Le Collecti.e.f 8 maars appelle à la grève de toutes les femmes en Belgique, à l'occasion de la Journée internationale de lutte pour leurs droits. Pas de chance : cette année, le 8 mars tombe un dimanche... Faire grève et protester, un jour férié : quelle ironie ! Le collectif féministe a trouvé la parade : encourager les femmes à ne rien faire durant 48 heures, au lieu des 24 comme l'an dernier. Ni au boulot, ni à la maison. Et même si elles ne peuvent pas toutes se permettre de jeter l'éponge (pour rappel, l'écart salarial entre les femmes et les hommes en Belgique atteint 6 % et près de 43,5 % des femmes travaillent à temps partiel), que se ...

Le Collecti.e.f 8 maars appelle à la grève de toutes les femmes en Belgique, à l'occasion de la Journée internationale de lutte pour leurs droits. Pas de chance : cette année, le 8 mars tombe un dimanche... Faire grève et protester, un jour férié : quelle ironie ! Le collectif féministe a trouvé la parade : encourager les femmes à ne rien faire durant 48 heures, au lieu des 24 comme l'an dernier. Ni au boulot, ni à la maison. Et même si elles ne peuvent pas toutes se permettre de jeter l'éponge (pour rappel, l'écart salarial entre les femmes et les hommes en Belgique atteint 6 % et près de 43,5 % des femmes travaillent à temps partiel), que se passerait-t-il si le mouvement était réellement suivi ? Tomber malade durant ces 48 heures serait alors fortement déconseillé : un vrai capharnaüm dans les couloirs des hôpitaux, sans leurs 90 % d'infirmières ! Même une petite grippe aurait seulement une chance sur deux d'être soignée puisque 55 % des médecins généralistes sont des femmes. Les personnes âgées auraient intérêt à avoir la santé solide, vu que 97 % d'aides-soignantes seraient indisponibles. Puis, les patients trouveraient porte close auprès de quasi toutes les pharmacies, dénuées de 68% de leur main-d'oeuvre. Un coup de mou ? Un dos bloqué ? Passez plus tard : seuls 35 % des kinés et 12 % des psys sont des hommes. En cas de couac, pas question non plus de compter sur les assurances, la moitié de leurs agents étant en réalité des agentes. Dans les tribunaux, plus de 40 % des clients ne seraient pas défendus et, de toute façon, les magistrates (majoritaires) seraient absentes. Les administrations devraient fermer, les bureaux tourneraient à 30 % de leurs capacités, les patrons devraient survivre sans leurs secrétaires. Pour leur progéniture, les parents devraient trouver une autre solution que les crèches et les écoles. Même en secondaire, où 67 % des classes seraient vidées de leurs enseignantes. Ils devraient faire eux-mêmes les courses, mais les supermarchés seraient à moitié déserts, puisque 50 % des femmes en garnissent les rayons. Plus que 25 % de caissiers, plus que 33 % de vendeurs, plus que 50 % de commerçants. Le plan B du restaurant serait à bannir : 60 % des plats ne seraient pas servis. " Nettoyer, balayer, astiquer ", les hommes devraient s'y coller puisque leurs femmes (ou mères) n'assumeraient plus les 75 % des charges familiales, elles qui, d'habitude, consacrent presque 1 h 30 de plus aux tâches ménagères. Après avoir préparé à manger, géré les devoirs avec les enfants et fait tourner la machine à laver, grève du sexe oblige, ces messieurs ne pourraient pas espérer une récompense sur l'oreiller. Pour oublier leurs malheurs, ils ne pourraient même pas partir en city trip. Les avions pourraient voler, ça oui : les femmes pilotes restent des exceptions. Par contre, très peu pourraient décoller, sans leurs 71 % d'hôtesses de l'air. La Belgique compte 51 % de femmes pour 49 % d'hommes. Les associations féministes scandent que " si les femmes arrêtent de travailler, c'est le monde qui arrête de tourner ". Au mieux, il ne tournerait plus qu'à moitié. Et si, pendant 48 heures, elles prouvaient que l'expression est loin d'être un euphémisme ? Par Emma Mestriner (stagiaire).