Le bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette, a tenu une conférence de presse, ce dimanche, en compagnie de la police locale de Charleroi et du gouverneur du Hainaut, Tommy Leclercq. Tous ont tenu à faire la distinction entre les "gilets jaunes" qui manifestent pacifiquement et la centaine de casseurs qui ont infiltré leurs rangs dans le seul but de commettre des dégradations. Du mobilier urbain a été saccagé, de même que des vitres de l'hôtel de ville et du palais de Justice. Des abribus et des horodateurs ont été détruits, ce qui a mobilisé les services communaux ce dimanche, afin de réparer au plus vite les dégâts causés. Des pavés et des barres de fer ont également été lancés sur les policiers.

"Au total, 27 personnes ont fait l'objet d'une arrestation, dont 5 judiciaires", explique Paul Magnette. "Nous avons d'ores et déjà analysé les profils de ces personnes qui sont très jeunes (entre 18 et 28 ans) et connues de la Justice pour 80% d'entre eux, principalement pour des faits de stupéfiants. La moitié d'entre eux sont originaires de Charleroi alors que les autres viennent des provinces de Liège et de Namur, ou d'autres villes du Hainaut. Ils sont clairement ici pour semer le trouble. Nous ne pouvons tolérer qu'on s'attaque à Charleroi et à ses habitants. Voilà pourquoi les effectifs seront renforcés ce dimanche soir."

Ainsi, 5 pelotons de 36 policiers se déploieront aux quatre coins de la ville afin d'empêcher aux bandes de se former. "Il s'agit d'un phénomène de guérilla urbaine, avec des petits groupuscules qui se disséminent dans la métropole, ce qui complexifie les interventions", poursuit Philippe Stratsaert, chef de la zone de police de Charleroi. "Nous avons toutefois arrêté un casseur sur cinq, ce qui est important. Nous analysons leurs profils mais également les images filmées par les caméras urbaines, notamment, afin d'identifier un maximum de personnes. Nous voulons également sensibiliser le parquet et les juges d'instruction afin qu'une réponse sévère soit apportée aux auteurs de tels faits".