Depuis 2012, l'Eglise catholique a mis en place dix points de contact pour que les personnes qui le souhaitent puissent signaler les abus sexuels dans une relation pastorale. Cette année, ces points de contact ont recensé en tout 59 plaintes. Un nombre en constante évolution, puisque le rapport pour les années 2018 2019 dénombrait 68 plaintes et seulement 8 plaintes pour les années 2016-2017. Une augmentation de signalement s'expliquant, selon le rapport, par "l'engagement répété de l'Eglise à offrir des mesures de réparation". Le rapport parle bien de "mesure de réparation" puisque la majorité des cas dénoncés sont aujourd'hui prescrits ou parce que les personnes incriminées sont aujourd'hui décédées.

Des paroles longues à se libérer

Seulement 11 signalements faits cette année ont été transmis à la justice. Ce chiffre, qui peut paraître bas, s'explique en fait par le temps mis par les victimes à oser témoigner. En effet, plus de la moitié des plaintes (61 %) concernent des agressions survenues il y a plus de trente ans et 31 %, il y a plus de 40 ans. Les plaintes ayant permis d'identifier l'agresseur révèlent que plus de la moitié de ces derniers (54 %) étaient déjà décédés au moment de la plainte. Un long temps de parole qui explique l'âge des plaignants, 45 victimes ont témoigné alors qu'elles avaient plus de 40 ans, 16 plus de 60 ans.

Cependant, on note que la parole commence à se libérer. Cinq des victimes s'étant rendues dans un point de contact avaient moins de 20 ans au moment de la plainte, dont 3 étaient encore mineures. Neuf victimes avaient entre 20 et 40 ans lorsqu'elles ont rapporté les faits.

Des abus majoritairement sur mineurs

Sur les 59 plaintes recensées, plus de 70 % concernent des mineurs. 35 victimes avaient moins de 18 ans au moment de l'abus et 8 moins de 10 ans. La majorité des actes se sont déroulés dans une paroisse ou dans une école. Six des victimes rapportent avoir été agressées alors qu'elles assister le prêtre en tant que son acolyte.

Plusieurs types d'abus sexuels

Le rapport distingue les abus sexuels en plusieurs catégories, allant de "l'attentat à la pudeur sans violence" au "viol avec pénétration sexuelle quelle qu'en soit la nature ou le moyen, perpétré sur un mineur d'âge sans son consentement ou avec présomption de non-consentement si le mineur était âgé de moins de 16 ans au moment des 3 premiers faits". En tout, 20 plaintes ont été déposées pour viol. Mais le rapport note que 4 d'entre elles "vu leur gravité, leur longue durée ou les circonstances spéciales de l'abus sexuel doivent être considérées comme exceptionnelles". 37 plaintes ont été déposées pour attentats à la pudeur, dont 27 avec violence et/ou sur mineur.

Pour ces actes, l'Eglise a dédommagé les victimes le souhaitant, entre 1.000 euros et 25.000 euros. Pour l'heure, 22 personnes sur les 44 dossiers traités ont reçu leur dédommagement.

Mais, les victimes ont aussi d'autres demandes que des demandes financières, "Deux attentes reviennent le plus fréquemment: la demande d'un entretien comme forme de reconnaissance (42 sur 59) et la demande de médiation entre la victime et le responsable actuel de la congrégation ou du diocèse auquel appartenait l'abuseur décédé au moment des faits (20 sur 59)", nous apprend le rapport. Seulement 3 victimes ont souhaité rencontrer leur agresseur.

Le point d'info central est joignable au 02 507 05 93 ou via email: info.abus@catho.be pour les francophones et info.misbruik@kerknet.be pour les néerlandophones.

Marine Andrieu

Depuis 2012, l'Eglise catholique a mis en place dix points de contact pour que les personnes qui le souhaitent puissent signaler les abus sexuels dans une relation pastorale. Cette année, ces points de contact ont recensé en tout 59 plaintes. Un nombre en constante évolution, puisque le rapport pour les années 2018 2019 dénombrait 68 plaintes et seulement 8 plaintes pour les années 2016-2017. Une augmentation de signalement s'expliquant, selon le rapport, par "l'engagement répété de l'Eglise à offrir des mesures de réparation". Le rapport parle bien de "mesure de réparation" puisque la majorité des cas dénoncés sont aujourd'hui prescrits ou parce que les personnes incriminées sont aujourd'hui décédées.Des paroles longues à se libérerSeulement 11 signalements faits cette année ont été transmis à la justice. Ce chiffre, qui peut paraître bas, s'explique en fait par le temps mis par les victimes à oser témoigner. En effet, plus de la moitié des plaintes (61 %) concernent des agressions survenues il y a plus de trente ans et 31 %, il y a plus de 40 ans. Les plaintes ayant permis d'identifier l'agresseur révèlent que plus de la moitié de ces derniers (54 %) étaient déjà décédés au moment de la plainte. Un long temps de parole qui explique l'âge des plaignants, 45 victimes ont témoigné alors qu'elles avaient plus de 40 ans, 16 plus de 60 ans.Cependant, on note que la parole commence à se libérer. Cinq des victimes s'étant rendues dans un point de contact avaient moins de 20 ans au moment de la plainte, dont 3 étaient encore mineures. Neuf victimes avaient entre 20 et 40 ans lorsqu'elles ont rapporté les faits.Des abus majoritairement sur mineursSur les 59 plaintes recensées, plus de 70 % concernent des mineurs. 35 victimes avaient moins de 18 ans au moment de l'abus et 8 moins de 10 ans. La majorité des actes se sont déroulés dans une paroisse ou dans une école. Six des victimes rapportent avoir été agressées alors qu'elles assister le prêtre en tant que son acolyte.Plusieurs types d'abus sexuelsLe rapport distingue les abus sexuels en plusieurs catégories, allant de "l'attentat à la pudeur sans violence" au "viol avec pénétration sexuelle quelle qu'en soit la nature ou le moyen, perpétré sur un mineur d'âge sans son consentement ou avec présomption de non-consentement si le mineur était âgé de moins de 16 ans au moment des 3 premiers faits". En tout, 20 plaintes ont été déposées pour viol. Mais le rapport note que 4 d'entre elles "vu leur gravité, leur longue durée ou les circonstances spéciales de l'abus sexuel doivent être considérées comme exceptionnelles". 37 plaintes ont été déposées pour attentats à la pudeur, dont 27 avec violence et/ou sur mineur.Pour ces actes, l'Eglise a dédommagé les victimes le souhaitant, entre 1.000 euros et 25.000 euros. Pour l'heure, 22 personnes sur les 44 dossiers traités ont reçu leur dédommagement.Mais, les victimes ont aussi d'autres demandes que des demandes financières, "Deux attentes reviennent le plus fréquemment: la demande d'un entretien comme forme de reconnaissance (42 sur 59) et la demande de médiation entre la victime et le responsable actuel de la congrégation ou du diocèse auquel appartenait l'abuseur décédé au moment des faits (20 sur 59)", nous apprend le rapport. Seulement 3 victimes ont souhaité rencontrer leur agresseur.Le point d'info central est joignable au 02 507 05 93 ou via email: info.abus@catho.be pour les francophones et info.misbruik@kerknet.be pour les néerlandophones.Marine Andrieu