Quels sont les objectifs du gouvernement bruxellois en matière de réduction de l'emprise automobile sur l'espace public ?
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Quels sont les objectifs du gouvernement bruxellois en matière de réduction de l'emprise automobile sur l'espace public ? Si on parvient à convaincre 20 % des automobilistes de venir à Bruxelles autrement, en offrant des alternatives fiables et confortables à la voiture individuelle, on annule les embouteillages. Ceux qui n'ont pas d'alternative y gagneront un trafic plus fluide. Si tout le monde a une place légitime dans le trafic, tout le monde est gagnant. Ma priorité est que nous puissions bouger librement et en toute sécurité. Comment faire ? Mes prédécesseurs ont investi massivement dans le transport public et on va continuer à le faire. La Stib est déjà performante. Le vélo a également le vent en poupe. Surtout quand on constate que deux tiers des déplacements intrabruxellois concernent une distance de moins de 5 km : une distance idéale pour le vélo. Or, en comparaison de villes similaires en taille, le vélo est beaucoup moins utilisé à Bruxelles. On va donc investir dans des infrastructures sécurisées pour les cyclistes. Veiller à ce qu'ils aient une place dans l'espace public favorisera le shift modal. Actuellement, 70 % de l'espace public est construit pour la voiture individuelle, alors que pour le vélo, c'est 2 %. On va faire en sorte qu'il y ait un espace légitime pour tous les modes de déplacement. Quelle place occupe dans votre politique le Plan régional de mobilité Good Move qui a précédé votre prise de fonction ministérielle ? Ce n'est pas mon plan ou celui de mon prédécesseur, c'est celui des Bruxellois. C'est un processus de coconstruction sous la forme d'une enquête publique à laquelle plus de 8 000 personnes ont réagi. Après l'analyse de ces réactions, nous rédigeons une deuxième version du plan qui sera approuvée par le gouvernement dans les semaines à venir. Good Move constitue la colonne vertébrale de notre action. Tout ce qui est décidé et élaboré l'est dans l'esprit du Plan régional de mobilité. Good Move entend rationaliser le trafic de transit et créer des mailles de circulation apaisée. De quoi s'agit-il ? De zones d'un diamètre de 1 à 2,5 km autour d'un quartier, où on privilégie la marche et le vélo pour les trajets locaux et les transports publics pour les connexions entre les quartiers et avec le reste de la Région. Le trafic de transit y est par contre fortement découragé. Je viens de lancer un appel aux communes pour en créer cinq par an pendant dix ans, la durée prévue de Good Move. On a déjà refait un quartier dans cet esprit, à la place Fernand Cocq, à Ixelles, en aménageant une zone 30 et un espace verdurisé. Gand, qui a réduit la pollution de l'air de 18 % et le trafic de transit de 30 %, sert d'exemple. Même les petits commerçants, qui avaient des craintes lors du lancement du plan gantois de circulation, ont pu voir l'impact positif sur leur activité. Les piétons et les cyclistes sont généralement de meilleurs clients pour le commerce local. Ils s'arrêtent plus facilement.