2021 est là, mais la Covid n'a pas disparu comme par surprise. L'enjeu sanitaire reste la priorité numéro un et des questions spécifiques à cette rentrée se posent. Faut-il craindre une reprise des contaminations avec l'effet conjugué des retours de vacances, des retours à l'école et du début des soldes? Les images des impressionnantes files dans les aéroports ce week-end, notamment à Bruxelles-National, posent déjà question.
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2021 est là, mais la Covid n'a pas disparu comme par surprise. L'enjeu sanitaire reste la priorité numéro un et des questions spécifiques à cette rentrée se posent. Faut-il craindre une reprise des contaminations avec l'effet conjugué des retours de vacances, des retours à l'école et du début des soldes? Les images des impressionnantes files dans les aéroports ce week-end, notamment à Bruxelles-National, posent déjà question.Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD) et la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale (PS), ont mis en garde ces dernières heures sur la nécessité, plus que jamais, de respecter les règles, dont la quarantaine et les deux tests en cas de retour de zone rouge. Un Comité de concertation est prévu vendredi pour évaluer les mesures sanitaires, les statistiques restent à la baisse dans notre pays, mais largement insuffisantes pour espérer un début de déconfinement. Frank Vandenbroucke a déjà prevenué ce matin qu'il ne faudrait pas s'attendre au moindre assouplissement.Faut-il s'inquiéter de ce moment clé? Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral, évoquait ce matin "une attente prudente mais pas inquiète" de l'évolution du nombre de contaminations. "Dix jours après Noël, il ne semble pas y avoir d'effet de cette fête", souligne-t-il sur LN24. Et si le retour des vacances doit être géré avec vigilance, il tempère en évoquant le "traumatisme" des conséquences de vacances de carnaval, en mars, lorsque les retours du ski avaient propagé l'épidémie: mais, les régles sont aujourd'hui plus strictes avec le port du masque et les gestes barrières.Une attente prudente, donc...Mais ne faut-il pas vacciner plus rapidement et plus massivement? La campagne dans les maisons de repos début de façon plus intense cette semaine. Mardi, le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, confirme que"tout est prêt et annonce la vaccination dans 81 maisons de repos en Wallonie et 51 à Bruxelles". "Ce 4 janvier, on devrait recevoir un peu plus de 87 000 doses pour pouvoir vacciner l'équivalent de 40000 personnes cette semaine", préxise la ministre wallonne Christie Morreale.Des voix s'élèvent, timides encore comparativement au tollé français, pour regretter un rythme moins important qu'en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis - pour ne citer que ces pays. Dimanche, l'épidémiologiste Yves Coppiters (ULB) a jeté un pavé dans la mare: "Les données de la seconde vague confirment que le nombre de décès attribués au Covid est bien correct. La Belgique détient toujours le record du nombre de décès par million d'habitants. Reste à expliquer pourquoi? Et il est donc urgent de vacciner vite et en très grand nombre!"La cheffe de file CDH à la Chambre, Catherine Fonck, a déjà exprimé son regret d'une certaine lenteur belge, à l'instar de la France, et souligne: "Je tente de toutes les manières de faire bouger les lignes des gouvernements. Mais pas simple..." Christie Morreale, ministre wallonne de la Santé, souligne ce matin dans Le Soir: "Si on ramène le nombre de vaccinés à l'échelle de la Wallonie , on va deux fois plus vite qu'en Allemagne! Toutes les méthodes sont louables, mais on voit qu'il y a des ruptures de stock là-bas, ce qui va générer d'autres types de frustrations." Et de souligner: "On ne sortira pas du protocole décidé au niveau européen. La procédure est ultra-précise." En France, même le président Emmanuel Macron s'irrite toutefois d'une bureaucratisme trop tatillon.Eric Muraille, immunologiste à l'ULB, souligne aussi: "Nous n'avons pas le choix, nous dépendons aussi de l'approvisionnement en vaccins." Il rappelle que fin février, un demi-million de personnes devraient être vaccinées avec la première vague auprès des résidents et du personnel soignant des maisons de repos. Cinq ou six millions sont nécessaires pour atteidnre une forme d'immunté collective. La vaccination, dit-il, est bel et bien l'issue mais "ce n'est pas une solution magique, il faut prendre compte de la dimensions temps".Le début de cette année 2021 restera, qu'on l'aime ou pas, marquée par la présence du virus. Et les réponses aux questions clés seront souvent "à la normande": oui et non...