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Le ton. Ça ne pouvait pas être une révolution. Pas avec un Jean-Marc Nollet actif au sein du parti depuis 1994. Puis il avait déjà assuré l'intérim avec Zakia Khattabi durant onze mois, après que l'ancien coprésident d'Ecolo Patrick Dupriez ait décidé de se retirer. Alors rien d'étonnant à ce que personne ne sente vraiment souffler le vent d'un puissant changement. Même avec l'arrivée de la coprésidente bruxelloise Rajae Maouane, que l'on affirme dotée d'un fort tempérament mais qui peine encore à se/le faire connaître. D'autant plus à côté d'un vieux de la veille, peu connu pour son sens du partage. " Mais non, elle n'est pas dans son ombre. Elle a pris le lead de la communication pour la Saint-Valentrain ! " Voilà, quoi. Le fond. Ecolo n'a guère besoin de révolution car celle-ci fut menée en son temps par Zakia Khattabi, suite à la défaite électorale de 2014. " Les verts perdent en 4 et gagnent en 9 ", dit l'adage, qui s'est effectivement confirmé au scrutin de 2019. Pas autant que le parti l'aurait espéré, mais suffisamment pour que la " note stratégique 2019-2024 " des deux coprésidents s'inscrive dans la continuité. Résumé : volonté de faire d'Ecolo un " parti central ", la " seule position susceptible d'engager des réformes basculantes " pour répondre " à l'urgence écologique et sociale ". Les verts veulent donc remporter les élections 2024, devenir le premier parti à Bruxelles, participer tant que possible aux gouvernements, conquérir de nouveaux électeurs, " contaminer culturellement " la société. En se centrant sur ses thématiques ancestrales (l'environnement, le climat et la nature, particulièrement chère à Jean-Marc Nollet) et en élargissant à d'autres (l'égalité des genres, la justice, l'enseignement...). Dans le viseur, treize publics-cibles : des environnementalistes aux navetteurs en passant par les personnes issues de l'immigration, les mamans solo, les féministes ou encore les défenseurs du terroir. Les institutions. Elles évoluent, mais moins par volonté coprésidentielle que par conséquence électorale. Il y a forcément plus de monde, désormais, aux bureaux de parti. Et comme les caisses sont à nouveau pleines, les embauches turbinent. Dont celle de Mohssin El Gharbi, nouveau directeur politique choisi par Jean-Marc Nollet. Avec Rajae Maouane, ils entendent par ailleurs relancer des commissions (groupes de travail entre parlementaires, service d'étude et société civile) et poursuivre les Ecolabs lancés à l'initiative de Zakia Khattabi, " outils de dialogue " avec la société civile. Les tensions. Même si Rajae Maouane se rend aussi en audience chez le roi, les négociations avec les autres partis restent l'apanage de l'expérimenté Jean-Marc Nollet. Pas vraiment un consensuel. Paul Magnette et lui se sont bien trouvés, Georges-Louis Bouchez et lui discutent sans s'apprécier. En interne, Rajae Maouane, nouvelle en politique, n'est pas encore suffisamment connue pour déranger. Et Jean-Marc Nollet est apprécié comme un enfant prodigue enfin de retour, dont la supériorité fascine autant qu'elle irrite.