En mai 2018, le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration de l'époque, Theo Francken (N-VA), avait obtenu le feu vert du kern pour permettre cet enfermement dans des unités familiales aménagées dans une extension du centre 127 bis à Steenokkerzeel.

Le Conseil d'État a suspendu jeudi l'exécution de certaines dispositions de l'arrêté royal qui détermine les règles de fonctionnement de ces installations. Il motive cette décision notamment par les nuisances sonores dues à la proximité de l'aéroport auxquelles sont exposés les enfants enfermés.

"Les motivations peuvent paraître faibles mais il fallait trouver un nouvel élément pour interdire l'enfermement des enfants", pointe Bernard De Vos. Une décision similaire a déjà été prise dans un dossier du même genre en France, relève-t-il. "C'est tout de même dommage de toujours devoir passer par des artifices pour empêcher cela."

Pour le Délégué général aux droits de l'Enfant, une telle problématique ne devrait plus se poser avant quelques années étant donné les permis nécessaires pour réaliser ailleurs des aménagements similaires au centre fermé 127 bis ou pour construire une nouvelle structure.

Des alternatives existent, rappelle-t-il au gouvernement fédéral, citant les maisons de retour qui sont un succès à ses yeux. Environ 30% des familles qui y ont été placées ont effectivement quitté le territoire et une proportion similaire en a été libérée car il existait encore des possibilités juridiques les concernant, explique-t-il.

Enfin, 30% ont disparu dans la nature. "Si on investissait les moyens injectés dans le centre fermé dans les maisons de retour, ce pourcentage diminuerait sûrement", conclut Bernard De Vos.