Le gouvernement fédéral a créé un congé parental corona, en vigueur du 1er mai au 30 septembre, qui permettait aux parents, ayant au moins un enfant de moins de 12 ans ou de moins 21 ans en cas de handicap de réduire leurs prestations, tout en bénéficiant d'une allocation d'interruption. Durant la crise, les parents belges ont dû en effet faire face à la fermeture des écoles, et parfois des crèches, les obligeant à s'occuper de leurs enfants durant les heures de travail.
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Le gouvernement fédéral a créé un congé parental corona, en vigueur du 1er mai au 30 septembre, qui permettait aux parents, ayant au moins un enfant de moins de 12 ans ou de moins 21 ans en cas de handicap de réduire leurs prestations, tout en bénéficiant d'une allocation d'interruption. Durant la crise, les parents belges ont dû en effet faire face à la fermeture des écoles, et parfois des crèches, les obligeant à s'occuper de leurs enfants durant les heures de travail. En tout, 68 992 personnes ont utilisé ce système. Cependant, si en mai 67% des parents qui l'ont demandé étaient des femmes, en septembre, ce chiffre a atteint les 75%. Cette proportion est un peu plus élevée que pour le congé parental. Depuis 2015, la proportion de femmes bénéficiant de ce congé parental était légèrement en baisse, à la faveur d'hommes le sollicitant. Le coronavirus renforce les rôles traditionnelsLe sociologue Ignace Glorieux estime qu'il s'agit là d'une évolution inquiétante. "La crise du coronavirus a été une situation unique où la garde des enfants est revenue à la charge de la famille nucléaire. On constate ce sont surtout les femmes qui s'occupent des enfants et que le coronavirus renforce les rôles traditionnels au lieu de les briser", déclare-t-il au quotidien De Morgen.Directrice adjointe de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes Liesbet Stevens, constate également que la pandémie de coronavirus a favorisé une répartition plus traditionnelle des rôles des parents. "On ne le voit pas qu'aux congés parentaux corona. C'est encore un peu tôt pour nous prononcer, mais nous avons l'impression qu'on le constate également à la position de la femme sur le marché du travail." L'Institut constate en effet qu'un nombre croissant de femmes enceintes s'inquiètent pour leur emploi. "Les femmes enceintes sont protégées contre le licenciement, mais en pratique c'est toujours la forme de discrimination au travail la plus fréquente qui nous est rapportée", explique Liesbet Stevens au Morgen.StéréotypesElle craint que première grosse vague de licenciements due à la crise du covid soit motivée en partie par des stéréotypes. Des femmes enceintes qui s'entendent dire qu'elles sont licenciées pour leur permettre de passer plus de temps avec leur enfant, par exemple "Certains employeurs partent du principe que l'homme est toujours le soutien de famille et que le salaire de la femme n'est qu'un extra. Mais dans le modèle à double revenu d'aujourd'hui, ce n'est plus la réalité. Cette évolution est inquiétante", conclut Stevens. En mai dernier, une étude de la VUB avait déjà relevé que le confinement n'avait fait que creuser les inégalités entre les hommes et les femmes. Les chercheurs avaient constaté que le confinement est plus stressant pour les femmes que pour les hommes. Les femmes consacrent en effet en moyenne une demi-heure de plus par jour aux travaux ménagers et à la garde des enfants.Une mesure concrète pour l'égalité Vendredi, le conseil des ministres a approuvé l'allongement du congé de naissance auquel ont droit les pères et les co-parents. Il passera de 10 jours à 15 jours pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2021, une mesure jugée "à la fois symbolique et très concrète pour l'égalité entre les femmes et les hommes" par le ministre de l'Emploi, Pierre-Yves Dermagne.