L'ULB est une université singulière, où rien ne se passe jamais comme ailleurs. Les débats y sont souvent vifs, exacerbés et les positions tranchées. La sociologie particulière de Bruxelles, métissée et diverse, enrichit ce forum ou le pollue parfois.

Cette fois, c'est la liberté d'expression, pourtant au coeur de la philosophie du libre examen, qui est remise en cause. Tout part d'une indignation matinale de la philosophe Nadia Geerts, sur la Première: l'Union Syndicale Etudiante, une section étudiante et autonome des jeunes FGTB, et le Cercle Féministe de l'ULB souhaitent empêcher la tenue d'une conférence organisée ce jeudi soir, dont le thème est : "Charlie Hebdo: cinq ans après - La liberté d'expression, c'est fini?!". Deux membres du journal satirique, le rédacteur en chef Gérard Biard et la DRH, Marika Bret, doivent y participer.

Dans le communiqué dénonçant cette conférence, qui se moquent du fait que cette conférence se fait sous protection et que l'on devra montrer sa carte d'identité, ses contradicteurs soulignent : "Charlie Hebdo a rejoint depuis longtemps les rangs des réactionnaires de tout poil dans leur dénonciation des "nouveaux censeurs". Ce sont les mêmes qui défendent une "laïcité" à la française, islamophobe, méprisante du droit de chacun·e à disposer de son corps. Charlie Hebdo participe ainsi à la censure des minorités en les empêchant d'élever leurs voix. Alors si c'est ça "être Charlie", en 2020, nous ne le sommes clairement pas ! L'ULB se rend honteusement complice de ces réactionnaires.'

Nadia Geerts, porte-drapeau de la laïcité combattante, s'indignait ce matin sur les ondes de la Première : "Alors même que je lisais le dernier livre de Riss sur l'attentat de Charlie-Hebdo, je suis tombée sur ce communiqué. Je vois une indécence incroyable dans le fait de feindre ou d'oublier pourquoi, aujourd'hui, il faut être protégé quand on s'appelle Charlie-Hebdo ou quand on aborde à l'ULB des questions sensibles - souvenons-nous quand même de Caroline Fourest chahutée en 2010 de façon extrêmement violente, également par des étudiants de l'ULB."

Nadia Geerts ajoute : "Cela m'a étranglée de lire que Charlie-Hebdo aurait une pensée réactionnaire. Est-ce de la méconnaissance de leurs publications ou alors, plus grave, est-ce dénoncer le seul crime de Charlie-Hebdo qui serait d'être homme, blanc, hétéro, bourgeois et tant pour Voltaire, Rousseau... tous ceux qui nous ont aidé à faire naître les Lumières et leurs valeurs."

Son indignation a rencontré pas mal d'échos sur les réseaux sociaux. Cinq ans après les attentats de Paris, la cause de la liberté d'expression reste à défendre, inlassablement. Le Centre d'ation laïque a réagi: "Nous sommes fiers de co-organiser ce débat avec l'ULB et de défendre cette liberté fondamentale qu'est la liberté d'expression."

L'ULB a fini par réagir par la voix de son recteur, Yves Englert: en organisant cette conférence, "l'ULB préserve et promeut des espaces de rencontre, de débat et de contradiction sur des enjeux aussi essentiels que la liberté d'expression. On ne peut que s'en réjouir. C'est dans le débat respectueux que la société citoyenne lutte contre les ténèbres."

L'ULB est une université singulière, où rien ne se passe jamais comme ailleurs. Les débats y sont souvent vifs, exacerbés et les positions tranchées. La sociologie particulière de Bruxelles, métissée et diverse, enrichit ce forum ou le pollue parfois.Cette fois, c'est la liberté d'expression, pourtant au coeur de la philosophie du libre examen, qui est remise en cause. Tout part d'une indignation matinale de la philosophe Nadia Geerts, sur la Première: l'Union Syndicale Etudiante, une section étudiante et autonome des jeunes FGTB, et le Cercle Féministe de l'ULB souhaitent empêcher la tenue d'une conférence organisée ce jeudi soir, dont le thème est : "Charlie Hebdo: cinq ans après - La liberté d'expression, c'est fini?!". Deux membres du journal satirique, le rédacteur en chef Gérard Biard et la DRH, Marika Bret, doivent y participer.Dans le communiqué dénonçant cette conférence, qui se moquent du fait que cette conférence se fait sous protection et que l'on devra montrer sa carte d'identité, ses contradicteurs soulignent : "Charlie Hebdo a rejoint depuis longtemps les rangs des réactionnaires de tout poil dans leur dénonciation des "nouveaux censeurs". Ce sont les mêmes qui défendent une "laïcité" à la française, islamophobe, méprisante du droit de chacun·e à disposer de son corps. Charlie Hebdo participe ainsi à la censure des minorités en les empêchant d'élever leurs voix. Alors si c'est ça "être Charlie", en 2020, nous ne le sommes clairement pas ! L'ULB se rend honteusement complice de ces réactionnaires.'Nadia Geerts, porte-drapeau de la laïcité combattante, s'indignait ce matin sur les ondes de la Première : "Alors même que je lisais le dernier livre de Riss sur l'attentat de Charlie-Hebdo, je suis tombée sur ce communiqué. Je vois une indécence incroyable dans le fait de feindre ou d'oublier pourquoi, aujourd'hui, il faut être protégé quand on s'appelle Charlie-Hebdo ou quand on aborde à l'ULB des questions sensibles - souvenons-nous quand même de Caroline Fourest chahutée en 2010 de façon extrêmement violente, également par des étudiants de l'ULB."Nadia Geerts ajoute : "Cela m'a étranglée de lire que Charlie-Hebdo aurait une pensée réactionnaire. Est-ce de la méconnaissance de leurs publications ou alors, plus grave, est-ce dénoncer le seul crime de Charlie-Hebdo qui serait d'être homme, blanc, hétéro, bourgeois et tant pour Voltaire, Rousseau... tous ceux qui nous ont aidé à faire naître les Lumières et leurs valeurs."Son indignation a rencontré pas mal d'échos sur les réseaux sociaux. Cinq ans après les attentats de Paris, la cause de la liberté d'expression reste à défendre, inlassablement. Le Centre d'ation laïque a réagi: "Nous sommes fiers de co-organiser ce débat avec l'ULB et de défendre cette liberté fondamentale qu'est la liberté d'expression."L'ULB a fini par réagir par la voix de son recteur, Yves Englert: en organisant cette conférence, "l'ULB préserve et promeut des espaces de rencontre, de débat et de contradiction sur des enjeux aussi essentiels que la liberté d'expression. On ne peut que s'en réjouir. C'est dans le débat respectueux que la société citoyenne lutte contre les ténèbres."