Pourquoi avez-vous choisi d'intituler votre mouvement la Wallonie insoumise ?
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Pourquoi avez-vous choisi d'intituler votre mouvement la Wallonie insoumise ?En ce qui concerne le terme Wallonie, il s'agit de mettre en avant le fait que notre action se situe principalement sur le plan wallon. Pour "insoumise", cela est dû au fait que nous revendiquons et nous nous inspirons de l'expérience de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.Justement, pourquoi avez-vous choisi de focaliser votre action sur le plan de la Wallonie et non sur le plan national ou, du moins, au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles ?Nous partons d'une analyse des rapports de force au niveau fédéral. Nous constatons que les Wallons sont minoritaires dans la Chambre des représentants avec seulement 48 députés sur 150. Il est clair que dans ces conditions on ne peut pas faire entendre la voix des Wallons. A cela s'ajoute le fait que Charles Michel s'appuie sur une majorité flamande pour mener son gouvernement. Bref, nous constatons que l'Etat belge est largement dominé par les Flamands.Pensez-vous que la Wallonie est capable d'assurer son autonomie économique et financière ? D'autant plus qu'on estime aujourd'hui qu'elle bénéficie de 7 à 8 milliards dans le cadre des transferts Nord-Sud.Tout d'abord, je voudrais souligner que notre premier objectif est la souveraineté du peuple wallon. Cela devra se passer forcément par une 7ème réforme de l'Etat, avec 4 points majeurs. Premièrement, la Wallonie doit constituer un Etat souverain, cela implique la fin de la communauté Wallonie-Bruxelles. Deuxièmement, cet Etat doit pouvoir posséder les pleins pouvoirs en matière fiscale. Autre point, nous voulons agir sur la dette publique. Concrètement, nous réclamons le partage de cette dette. Dernier point, nous réclamons la mise en place d'une Banque centrale wallonne. Pour revenir à la question des transferts Nord-Sud, il faut rappeler aussi que, il n'y a pas si longtemps que ça, ces transferts s'opéraient dans le sens inverse. Et c'est justement pour rompre avec cette situation que nous voulons nous donner les moyens pour retrouver notre souveraineté. Et aujourd'hui, nous ne pouvons que nous réjouir de voir l'idée d'une 7ème réforme de l'Etat remise en avant dans le débat politique.Vous faites allusion à la N-VA ? Vous avez des convergences avec ce parti ?Nous sommes totalement différents. La N-Va est pour le confédéralisme. Pour notre part, nous refusons l'idée de 3 Régions. Ils proposent également que Bruxelles soit cogérée par les deux Régions, ce qui n'est pas notre cas non plus.A ce propos, quid de Bruxelles dans votre configuration ? Bruxelles doit avoir aussi sa capacité d'auto-détermination. Si les Bruxellois désirent un Etat souverain, nous sommes prêts à collaborer avec eux dans ce sens.Le PTB revendique de la même manière que vous sa proximité politique et idéologique de Jean-Luc Mélenchon. Comment comptez-vous vous faire une place sur l'échiquier politique ?J'aimerais d'abord faire remarquer que le paysage politique est complètement bouleversé de nos jours. De ce point de vue, j'ai envie de dire "qu'ils dégagent tous". Concernant le PTB, nous avons une divergence fondamentale : nous avons une ligne résolument wallonne, ce qui est loin d'être le cas du PTB.Vous dites que vous vous inspirez de la France insoumise, et pourtant, dès l'annonce de la création de votre mouvement le 25 juin dernier, le mouvement de Mélenchon a publié un communiqué de presse pour prendre ses distances avec vous. Comment expliquez-vous cela ?Je tiens à préciser d'abord qu'il s'agit de la France insoumise Benelux. Ce n'est pas la même chose. Ensuite, nous avons toujours annoncé, et ce depuis 6 mois, que nous avions 2 objectifs clairs : soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon et s'inspirer de l'expérience de la France insoumise afin de créer la Wallonie insoumise.Propos recueillis par Nidal Taibi.