"Qu'est-ce on sait/craint à Francfort que nous ne savons pas et que nous ne pouvons donc pas craindre ? Seulement un ralentissement de la croissance ? Ou bien la BCE voit-elle un spectre de récession qui va ébranler toute l'UE?", tweetait l'ancien ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) à la fin de la semaine dernière. La Banque centrale européenne (BCE) venait de charger un "Big Bazooka", comme on dit dans le jargon économique: le gouverneur de la BCE Olli Rehn a déclaré que la BCE prépare une série de mesures pour stimuler l'économie. Le 12 septembre, elle décidera lesquelles. Dans le passé, des mesures similaires n'ont pas fait grande différence, mais c'est une autre histoire.
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"Qu'est-ce on sait/craint à Francfort que nous ne savons pas et que nous ne pouvons donc pas craindre ? Seulement un ralentissement de la croissance ? Ou bien la BCE voit-elle un spectre de récession qui va ébranler toute l'UE?", tweetait l'ancien ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) à la fin de la semaine dernière. La Banque centrale européenne (BCE) venait de charger un "Big Bazooka", comme on dit dans le jargon économique: le gouverneur de la BCE Olli Rehn a déclaré que la BCE prépare une série de mesures pour stimuler l'économie. Le 12 septembre, elle décidera lesquelles. Dans le passé, des mesures similaires n'ont pas fait grande différence, mais c'est une autre histoire.C'est clair depuis quelque temps: l'économie européenne est à bout de souffle. Au deuxième trimestre de cette année, l'économie de l'Union européenne (28 États membres) et de la zone euro (19 membres) n'a progressé que de 0,2 %. Ce sont surtout les plus grandes économies qui donnent des signes de fatigue: l'économie française a connu une croissance de 0,2 %, l'Italie a connu une croissance nulle et l'économie allemande a reculé de 0,1 %. Ce n'est pas encore une récession - la définition classique veut que l'économie se replie pendant deux trimestres consécutifs - mais il est clair que la niaque n'y est plus. Carsten Brzeski, économiste en chef d'ING Allemagne, parle même de "la fin d'une décennie dorée" pour nos voisins de l'est. Et aucun autre pays n'est capable de reprendre le rôle de l'Allemagne en tant que moteur de l'économie européenne.L'économie belge ne se porte pas beaucoup mieux. Notre croissance au deuxième trimestre n'a été que de 0,2 %. Les perspectives ne sont pas très encourageantes. La Commission européenne s'attend à ce que l'économie belge progresse de 1,2 % cette année. Cela ferait de notre pays le troisième taux de croissance le plus faible d'Europe. Il n'y a que pour l'Allemagne (plus 0,5 %) et l'Italie (plus 0,1 %), que les attentes sont encore plus faibles.Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles l'économie européenne est dans le marasme, telles que la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine et l'imminence du Brexit. La probabilité que les Britanniques quittent l'UE sans accord augmente. Nous serons durement touchés, car les Britanniques sont les deuxièmes plus gros consommateurs de produits belges après les Allemands, les Français et les Néerlandais. L'année dernière, les entreprises belges ont exporté près de 20 milliards d'euros vers le Royaume-Uni. Selon une étude de la Vives-KU Leuven, un Brexit dur entraînerait la perte de 42.000 emplois en Belgique, dont 28.000 en Flandre. Cela soulève de sérieuses questions quant à l'ambition que Bart De Wever, président de la N-VA, a exprimée dans sa note de départ : "Le gouvernement flamand veut aider au moins 120.000 Flamands de plus à trouver un emploi dans les prochaines années". La N-VA et le gouvernement flamand seront jugés sur ce point.La question est de savoir s'il s'agit toujours d'un ralentissement de la croissance ou s'il y aura une récession. Sur la base de ce que la BCE propose actuellement pour stimuler l'économie, il pourrait s'agir d'un recul grave. Concrètement, cela signifie des entreprises en difficulté, des emplois qui se perdent, que la consommation et l'investissement qui diminuent, les recettes publiques qui baissent et que les dépenses publiques augmentent. Ce ne serait guère une bonne nouvelle pour un gouvernement au pouvoir.En outre, la Belgique ne dispose pratiquement d'aucun tampon pour absorber un tel repli économique. Au cours des 20 dernières années, les gouvernements ont dépensé plus d'argent qu'ils n'en ont reçu et n'ont pas suffisamment réduit la dette publique. Les équipes gouvernementales dirigées par Guy Verhofstadt (Open VLD), Yves Leterme et Herman Van Rompuy (tous deux CD&V), Elio Di Rupo (PS) et Charles Michel (MR) en sont responsables. Serait-ce vraiment une coïncidence si ce sont précisément les gouvernements dirigés par les libéraux Verhofstadt (1999-2008) et Michel (2014-2018) qui, malgré des conditions favorables, telles qu'un bon climat économique et des taux d'intérêt bas, ont le moins bien réussi à améliorer les finances publiques ?Le spectre de la récession qui hante l'Europe exerce une pression supplémentaire sur notre pays pour qu'il forme rapidement un gouvernement fédéral. Un gouvernement en affaires courantes qui ne s'appuie que sur 38 des 150 sièges du Parlement ne peut pas vraiment gouverner. Mais la formation du gouvernement fédéral n'avance pas. Que feraient d'ailleurs Didier Reynders et Johan Vande Lanotte, qui ont encore le droit de jouer les informateurs jusqu'au 9 septembre, de leurs journées ? On devrait peut-être contacter Donald Trump. Le président américain veut acheter le Groenland. Ne serait-il pas intéressé par la Belgique ?