Même si l'annonce de la reconduction de la tripartite (Ecolo-Avenir-PS) ne fut pas vraiment une surprise, Bénédicte Kaisin, la cheffe de file d'OLLN 2.0 (MR) ne décolère pas. Il faut dire que le coup est rude pour les libéraux qui, en 2012, avaient obtenu 34 % des suffrages, ce qui en faisait la première force politique. Ils ont pourtant été maintenus dans l'opposition par l'Alliance citoyenne au pouvoir depuis 2000. " Cette Alliance n'a de citoyenne que le nom. Ce préaccord va renforcer la défiance envers le politique car les gens vont se demander à quoi ça sert d'aller voter ", déplore Bénédicte Kaisin, pour qui cette reconduction annoncée serait avant tout une question de carrière politique pour certains, au détriment de l'intérêt du citoyen ou du projet de ville.
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Même si l'annonce de la reconduction de la tripartite (Ecolo-Avenir-PS) ne fut pas vraiment une surprise, Bénédicte Kaisin, la cheffe de file d'OLLN 2.0 (MR) ne décolère pas. Il faut dire que le coup est rude pour les libéraux qui, en 2012, avaient obtenu 34 % des suffrages, ce qui en faisait la première force politique. Ils ont pourtant été maintenus dans l'opposition par l'Alliance citoyenne au pouvoir depuis 2000. " Cette Alliance n'a de citoyenne que le nom. Ce préaccord va renforcer la défiance envers le politique car les gens vont se demander à quoi ça sert d'aller voter ", déplore Bénédicte Kaisin, pour qui cette reconduction annoncée serait avant tout une question de carrière politique pour certains, au détriment de l'intérêt du citoyen ou du projet de ville. Si Ecolo, PS et CDH ont toujours envie de travailler ensemble, chacun partira pourtant de son côté devant l'électeur. Et à condition que le rapport de force entre ses trois composantes ne change pas (dix sièges pour Ecolo, cinq pour Avenir et quatre pour le PS), c'est l'actuelle échevine Julie Chantry, tête de liste Ecolo, qui deviendrait la première femme élue bourgmestre à Ottignies-Louvain-la-Neuve. Elle succéderait à Jean-Luc Roland, qui termine son troisième mandat. Pour l'écologiste en charge notamment de l'environnement, l'aménagement du territoire comme l'accès au logement restent des priorités tout à fait d'actualité, comme en 2012. Pour permettre à certaines familles de devenir propriétaires, sans devoir pour autant acheter le terrain sur lequel construire leur maison, la Ville vient d'ailleurs de créer un Community Land Trust. La candidate insiste aussi sur une densification harmonieuse autour des centres urbains et ferroviaires afin d'assurer aux citoyens un cadre de vie convivial, pourvu d'espaces verts et d'équipements collectifs comme dans le cadre de l'aménagement de la place du Centre à Ottignies ou à travers la création d'un écoquartier à Lauzelle. Parmi ses regrets, il y a sans conteste la gestion du projet d'agrandissement du centre commercial L'Esplanade, contre lequel les habitants se sont massivement prononcés. " Cela a été un moment compliqué à gérer ", admet Julie Chantry. " Nous avions l'intention d'organiser une consultation de la population, mais nous avons été pris de vitesse par la population elle-même. De notre côté, nous avons manqué de proactivité sur ce dossier. " Après cette expérience difficile, la commune a décidé d'élaborer un SOL (schéma d'orientation local) qui doit lui donner une vue d'ensemble pour cette zone et, surtout, sur ce qu'il y a lieu d'y implanter, à travers un vaste processus participatif impliquant tous les acteurs concernés : l'université, les habitants, les commerçants, les promoteurs de projets et divers experts. " Mais il est clair qu'on aurait pu entamer de telles démarches plus tôt. C'est un regret, il met en lumière une vraie demande de la population de pouvoir s'exprimer et, jusqu'ici, on ne l'a pas assez fait. C'est aussi, selon moi, un des gros enjeux à venir, la nécessité de mettre une série d'outils à la disposition du citoyen pour qu'il puisse s'exprimer plus souvent. " La candidate veut coûte que coûte maintenir la qualité de vie de la commune. En 2014, selon l'Iweps, Ottignies - Louvain-la-Neuve était la commune wallonne qui présentait l'indice des conditions de bien-être le plus élevé. " Une belle reconnaissance qui mettait en avant toute l'action menée ces dernières années en matière d'équipements, de services ou d'emploi, par exemple. " Un succès qui a son revers, comme l'admet la socialiste Annie Galban-Leclef : " Ottignies est une commune où il fait bon vivre grâce aux nombreux services qu'elle propose : culturels, scolaires, sportifs, etc. Cela draine du monde, mais le gros souci devient la mobilité. Ce sera sans aucun doute, à côté de l'accès au logement et de l'aménagement du territoire, le gros dossier à venir pour la prochaine législature. " Cédric du Monceau, chef de file de la liste Avenir, pointe aussi cette urgence. " Nous n'avons pas suffisamment anticipé les problèmes de mobilité ", convient-il. " Certes, quelque dix millions d'euros seront investis pour améliorer les connexions de la N 25 à la E411 et du parking RER à la E411 mais, au-delà de ces améliorations d'infrastructure, il va falloir fortement améliorer la gestion des parkings, la connexion interquartier, en particulier le soir, de façon à éviter que, à Louvain-la-Neuve et Ottignies, les gens soient obligés de prendre leur voiture. Il faut aussi mettre en place et intensifier toutes les méthodes de covoiturage et améliorer les pistes cyclables, en particulier celles du bois des Rêves qui relient Louvain-la-Neuve à Ottignies. " Le premier échevin se félicite par ailleurs que la Ville dispose enfin, et pour la première fois, d'un masterplan pour la gare d'Ottignies élaboré en partenariat avec la SNCB. " Cela n'avait jamais été fait auparavant pour cette gare qui est un scandale et malheureusement une vitrine honteuse pour la Wallonie. " De leur côté, les libéraux veulent surtout revoir le rythme des projets urbanistiques qui, selon eux, ne tiennent pas toujours compte des besoins de la population. " Aujourd'hui, ce sont les promoteurs qui dictent les priorités ", affirme Bénédicte Kaisin. " Avec un bourgmestre Ecolo, on n'a jamais autant construit à Ottignies. C'est le paradoxe. Il faut raisonner en matière de capacité d'accueil des nouveaux habitants, en refusant les projets déraisonnables. On s'oppose à toute transformation excessive de la commune qui la métamorphoserait en banlieue de Bruxelles. " La cheffe de file de l'opposition dénonce aussi une commune de plus en plus bicéphale entre Ottignies et Louvain-la-Neuve. " Si ces deux entités ont chacune leur identité, il ne faut pas que l'une soit privilégiée par rapport à l'autre. On doit continuer à développer les deux centres, en maintenant leurs plus-values respectives. Mais ces derniers temps, beaucoup de citoyens ont le sentiment que tout est fait pour Louvain-la-Neuve au détriment d'Ottignies. "