Il semble que la récréation soit terminée du côté flamand. Il faut dire que la pression augmente pour Bart De Wever. De plus en plus de membres de son parti commencent à trouver saumâtre que la pause se prolonge de semaine en semaine. D'autant plus qu'un gouvernement fédéral ne risque pas de se concrétiser dans l'immédiat. Il se murmure aussi que le parti aurait une date butoir, celle du 23 septembre 2019. C'est en effet à cette date que le ministre-président de la Flandre doit présenter son plan politique général avec les principales lignes directrices pour l'année à venir.
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Il semble que la récréation soit terminée du côté flamand. Il faut dire que la pression augmente pour Bart De Wever. De plus en plus de membres de son parti commencent à trouver saumâtre que la pause se prolonge de semaine en semaine. D'autant plus qu'un gouvernement fédéral ne risque pas de se concrétiser dans l'immédiat. Il se murmure aussi que le parti aurait une date butoir, celle du 23 septembre 2019. C'est en effet à cette date que le ministre-président de la Flandre doit présenter son plan politique général avec les principales lignes directrices pour l'année à venir. Pour y parvenir dans le temps imparti, le parti semble prêt à assouplir quelques-unes de ses conditions. Jusqu'à présent, elle exigeait que les autres partis ne montent pas dans un gouvernement fédéral minoritaire côté flamand. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Mais cette accélération indispensable signifie surtout la fin définitive du flirt avec le Vlaams Belang dit De Standaard.Une chose très difficile à avaler pour certains électeurs et ça, ils ne le savent que trop bien à la N-VA. La rupture risque donc d'être houleuse et le parti va devoir effectuer un véritable travail d'équilibriste pour tenter de faire passer le fait qu'ils vont laisser tomber le parti d'extrême droite. Pour faire passer la pilule, ils se sont d'ores et déjà lancés dans ce qui ressemble à une opération communication précise encore le quotidien. Celle-ci pourrait se résumer comme suit : que le parti était bien seul à vouloir gouverner avec le Vlaams Belang. Et que, malheureusement, cette seule volonté (qui on le précise est loin d'être le cas pour tous les membres de la N-VA) ne suffit pas. C'est une réalité mathématique : ils n'ont de toute façon pas une majorité. Theo Francken, qui pourtant n'a jamais été pour une collaboration avec le Vlaams Belang, s'est lancé le premier en déclarant que "leurs voix sont un poids mort". On sentait le découragement bien que cette phrase soit précédée par l'observation que " le deuxième parti du pays (comprendre le Vlaams Belang) n'est autorisé par personne à diriger, sauf par le parti le plus important (comprendre N-VA) ". Sauf que "nous n'avons pas la majorité ensemble ", déplore encore Francken. En d'autres termes, ses partisans feraient mieux de se préparer à l'idée qu'il y aura un gouvernement flamand sans Vlaams Belang.Quoi qu'il en soit, d'ici la fin de la semaine, tous les partis devront, une fois de plus, clarifier explicitement s'ils optent ou non pour l'opposition et s'ils veulent, ou non, unir leurs forces avec le Vlaams Belang. Un nouveau "niet" collectif va donner une excuse toute trouvée à Bart De Wever pour "forcer" le parti d'extrême droite à prendre la porte. Et, du même coup, pouvoir commencer officiellement la formation d'un gouvernement flamand toujours selon De Standaard. Le Vlaams Belang ne semble cependant pas prêt à se laisser jouer si facilement. Lui aussi s'est lancé dans une guerre d'image en tentant de faire pression sur la N-VA. Le député du Vlaams Belang Dries Van Langenhove a ainsi averti : " Si la N-VA a des couilles et est idéologiquement cohérente, elle se joindra à nous pour former un front flamand. Le CD&V ou l'Open VLD n'auront d'autre choix que de plier. Sauf s'ils veulent former un gouvernement avec le PVDA." Il a d'ailleurs trouvé un allié en la personne de Jean-Marie Dedecker, pour qui un gouvernement flamand sans Vlaams Belang est un gouvernement de perdants. "De Wever doit rester ferme et attendre qu'une des autres parties se couche. C'est la seule façon de nous protéger d'un nouveau dimanche noir à l'avenir."Ce vague sursaut est néanmoins illusoire, tant ils sont peu nombreux à trouver judicieux de paralyser la Flandre encore plus longtemps. En réalité, la principale question que se pose aujourd'hui la N-VA est de savoir s'ils vont poursuivre la coalition suédoise (N-VA, CD&V, Open VLD), tenter l'alternative anversoise d'une coalition bourguignonne (N-VA, Open VLD et SP.A) ou encore faire une redite du gouvernement Peeters II (N-VA, CD&V, SP.A). Et dans tous les cas maintenir tous les partis suffisamment longtemps à table pour obtenir le plus possible.