales de 1982, il compose une liste d'union de la gauche, et y intègre la fine fleur de l'intelligentsia contestataire du coin. Frank Vandenbroucke entre alors au service d'études du SP, le Sevi: "J'ai fait venir beaucoup de gens au profil intéressant au SP à ce moment-là, comme Lodewijk De Witte, qui a été mon chef de cabinet, puis gouverneur du Brabant flamand. Mais Frank était celui qui avait le plus d'ambition politique." La preuve? Il y a une place éligible sur la liste socialiste de l'arrondissement de Louvain, aux élections de 1985, la troisième. Mais elle doit échoir à un camarade de l'arrondissement de Diest. A l'initiative de Louis Tobback, Frank Vandenbroucke quitte Louvain et déménage à Montaigu-Zichem, arrondissement de Diest. Il sera troisième sur la liste socialiste, mènera une campagne tonitruante sous le slogan "Frankie goes to Brussels", et deviendra, à 30 ans, député fédéral. Quatre ans plus tard, Karel Van Miert, président du SP depuis 1979, part siéger à la Commission européenne. Il lui faut trouver un successeur. Dans un couloir de la Chambre, il propose le nom de Frank Vandenbroucke à Louis Tobback. "J'ai tout de suite accepté, Willy Claes et Freddy Willockx également. La présidence ne tentait aucun ministre, mais s'il n'était pas devenu président, Frank serait devenu ministre: il avait déjà ses défauts mais, objectivement, un tel talent, c'est rare", se rappelle l'ancien ministre de l'Intérieur. Le tout jeune président s'installe au boulevard de l'Empereur, où la cohabitation n'est pas joyeuse avec Guy Spitaels, dont le bureau est au même étage que lui. Le gouvernement Martens VIII, qui rassemble socialistes, sociaux-chrétiens et Volksunie, tombe sur des licences d'exportations d'armes de la FN. Les socialistes sont divisés: les Wallons connaissent l'importance de la FN sur le tissu liégeois, et les Flamands sont très attachés au pacifisme embrassé dans les années 1970 et 1980, autour de la crise des euromissiles américains. "Entre Spitaels et lui, ça ne marchait pas très fort. On s'est retrouvés seuls à défendre la FN: Frank a été très rigide, la Volksunie a insisté, et le gouvernement est tombé. Et ça a marché encore moins lorsque Guy a envisagé de négocier un accord de gouvernement avec les libéraux, très à droite à l'époque, de Guy Verhofstadt. A mon avis, ils se croisaient dans l'ascenseur, pas plus...", sourit Philippe Busquin, qui succédera à Guy Spitaels en janvier 1992. La relation, dit-il, est meilleure. "J'ai sympathisé avec lui. Il est froid d'un premier abord, mais très chaleureux ensuite. Je me souviens qu'à l'été 1992, il avait organisé le "Ronde van Frank ", des balades à vélo dans tou te la Flandre, et je l'avais suivi une fois ou deux, avec d'autres socialistes carolorégiens. On s'arrêtait le midi pour manger nos tartines dans des petits cafés du Brabant flamand, et Frank était vraiment le plus charmant des camarades", se souvient Philippe Busquin. Mais la politique n'est pas toujours une balade. Surtout pas avec Frank Vandenbroucke: "Quelques mois plus tard, sous un gouvernement Dehaene, on a une grosse discussion sur l'index, et Jean-Luc invite les quatre présidents de parti chez lui. Frank propose qu'on n'indexe que les plus bas salaires. J'explique, calmement, qu'on n'acceptera jamais ça, et c'est tout juste si, devant trois sociaux-chrétiens, Jean-Luc Dehaene, Gérard Deprez et Johan Van Hecke, il ne me dit pas que je ne comprends rien à rien... Oui, il sait être cassant." "C'est le principal défaut de Frank, pose Louis Tobback. Il a souvent raison d'un point de vue logique. Mais la politique, ce n'est pas toujours logique: la politique, ce n'est pas l'art d'avoir raison, mais l'art d'obtenir raison." Un an et demi plus tard, Willy Claes, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, s'en va diriger l'Otan. Frank Vandenbroucke le remplace au gouvernement, et Louis Tobback, ministre de l'Intérieur, reprend la présidence du parti. C'est Johan Vande Lanotte qui lui succède à l'Intérieur. Moins de six mois plus tard, Frank Vandenbroucke convoque la presse au siège du ministère. Il a quelque chose à confesser. L'homme n'est pas spécialement adepte du one-man-show. Pourtant, ce 22 mars 1995, il régale l'assistance, nombreuse à avoir fait le déplacement tant les journalistes sont avides d'apprendre comment le jeune quadra va conter l'étrange histoire dont le magazine Knack vient d'en faire l'acteur principal: en 1991, celui qui était alors président du parti socialiste flamand a ordonné de faire disparaître de l'argent non comptabilisé conservé dans un coffre en banque. Forêt de micros devant lui, VDB se met à table. Posément, le ton déjà professoral et l'air presque détaché. "J'ai constaté que de l'argent non enregistré se trouvait dans un coffre-fort. Et comme je n'avais pas de solution pour ce problème, j'ai demandé plus tard à Etienne Mangé (NDLR: trésorier du SP) de détruire cet argent." Entendu peu auparavant par la justice, il s'était fait plus précis: "J'ai d'abord demandé à M. Mangé s'il existait une solution légale et correcte pour donner une destination à cet argent. Sa réponse était négative. J'ai dit alors: "En fait, tu ne peux donc pas faire autrement que de le détruire"." Ou comment faire partir en fumée cinq à six millions de francs belges d'argent trouble. Le hic, c'est que la consigne présidentielle ne sera pas exécutée et que le donneur d'ordre n'a pas pris la peine de vérifier qu'il avait été obéi. L'attraction du jour débite sa version sans se démonter, sans gestuelle. Veille comme toujours à détacher les mots pour être sûr d'être bien compris. Les faits, rien que les faits. Ils sont suffisamment fracassants pour déclencher un feu roulant de questions forcément dérangeantes. La saga Agusta, un contrat d'hélicos militaires entaché de lourds soupçons de pots-de-vin et qui, depuis 1991 et l'assassinat d'André Cools (PS), plonge le monde socialiste francophone et flamand dans la tourmente, est dans tous les esprits, sur toutes les lèvres. Mais Vandenbroucke affirme n'avoir pas fait le lien à l'époque. N'avoir pas voulu savoir l'ampleur de la caisse noire ni son origine douteuse. Jure n'en avoir jamais parlé à personne. Admet ne pas avoir eu envie de "revenir sur des pratiques dont nous n'avions plus besoin". C'est tout? Oui. Et cela paraît tellement énorme à gober que l'affaire une fois médiatisée, personne ne sait trop s'il faut en rire, en pleurer ou s'en indigner. Mais lui assume avec une candeur désarmante. "J'ai été naïf mais j'avais toute confiance en Etienne Mangé. Tout cela n'est pas très joli mais assez cohérent." C'est l'homme de principe qui a parlé. Rigoureux jusque dans la maladresse. Du VDB pur jus, témoigne au Vif/L'Express Siegfried Bracke, ex-député N-VA, alors journaliste politique à la BRT (actuelle VRT) et présent aux premières loges: "Frank Vandenbroucke est une copie de son père, qui ne vivait que pour la science, détaché des biens matériels. En homme parfaitement intègre, Frank ne pouvait comprendre que l'on puisse accepter de l'argent de la corruption. Cela ne se fait pas, c'est mal, donc il fallait effacer la trace du péché. Son côté rigoriste est son problème en politique." L'ancien président de la Chambre se souvient lui avoir posé les deux questions fatales: "Trouvez-vous moral de brûler de l'argent? N'est-ce pas un acte pénalement punissable? Je ne sais pas, a-t-il alors répondu. Cela a précipité sa chute." Exit VDB, l'économiste part se ressourcer à l'université d'Oxford, en ressort trois ans plus tard avec en poche une thèse sur le thème de la justice sociale. Ce départ n'était qu'un au revoir. A Oxford, il reçoit la visite d'amis, comme le philosophe Philippe Van Parijs, ou comme Johan Vande Lanotte. "J'ai passé une semaine avec lui, là-bas. Je lui rappelais que j'avais eu mon doctorat avant lui", rigole l'Ostendais, docteur en théorie du droit de l'université de Gand depuis 1986. C'est l'époque où le "New Labour" de Tony Blair, avec sa fameuse "Troisième voie", paraît réinventer la social- démocratie. "Blair était venu en visite officielle en Belgique, et je me souviens que Frank avait pour lui une grande admiration. Moi, beaucoup moins... On avait eu une discussion là-dessus", indique Laurette Onkelinx. Elle devient ministre fédérale en même temps que Frank Vandenbroucke le redevient, en 1999, dans la coalition arc-en-ciel de Guy Verhofstadt. Il est ministre des Affaires sociales et des Pensions, elle de l'Emploi. "On a fait de belles choses ensemble, comme la diminution du temps de travail, sans perte de salaire, pour le personnel hospitalier. Il avait cette capacité à être rigoureux tout en obtenant pour ses propres budgets des dérogations à la ligne dure qu'il imposait aux autres", précise la Schaerbeekoise, qui se souvient aussi des bureaux du PS où, semaine après semaine, Elio Di Rupo mimait un kiné massant son patient, et puis s'arrêtait brusquement, en disant: "La séance est terminée, Frank Vandenbroucke a réduit les remboursements." "On a beaucoup exagéré cette histoire de blairisme, soupire Johan Vande Lanotte. D'une part parce que Blair lui-même a introduit une série de réformes, dans la fiscalité notamment, qui ont eu un fort effet redistributif. D'autre part parce que Frank n'a jamais été antisocial. D'ailleurs, comme ministre flamand de l'Enseignement et de la Formation, il est le seul à être parvenu à réduire sensiblement les discriminations dont souffrent les allochtones." Oui, car en 2004 Frank Vandenbroucke quitte le fédéral pour la Flandre. "Quand je lui ai succédé, à l'été 2004, comme ministre des Pensions, il m'a donné rendez-vous à son bureau. Quand j'y suis arrivé, il y avait une pile de dossiers bien rangés sur la table. Il m'a dit: "Lis d'abord ça, puis ça, puis ça", c'était comme si je devais suivre une master class avant de pouvoir comprendre. Ça démontre combien, pour lui, il faut d'abord étudier avant d'avoir le droit d'aspirer à gérer quelque chose. Bon, je n'ai pas nécessairement fait tout ce qu'il m'a dit de faire, mais ça m'a beaucoup aidé: peu de ministres font ça pour leur successeur, même du même parti", concède Bruno Tobback. Les socialistes flamands traversent alors une des périodes les plus fastes de leur histoire. Ils rassemblent 25% aux législatives de 2003 et, déjà en recul, 20% aux régionales de 2004. Quatre socialistes font alors la loi dans cette Flandre de droite, qui les appelle les Teletubbies : Patrick Janssens, président jusqu'à l'été 2003, Steve Stevaert, qui lui succède alors, Johan Vande Lanotte et, bien sûr, Frank Vandenbroucke. "Une dream team, et pas seulement avec ces quatre-là", rigole Johan Vande Lanotte. Lui qui adore le basket sait qu'il n'y a eu qu'une dream team, aux Jeux olympiques de 1992, et qu'elle n'a joué que quelques semaines. Comme elle, l'équipe des Teletubbies se dissout sitôt l'état de grâce retombé: Patrick Janssens se concentre sur Anvers, dont il est bourgmestre de 2003 à 2012, et Steve Stevaert devient gouverneur du Limbourg en 2005. "Dans le groupe, la tension était systématique entre Steve, populaire et parfois populiste, anti-intellectualiste, et Frank, l'intellectualiste. Steve voulait que nous soyons sympas, et que ça se voie, Frank s'en foutait. Patrick et moi faisions la synthèse: on était intellectualistes, mais on savait le cacher." Les Teletubbies éclatés, Johan Vande Lanotte prend le parti en main. Il cède, après la défaite de 2007, à Caroline Gennez la présidence. Frank Vandenbroucke devient, lui, un problème. Son influence et sa certitude sont perçues par la jeune génération comme un obstacle. "A un moment, on avait convenu de mettre un euro dans une tirelire à chaque fois qu'on citait son nom, tellement il énervait tout le monde", raconte un témoin de l'époque. "Il n'était pas prêt à céder quoi que ce soit", appuie Bruno Tobback, président après Caroline Gennez. "Ce qui énerve chez lui, c'est cette tendance à croire avoir pensé à tout avant de discuter, et de ne laisser aucune place au débat. Il vous lâche: "Je savais que tu allais dire ça, j'y ai pensé il y a trois semaines, et voilà pourquoi tu as tort". Et c'est vrai qu'il y a pensé, souvent très bien d'ailleurs. Mais ce n'est pas une stratégie tenable, et ça ne rend pas les choses moins énervantes", déclare-t-il, un sourire pincé. Aux élections régionales de juin 2009, Frank Vandenbroucke rassemble 47 000 voix de préférence dans le Brabant flamand. Mais Caroline Gennez décide de ne pas le reconduire dans son ministère, après avoir, en son absence, réuni les poids lourds du parti à Deinze. Il est même exclu de l'équipe des négociateurs socialistes de l'accord de gouvernement flamand: même les partenaires, CD&V et N-VA, n'en veulent plus. "Nous avons été quelques vieux sages à prendre le parti de Caroline, et il ne faut pas oublier qu'il avait déjà présenté sa démission à deux présidents, Steve Stevaert et Johan Vande Lanotte, qui l'avaient refusée...", glisse Louis Tobback, qui ne veut pas entendre ce que tout le monde raconte depuis: qu'avec d'autres, il a contribué à éliminer un rival, local donc national, de son fils, Bruno. "Si quelqu'un croit que ça m'a fait plaisir, il se trompe..." Un an et demi plus tard, Frank Vandenbroucke est une fois encore exclu de négociations, fédérales cette fois: il avait, dans un train bondé, multiplié les appels à des journalistes, insultant Elio Di Rupo et dépréciant la N-VA, mais n'avait pas remarqué s'être assis à côté du porte-parole de la N-VA. En octobre 2011, il annonce donc quitter la vie politique, devient professeur à temps plein à Anvers, Louvain et Amsterdam. Il n'est pas regretté des siens, jusqu'à Conner Rousseau, qui le rappelle donc, et l'installe par ces mots "He's back, bitches", légendant sa story Instagram. Peut-être est-ce à tous ces camarades que Frank Vandenbroucke pense lorsque son président pose le B-word en haut de leur selfie. Il y a quelque chose d'une revanche, chez ce froid pourtant sensible, dans cet inattendu retour aux affaires. Mais il y a aussi de l'assurance. Une assurance dont personne, parmi les socialistes flamands, ne doute qu'elle soit justifiée. Même pas dans l'arrondissement de Louvain. "Le style de Frank est ce qu'il est, mais il est le right man at the right place", estime Tobback fils. "Il a changé, je le vois, ajoute Tobback père. J'ai toujours admiré son côté implacable dans les débats, mais depuis son retour, moi, je peux voir ce qu'il pense de ses adversaires, mais je vois aussi qu'il parvient à se contenir..." "C'est vrai qu'il a toujours été chiant dans les discussions, notamment budgétaires. Mais si vous n'êtes pas chiant pour défendre votre budget, alors il ne faut pas être ministre, il vaut mieux aller planter des patates... Il énerve parce qu'il est têtu? Il sera aussi têtu pour avoir plus d'argent pour les soins de santé, ça, je vous le promets", conclut Johan Vande Lanotte. On le croit.