La culture n'a obtenu que des miettes, lors du Comité de concertation de vendredi. Et ses ministres de tutelle ont subi une défaite en rase campagne.
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La culture n'a obtenu que des miettes, lors du Comité de concertation de vendredi. Et ses ministres de tutelle ont subi une défaite en rase campagne. Bénédicte Linard (Ecolo), du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et Jan Jambon, au sein d'un gouvernement dont il est aussi le ministre-président (donc, présent au sein du Comité de concertation) n'ont pu convaincre du bien-fondé du plan qu'ils avaient minutieusement composé avec le secteur. Ils souhaitaient décrocher une réouverture moyennant un protocole strict, ils ont dû se résigner à quelques tests et à des promesses limitées en extérieur pour les mois de mai et juin, si les conditions sanitaires le permettent.Apparemment, c'est... la Flandre qui a freiné, dans un nouvel épisode qui révèle une double mainmise sur le Codeco."La culture est la solution à la crise, soulignait la ministre francophone avant le Comité de concertation. Je poursuis le travail pour faire en sorte qu'elle soit entendue, reconnue et qu'elle retrouve sa place dans notre société. Le plan qui a été déposé par le secteur doit être pris en compte." Invitée sur le plateau des JT, le soir de la réunion, elle devait bien reconnaître qu'elle n'avait pas été entendue. Ce Comité de concertation, disait-elle, est une "occasion manquée"."Effectivement, il avait été annoncé que le Codeco donnerait des perspectives au monde culturel et à l'événementiel, soulignait Bénédicte Linard, vendredi soir. Le secteur s'est fortement mobilisé pour mettre un plan sur la table qui a été soutenu entre autres par la ministre de la Culture. J'ai soutenu ce plan. C'est un plan qui est réaliste et durable. Des perspectives claires pour chaque mois et en ce qui concerne les mois d'été. Je pense qu'effectivement le travail qui a été mené n'a pas été respecté."Les observateurs politiques n'ont pas manqué de faire remarquer que Pierre-Yves Jeholet (MR), ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et Georges Gilkinet, vice-Premier ministre fédéral Ecolo, ont tous deux donné leur feu vert au compromis qui a finalement été entériné. Un désaveu d'Ecolo.D'autres font également remarquer que l'attitude d'Ecolo faisait soudain penser, étrangement, à celle du MR quand il dénonce les mesures prises pour les métiers de contact ou l'horeca. Cette posture libérale, comparée à la "participopposition" inventée par... les écologistes au début des années 200, a, chaque fois, été dénoncée par les écologistes.Bénédicte Linard rejette la faute sur son collègue, Jan Jambon: "Je m'étonne que le ministre Jambon, contrairement à ce qu'il avait indiqué, a proposé un report d'une partie du plan, a-t-elle insisté, tant à la télévision ce week-end que dans Le Soir ce lundi matin. Pour l'été, M. Jambon a préféré reporter la décision malgré le fait que tant le ministre Jeholet que Georges Gilkinet sont intervenus en faveur de ce plan."Ne se trouve-t-elle toutefois pas en porte-à-faux par rapport à la décision du Comité de concertation et à ses partenaires, PS et MR ? "Je ne le vois pas ainsi, dit-elle encore au Soir. Nous avons tout de même gagné certaines batailles dans ce Codeco et la FWB a obtenu certaines choses que nous portions : il y a des ouvertures pour le mois de juin et il est important de dire qu'il y aura a priori des activités culturelles en juin tant en extérieur qu'en intérieur." Peut-elle encore fonctionner comme ministre de la Culture ? "Je suis ministre de la Culture, je ne suis pas uniquement ministre de la gestion de la crise de la culture."Ce nouveau moment de tension est révélateur de ce que génére le Comité de concertation depuis le début de la crise, singulièrement depuis l'avènement du gouvernement De Croo: des compromis, dont les ficelles sont souvent tirées depuis la Flandre. La prédominance du duo De Croo- Vandenbroucke a souvent été soulignée, le double jeu de la N-VA (dans l'opposition fédérale) est désormais pointée du doigt.