Forcément extérieur à l'establishment politique. Mieux qu'un rempart, un remède miracle aux extrêmes, " une alternative ouverte, progressiste et tolérante " à opposer aux discours populistes du Vlaams Belang comme du PVDA (le PTB version flamande), le tout dans " un mouvement qui laisse la place à la participation citoyenne ". Rien que ça.
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Forcément extérieur à l'establishment politique. Mieux qu'un rempart, un remède miracle aux extrêmes, " une alternative ouverte, progressiste et tolérante " à opposer aux discours populistes du Vlaams Belang comme du PVDA (le PTB version flamande), le tout dans " un mouvement qui laisse la place à la participation citoyenne ". Rien que ça. Mais quelle est donc cette voix, au nord du pays, qui soudain s'est élevée, en début d'année, pour prétendre casser les codes et oser la rupture ? C'est celle du président de Febelfin, la fédération professionnelle des banques, qui fut auparavant la voix du petit patronat flamand à la tête de l'Unizo, celle de Karel Van Eetvelt, 53 ans, un temps pressenti à la présidence du CD&V avant de décliner pour s'être heurté, dit-il, " à trop de murs et de conservatisme " et qui annonce réorienter (encore) sa carrière en prenant, le 1er avril prochain, les rênes du Sporting d'Anderlecht. L'homme aime décidément surprendre. Il a des fourmis dans les jambes et quelques idées bien arrêtées dans la tête : " Enterrons le primat du politique. Maintenant, immédiatement. Nous avons besoin de plus de participation et de moins de particratie ", a-t-il assené au quotidien De Morgen en lui confiant ses ambitions. A part enfoncer des portes ouvertes, Karel Van Eetvelt entretenait le mystère. Sur les gens qu'il sonde, sur le programme du futur mouvement, sur son slogan, sur une éventuelle participation à de prochaines élections. Mais il promet à celles et ceux qui rallieront son panache qu'ils ne seront pas traités comme des perroquets (sic) mais comme des individus capables de penser par eux-mêmes. Pour un pavé dans la mare, il n'a guère fait de vagues. Sur les réseaux sociaux, on a soufflé le chaud et surtout le froid. Le patron des patrons banquiers qui plaide pour une révolution citoyenne, ça passe modérément la rampe. Un produit de l'establishment qui déclare la guerre à l'establishment, ça demande un peu de crédibilité. Les quelques analystes et experts invités à commenter la nouvelle n'y décèlent, à ce stade, rien d'ébouriffant. Rien de plus que du " marketing politique ", a tranché Mark Elchardus, sociologue à la VUB. Rien de plus que la sortie médiatique d'une incarnation de cette élite que les populistes raffolent de prendre pour cible. Voilà qui fleure bon le Macron. Un " En marche " à la flamande. Sauf que le truc de l'homme nouveau, providentiel, au-dessus des luttes partisanes, la France a déjà donné et donne encore en fournissant surtout des gilets jaunes et une contestation sociale d'enfer. L'épopée macronienne ou comment passer, ponctue Frederik Dhondt, un spécialiste en relations internationales (VUB - université d'Anvers), " d'un mouvement citoyen à la déception citoyenne ".Pas vraiment ce dont a besoin un paysage électoral flamand que l'on dit à la veille d'un grand bouleversement et prêt à se jeter plus que jamais dans les bras de la droite décentrée portée par le tandem Vlaams Belang et N-VA. La Macronie au plat pays, c'est pas gagné. De quoi sans doute refroidir le futur patron au royaume du ballon rond de se lancer dans cette compétition-là. Et méchamment lucide avec ça.