"Totalement inadmissible"

Le ministre de l'Intérieur Pieter De Crem a qualifié les émeutes du week-end à Anderlecht de "totalement inadmissibles". Il a indiqué dimanche soir sur VTM Nieuws que ces émeutes n'avaient rien à voir avec les mesures contre le coronavirus et rien non plus avec le décès d'un jeune homme de 19 ans vendredi. Les émeutiers ont abusé de cet évènement dramatique pour "créer des troubles", a-t-il souligné.

Samedi et dans la nuit de samedi à dimanche, des émeutes ont éclaté à Anderlecht après la mort, vendredi soir, d'un jeune homme qui avait pris la fuite face à un contrôle de police. Dans divers endroits de la commune, des rassemblements et des confrontations avec la police ont eu lieu. Au total, une centaine d'individus ont été arrêtés. "C'est totalement inadmissible", a déclaré le ministre de l'Intérieur sur VTM Nieuws. " Cette attitude n'a rien à voir avec le deuil ou le chagrin." Selon lui, "personne n'a de compréhension" pour les émeutiers et ce qui s'est déroulé à Anderlecht.

Remise en cause de la police

Le secrétaire d'État bruxellois Pascal Smet (one.brussels-sp.a) s'est interrogé dimanche, dans un post sur sa page Facebook personnelle, sur la poursuite policière qui a conduit à la mort d'un jeune homme d'Anderlecht de 19 ans. Cet incident a donné lieu à de graves émeutes ce week-end.

"Adil, je ne crois pas l'avoir jamais rencontré. Mais les gens qui l'ont connu disent que c'était un garçon sympathique, serviable et maintenant sans avenir. Non pas à cause du coronavirus, mais à cause d'un contrôle de police hors de contrôle. Je suis sûr qu'il y a des questions à poser à ce sujet. Pourquoi a-t-il échappé à ce contrôle de police ? Était-ce la priorité absolue ce soir-là ? N'aurait-il pas pu être traité différemment ? N'aurait-il pas pu venir chez lui le lendemain et lui rappeler sa responsabilité ? Mais, malgré toutes leurs discussions sur la proximité, ils ne connaissaient probablement pas son nom. Toutes questions auxquelles la police elle-même et le tribunal doivent apporter de vraies réponses. Pas nous", commençait Smet dans son texte. Il condamne les émeutes, mais souligne en même temps que ce n'est pas la première fois que cela se produit à Anderlecht. "Et quand des dizaines de jeunes se retournent contre la police comme ça, il se passe autre chose. Un abus de confiance. La distance. Malentendu. Et même la haine pure et simple. Des deux côtés. Parce que c'est là qu'ils se trouvent à Cureghem. Dans les camps. Et ces émeutes ne sont-elles pas plutôt un appel à l'attention pour certains ? N'est-il pas temps de briser ce cercle vicieux ?"

Le secrétaire d'État bruxellois suggère de faire plus d'efforts en matière de dialogue et de coopération avec les délégués syndicaux de quartier et les travailleurs de rue. "À Anderlecht, mais aussi dans d'autres communes et dans la région, ils doivent vraiment se creuser la tête et se demander : qu'allons-nous vraiment faire ? La seule réponse est la structure, la proximité (les policiers de proximité connaissent "leurs" camarades), un travail axé sur les résultats et surtout un dialogue permanent, l'implication, l'espoir et l'appréciation des gens".

Le syndicat de police VSOA réagit avec colère. Ils reprochent surtout à Smet de porter un jugement sur les actions de la police, sans être au courant de ce qui s'y passait. "Ne devriez-vous pas vous abstenir de faire des commentaires ? (...) Vous feriez mieux de défendre la police de la Région de Bruxelles-Capitale, qui fait son travail chaque jour de toutes ses forces, à savoir veiller au respect des lignes directrices dans le cadre de cette crise de la couronne. Une crise qui a déjà coûté la vie à plus de 3 600 personnes".

Adil, je ne pense pas l’avoir déjà rencontré. Mais ceux qui l’ont connu disent qu’il était un jeune homme amical et...

Geplaatst door Pascal Smet op Zondag 12 april 2020
Le ministre de l'Intérieur Pieter De Crem a qualifié les émeutes du week-end à Anderlecht de "totalement inadmissibles". Il a indiqué dimanche soir sur VTM Nieuws que ces émeutes n'avaient rien à voir avec les mesures contre le coronavirus et rien non plus avec le décès d'un jeune homme de 19 ans vendredi. Les émeutiers ont abusé de cet évènement dramatique pour "créer des troubles", a-t-il souligné.Samedi et dans la nuit de samedi à dimanche, des émeutes ont éclaté à Anderlecht après la mort, vendredi soir, d'un jeune homme qui avait pris la fuite face à un contrôle de police. Dans divers endroits de la commune, des rassemblements et des confrontations avec la police ont eu lieu. Au total, une centaine d'individus ont été arrêtés. "C'est totalement inadmissible", a déclaré le ministre de l'Intérieur sur VTM Nieuws. " Cette attitude n'a rien à voir avec le deuil ou le chagrin." Selon lui, "personne n'a de compréhension" pour les émeutiers et ce qui s'est déroulé à Anderlecht. Le secrétaire d'État bruxellois Pascal Smet (one.brussels-sp.a) s'est interrogé dimanche, dans un post sur sa page Facebook personnelle, sur la poursuite policière qui a conduit à la mort d'un jeune homme d'Anderlecht de 19 ans. Cet incident a donné lieu à de graves émeutes ce week-end. "Adil, je ne crois pas l'avoir jamais rencontré. Mais les gens qui l'ont connu disent que c'était un garçon sympathique, serviable et maintenant sans avenir. Non pas à cause du coronavirus, mais à cause d'un contrôle de police hors de contrôle. Je suis sûr qu'il y a des questions à poser à ce sujet. Pourquoi a-t-il échappé à ce contrôle de police ? Était-ce la priorité absolue ce soir-là ? N'aurait-il pas pu être traité différemment ? N'aurait-il pas pu venir chez lui le lendemain et lui rappeler sa responsabilité ? Mais, malgré toutes leurs discussions sur la proximité, ils ne connaissaient probablement pas son nom. Toutes questions auxquelles la police elle-même et le tribunal doivent apporter de vraies réponses. Pas nous", commençait Smet dans son texte. Il condamne les émeutes, mais souligne en même temps que ce n'est pas la première fois que cela se produit à Anderlecht. "Et quand des dizaines de jeunes se retournent contre la police comme ça, il se passe autre chose. Un abus de confiance. La distance. Malentendu. Et même la haine pure et simple. Des deux côtés. Parce que c'est là qu'ils se trouvent à Cureghem. Dans les camps. Et ces émeutes ne sont-elles pas plutôt un appel à l'attention pour certains ? N'est-il pas temps de briser ce cercle vicieux ?" Le secrétaire d'État bruxellois suggère de faire plus d'efforts en matière de dialogue et de coopération avec les délégués syndicaux de quartier et les travailleurs de rue. "À Anderlecht, mais aussi dans d'autres communes et dans la région, ils doivent vraiment se creuser la tête et se demander : qu'allons-nous vraiment faire ? La seule réponse est la structure, la proximité (les policiers de proximité connaissent "leurs" camarades), un travail axé sur les résultats et surtout un dialogue permanent, l'implication, l'espoir et l'appréciation des gens". Le syndicat de police VSOA réagit avec colère. Ils reprochent surtout à Smet de porter un jugement sur les actions de la police, sans être au courant de ce qui s'y passait. "Ne devriez-vous pas vous abstenir de faire des commentaires ? (...) Vous feriez mieux de défendre la police de la Région de Bruxelles-Capitale, qui fait son travail chaque jour de toutes ses forces, à savoir veiller au respect des lignes directrices dans le cadre de cette crise de la couronne. Une crise qui a déjà coûté la vie à plus de 3 600 personnes".