Désormais, avant chaque Comité de concertation annoncé pour évaluer les mesures de restriction sanitaires contre la Covid, le scénario est le même. Quelques jours avant le rendez--vous, les uns cadenassent les décisions, les autres tentent d'ouvrir le jeu. Depuis l'avènement de la Vivaldi, c'est souvent le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), qui est dans le premier rôle, et le ministre des Indépendants et des Classes moyennes, David Clarinval (MR), dans le second.
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Désormais, avant chaque Comité de concertation annoncé pour évaluer les mesures de restriction sanitaires contre la Covid, le scénario est le même. Quelques jours avant le rendez--vous, les uns cadenassent les décisions, les autres tentent d'ouvrir le jeu. Depuis l'avènement de la Vivaldi, c'est souvent le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), qui est dans le premier rôle, et le ministre des Indépendants et des Classes moyennes, David Clarinval (MR), dans le second.Un jeu de rôles, au fond: chacun défend au mieux sa compétence et, d'une certaine manière, son fonds de commerce électoral. Mais l'enjeu n'en est pas moins important pour autant et ce positionnement des uns et des autres a déjà donné lieu à des tensions réelles au sein de la majorité. Cette semaine, c'est donc le retour d'un débat sur un assouplissement prochain des mesures, surtout à destination des métiers de contact: coiffeurs, esthéticiens... Ce n'est pas encore l'heure de l'Horeca. David Clarinval s'est rendu mardi à la frontière française, à l'invitation de la bourgmestre libéral de Comines-Warneton, pour constater les dégâts causés par la concurrence frontalière qui pèse sur ces professions: les métiers de contacts sont restés ouverts en France. Franchement, lui disait notamment un coiffeur, nous sommes encore gentils, on pourrait en arriver à une situation révolutionnaire. "Vendredi, nous demanderons que l'on fixe des perspectives, et pas pour le mois de mars, c'est trop tard", a lancé le ministre devant les caméras.Avant cela, son prédécesseur à ce poste, le député Denis Ducarme, avait déjà exprimé son courroux sur Twitter à l'encontre de Frank Vandenbroucke, qui avait annoncé son refus d'assouplir. Hashtag: mon coiffeur est essentiel.L'étude qui justifie la fermeture de ces métiers, réalisée sous l'égide du commissaire Perdo Facon, a été dévoilée ce mercredi matin par la DH. Cinq points justifieraient le maintien de cette restriction. Un, le besoin de cohérence dans les mesures et le risque, en cas de réouverture, de donner un mauvais signal. Deux, la situation épidémiologique générale. Trois, des risques d'infections "moyen à élevés": "Les risques sont associés à la proximité, aux conversations, à la durée des contacts, à l'utilisation incohérente du masque, à la ventilation et l'aérosolisation". Quatre: des études belges et internationales démontreraient la "proportion de cas considérablement plus élevée" dans ce secteur. Enfin, cinq, les demandes de rouvrir sont justifiées par des considérations économiques, pas sanitaires.Réaction immédiate de Georges-Louis Bouchez, président du MR: "On est en droit d'attendre une véritable étude scientifique. Pas une succession d'observations. Il n'y a pas de peur à prendre des décisions difficiles, nous le faisons depuis un an, mais cela doit être fait sur les bases les plus solides." Bref, le débat aura bien lieu, foi de bleu.La démarche, à tout le moins, irrite les autres partis. "TOUT LE MONDE voudrait rouvrir les coiffeurs, réagit François De Smet, président de DéFI. Mais le débat doit se faire sur base d'arguments scientifiques et non dans les médias. Il est déplaisant de voir un parti de la majorité prendre à nouveau le risque de susciter de faux espoirs pour le luxe d'apparaître comme sauveurs."