Spa, début mars 2016. Dans les salles lumineuses de l'hôtel Radisson Blu Palace, une cinquantaine de personnes, représentant les douze groupes de travail rivés à l'élaboration du Pacte pour un enseignement d'excellence, s'activent. Vissés à leurs écrans, les consultants de McKinsey publient à tour de bras graphiques et tableaux. A la fin du séminaire, ils ont tapissé tout un mur de Post-It reprenant les propositions avancées et les ont classées en fonction de leur coût, leur efficacité et leur impact sur l'inégalité dans les classes. "C'était bluffant", lâche Bernard De Vos, le délégué général aux droits de l'enfant, qui préside l'un des groupes de travail. Ces "men in black", comme on les appelle ici, sont d'une efficacité redoutable. D'une rapidité déconcertante. Ils ne participent ni aux groupes de travail ni au Groupe central, sorte d'état-major du Pacte composé de membres du cabinet de l'Enseignement, de l'administration, des pouvoirs organisateurs, des associations de parents, des syndicats et copiloté par Laurence Weerts, représentante de la ministre, et Frédéric Delcor, secrétaire général du ministère de la Communauté française. Ils n'en sont pas moins omniprésents.
...