On connaissait - un peu - Els Ampe échevine libérale flamande à Bruxelles-Ville ou active au parlement. Fin de l'année dernière, on l'a vue partir à la conquête de son parti, l'Open VLD, en outsider avec des accents féministes pour dénoncer un combat 'machiste' entre l'ancien ministre Bart Tommelein et le chef de groupe à la Chambre, Egbert Lachaert. Le scrutin a été reporté en raison de la crise du coronavirus et aura finalement lieu à distance - verdict fin mai.
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On connaissait - un peu - Els Ampe échevine libérale flamande à Bruxelles-Ville ou active au parlement. Fin de l'année dernière, on l'a vue partir à la conquête de son parti, l'Open VLD, en outsider avec des accents féministes pour dénoncer un combat 'machiste' entre l'ancien ministre Bart Tommelein et le chef de groupe à la Chambre, Egbert Lachaert. Le scrutin a été reporté en raison de la crise du coronavirus et aura finalement lieu à distance - verdict fin mai.Pour doper sa campagne interne, campagne, Els Ampe a décidé de passer à la vitesse supérieure en cette période de crise du coronavirus, quitte à passer aux yeux de certains du côté obscur de la force. Le 14 avril, elle surprend tout le monde en postant une vidéo assez décalée dans laquelle elle interpelle la Première ministre, Sophie Wilmès (MR, libérale comme elle) : "Chère Première, cela fait un petit temps que l'on ne vous a pas vue alors que le pays traverse une grave crise. Trouvez-vous normal que des gens sortent et fassent la file pour acheter une glace alors que d'autres ne peuvent pas travailler ? Arrêtez ces vacances lockdown !". Elle insiste sur l'importance du port du masque, incite Wilmès à montrer son leadership et cite en guise d'exemple... Léopold Lippens, bourgmestre de Knokke, jamais avare d'une prise de position tranchée.Les réactions sont plutôt ironiques. Deux jours plus tard, dans une autre vidéo, elle pousse un nouveau coup de gueule contre le manque de tests en Belgique. Tout en menant une série de Facebook live.Le 26 avril, dans une nouvelle vidéo au style désarmant, Els Ampe s'adresse à nouveau à Sophie Wilmès : "Les Belges n'en peuvent plus. Les cafés courent à la catastrophe et les magasins aussi. L'expert Marc Van Ranst a pourtant dit qu''à partir du 15 mai, plus aucun Belge ne mourra du corona. Il n'y a aucun raison objective pour laisser les jeunes et les personnes saines à la maison en juin." Et elle lâche cette phrase : " Stop the lockdown dictatuur".Deux jours plus tard, mardi 28 avril, la candidate libérale reprend ce mot d'ordre de la "dictature du lockdoown" en interpellant cette fois directement sa collègue de parti, la ministre de la Santé Maggie De Block. Qui réplique : "C'est criminel" de tenir un tel langage qui risque d'inciter les citoyens à ne plus respecter les mesures de confinement. Marc Van Ranst, lui, parle d'une "propagande nocive". Les vidéos d'Els Ampe sont désormais vues des dizaines de milliers de fois. Et ses propos, l'air de rien percolent dans l'opinion publique. "Quand on défend ses opinions, on ne se fait pas toujours des amis, réplique la chevalière Ampe. Ce sont les experts qui sont criminels quand ils affirment que le port du masque n'est pas indispensable." Perfide, l'ancien ministre bruxellois Guy Vanhengel, collègue de parti d'Els Ampe, dépose sous sa dernière vidéo un lien vers un article Wikipedia au sujet du "Dunning-Kruger effect" : il s'agit d'un phénomène psychologique par lequel des personnes incompétentes surestime leurs capacités". La presse flamande, pour sa part, parie déjà sur la fin de la carrière politique de cette météorite qui a soudain pris des accents trumpiens.