"Françoise Pigeolet est une vraie Maca ! Son attachement à sa commune et à l'humain n'est pas un mensonge. Je suis ravie de la voir enfin tirer la liste... Elle mérite cette place. Total respect pour son engagement et la femme qu'elle est. " Que de fleurs pour la bourgmestre faisant fonction depuis 2014 à la place d'un certain Charles Michel alors propulsé Premier ministre ! La couronne n'est pourtant pas tressée par une groupie MR mais par sa farouche concurrente PS, Kyriaki Michelis... Elle aussi tête de liste depuis que Stéphane Crusnière s'est effacé de la vie politique locale après sa récente nomination à la tête de la Régie communale de Wavre... avec le soutien de la majorité MR. Là, vous vous dites : n'y aurait-il pas anguille sous roche de la Dyle entre MR et PS en vue de la prochaine législature ? La nouvelle locomotive socialiste réfute : " Le PS n'a d'accord pré-électoral avec aucun parti. "
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"Françoise Pigeolet est une vraie Maca ! Son attachement à sa commune et à l'humain n'est pas un mensonge. Je suis ravie de la voir enfin tirer la liste... Elle mérite cette place. Total respect pour son engagement et la femme qu'elle est. " Que de fleurs pour la bourgmestre faisant fonction depuis 2014 à la place d'un certain Charles Michel alors propulsé Premier ministre ! La couronne n'est pourtant pas tressée par une groupie MR mais par sa farouche concurrente PS, Kyriaki Michelis... Elle aussi tête de liste depuis que Stéphane Crusnière s'est effacé de la vie politique locale après sa récente nomination à la tête de la Régie communale de Wavre... avec le soutien de la majorité MR. Là, vous vous dites : n'y aurait-il pas anguille sous roche de la Dyle entre MR et PS en vue de la prochaine législature ? La nouvelle locomotive socialiste réfute : " Le PS n'a d'accord pré-électoral avec aucun parti. " D'ailleurs, dès que la trentenaire PS cible les ratés du bloc majoritaire MR (20 sièges sur 31), toute tendresse s'évapore. " Cette majorité n'a pas la culture de la participation citoyenne, et Wavre souffre d'un manque criant de consultations et de débats, tant avec les citoyens qu'avec le secteur associatif, notamment sur la redynamisation du commerce et les projets urbanistiques importants. " D'où son appel et celui du CDH Benoît Thoreau, tête de liste CH+ (Challenge humaniste +), à la mise en place d'une commission consultative d'aménagement du territoire et de la mobilité, comme partout ailleurs en Brabant wallon. DéFI, sans élu jusqu'ici, pointe le même déficit d'association des citoyens à la réflexion et à la décision. " Le collège préfère gérer les choses dans son coin, entre MR, sur la base d'avis de coûteuses sociétés de consultance extérieures ", canonne Luc D'Hondt, tête de liste du parti amarante. Fossé avec les citoyens ? La bourgmestre s'étonne et place même la participation citoyenne dans ses réalisations. " Nous voulons susciter cet engagement des Wavriens et connaître leurs attentes et besoins. Des ateliers citoyens intégrant commerçants, riverains, associations... ont été créés dans le cadre des grands projets en cours comme le réaménagement de l'espace centre-ville et "promenade". Nous sommes aussi la première commune du Brabant wallon à proposer une plateforme numérique de participation citoyenne, Fluicity, pour moderniser la vie démocratique de notre ville. " Certes. Mais des initiatives limitées et apparues tardivement, alors que s'amplifiait le mécontentement d'habitants sur la gestion et des initiatives unilatérales de la majorité absolue MR. Comme le plan de mobilité et de réaménagement du centre-ville, mal accueilli ; comme un projet de vignoble dans un lotissement, sévèrement rejeté ; ou encore le projet privé d'une tour-hôtel de 120 mètres de hauteur, soutenu par le bloc libéral, mais retoqué par la Région et sommé de redescendre de quelques étages. Sans oublier le contournement nord de Wavre ressenti comme " imposé sans concertation ". Le sujet mène au noeud gordien de l'urbanisme moderne : la mobilité, le défi majeur et toujours irrésolu de Wavre, qui pourrait relativiser la vraie réussite marquante à l'actif de l'équipe Pigeolet, et saluée par ses adversaires (sauf Ecolo) : le superbe hall culturel polyvalent qui sera inauguré au printemps 2019. " Baptisé La Sucrerie, ce nouveau pôle aux espaces modulaires et à la technologie avancée abritera une bibliothèque toute neuve mais, surtout, une salle polyvalente de 1 400 places debout et 830 places assises. Cela nous permettra un rayonnement bien au-delà de Wavre par l'accueil de spectacles culturels de grande envergure et d'événements économiques comme des congrès, foires, salons... ", savoure la bourgmestre. Mais qui dit centre attractif dit affluence et problème accru de mobilité, de parkings, etc. Alors que Wavre est encore bien loin d'avoir résolu ce casse-tête. Un plan communal de mobilité existe, voté en... mai 2018 ! Mais " inachevé et incomplet. Chiffres et véritable calendrier d'actions font défaut ", juge la socialiste Kyriaki Michelis. Luc D'Hondt, de DéFI, voit aussi dans le nouveau hall culturel " l'exemple type de la méthode MR qui n'envisage jamais une réalisation sous l'angle de l'impact global sur la ville et ses citoyens. Disons que Wavre est un saucisson. Ils ne voient que les tranches qu'ils peuvent en faire, pas le saucisson en entier. " L'Ecolo Christophe Lejeune tempête aussi contre " une majorité qui préfère l'accessoire et le coûteux à l'essentiel. Le prestige au service à la population. Les sociétés qui imposent des projets et la privatisation du service public (gestion des marchés, parkings, etc.) au détriment de la démocratie. " Et lui aussi inscrit comme " priorité des priorités une mobilité de confort et de sécurité pour tous ". Sur ce sujet, DéFI et CH+ partagent le projet de remodeler l'infrastructure ferroviaire qui traverse Wavre : supprimer les huit passages à niveaux et enfouir la voie ferrée dans sa section du centre-ville. Plutôt que de recourir à une passerelle en projet pour relier la zone du château de l'Hermitage et du futur hall culturel, la piscine olympique, la tour-hôtel avec le centre-ville... L'opposition ne peut compter que sur les urnes pour inverser la vapeur et réduire la majorité MR (absolue) au pouvoir depuis trente ans ! Un pari ardu. Incapables de fusionner leurs forces en une liste dont chacun revendique la tête, les partis d'opposition envisagent pourtant le scrutin d'octobre comme une fenêtre de tir électoral favorable pour affaiblir le MR. Ni Charles Michel (qui ne figurera pas sur la liste), ni la présidente du CPAS Nathalie Demortier, ni d'autres figures MR ne pèseront cette fois, tandis que s'accentue le ras-le-bol d'une partie des Wavriens face à la lenteur des évolutions et leur frustration de ne pas pouvoir peser plus sur les choix. Alors, ce bilan sera-t-il suffisant pour que les Wavriens reconduisent le mode de gouvernance MR plutôt que de redistribuer les tartes ? Pardon, les cartes... Par Fernand Letist et Christophe Leroy.