En 2016, chaque Belge a produit 418 kilos de déchets ménagers, selon Eurostat. Parmi ceux-ci, environ 40 % sont des biodéchets, soit alimentaires (restes de repas, invendus... ) soit " verts " (feuilles, tontes de pelouse...). Plus intensément peuplée que les autres régions du pays, Bruxelles doit naturellement gérer davantage de détritus. A l'heure actuelle, 47 kilos de biodéchets y sont collectés par an et par habitant, d'après le rapport " Potentiel des bio-déchets collectables en Région de Bruxelles-Capitale ". Ceux-ci peuvent être valorisés de deux manières : le compostage, destiné à nourrir les terres agricoles, et la biométhanisation, processus de transformation de la matiè...

En 2016, chaque Belge a produit 418 kilos de déchets ménagers, selon Eurostat. Parmi ceux-ci, environ 40 % sont des biodéchets, soit alimentaires (restes de repas, invendus... ) soit " verts " (feuilles, tontes de pelouse...). Plus intensément peuplée que les autres régions du pays, Bruxelles doit naturellement gérer davantage de détritus. A l'heure actuelle, 47 kilos de biodéchets y sont collectés par an et par habitant, d'après le rapport " Potentiel des bio-déchets collectables en Région de Bruxelles-Capitale ". Ceux-ci peuvent être valorisés de deux manières : le compostage, destiné à nourrir les terres agricoles, et la biométhanisation, processus de transformation de la matière organique en biogaz destiné à produire de l'énergie. Une enquête de Bruxelles Environnement estime que seuls 17 % des Bruxellois, soit un peu moins de 200 000 personnes, pratiquent une forme de compostage. Et si, sur le principe, la production de biogaz est séduisante, la construction des infrastructures nécessaires n'est pas rentable. " Sans subvention, cela ne fonctionne pas ", résume Stephan Kampelmann, chercheur en économie circulaire et métabolisme urbain. En outre, de telles usines sont loin de faire l'unanimité, pour des questions de pollution olfactive mais aussi de dévalorisation de l'immobilier dans les quartiers concernés. Alors, où en est la capitale ? Depuis 2002, une plateforme de compostage existe à Forest mais elle est décriée par certains, notamment en raison des odeurs qui en émanent. En 2014, le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale avait par ailleurs inscrit à son programme la création d'un centre de biométhanisation. Une ambition qui n'a finalement pas dépassé le stade de projet. En attendant, les déchets sont toujours acheminés vers une usine de Ypres. Pourtant, Bruxelles risque d'avoir rapidement besoin de la sienne : si on y récupère aujourd'hui entre 9 000 et 10 000 tonnes de déchets organiques par an, les chiffres risquent d'exploser dès 2023, lorsque tous les habitants seront contraints de trier leurs détritus biodégradables - actuellement, ce tri-là se fait sur base volontaire. Et si les déchets organiques de la capitale étaient mieux valorisés ? " La collecte annuelle de 30 000 tonnes de biodéchets permettrait de produire 890 kilowatts d'électricité, 923 kilowatts de chaleur ou 218 normo mètres cubes de biométhane ", affirme Stephan Kampelmann. Des quantités dérisoires quand on sait que la consommation moyenne d'un ménage bruxellois est d'environ 2 036 kilowattheure par an. Mais la stratégie aurait le mérite d'utiliser nos ordures plutôt que de les incinérer. Outre l'énergie produite, une valorisation optimale des déchets organiques permettrait d'obtenir plus de compost, or Bruxelles en aura besoin ! En effet, le gouvernement régional souhaite que, d'ici à 2035, 30 % des fruits et légumes consommés dans les dix-neuf communes soient cultivés sur le territoire de la région ou dans sa périphérie. Mais pour y parvenir, la solution miracle n'existe pas. " Tout est lié. On ne peut pas avancer sur la gestion des déchets sans aborder celles de l'énergie, de l'agriculture, du comportement des ménages et de l'urbanisme. Et ça, c'est compliqué puisque les processus politiques tendent à compartimenter les choses ", conclut Stephan Kampelmann. Pourtant, à en croire l'expert, " si on ne recycle pas nos déchets alimentaires, on n'aura rien à manger. Pas demain, mais dans 50 ans. "