Le jugement autorise la plaignante à suivre les cours coiffée de son foulard dès la rentrée. L'administratrice déléguée de GO!, Raymonda Verdyck, n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat. "Deux procédures sont toujours en cours. Nous attendons les verdicts avant d'en examiner les conséquences", a-t-elle indiqué. Mme Verdyck plaide néanmoins pour un débat de société plus large.

"Nous ne sommes pas le seul dispensateur d'enseignement à interdire le port de signes convictionnels", a-t-elle fait valoir, suggérant de mener la discussion conjointement avec les autres acteurs. Elle rappelle que l'interdiction ne s'applique pas qu'au voile, mais à tout signe convictionnel.

"Nous avions introduit cette mesure afin de pouvoir offrir un enseignement de qualité. Nous voulons que les jeunes puissent engager des discussions posées les uns avec les autres. A l'époque, il y avait beaucoup de problèmes dans nos écoles. En supprimant les symboles, nous avons pu rétablir le calme et mettre l'accent sur l'apprentissage du vivre ensemble", a-t-elle souligné.

La jeune fille qui a saisi la justice est scolarisée depuis 2013 à l'Athénée De Ring à Louvain. Elle a fait savoir qu'elle souhaitait poursuivre sa scolarité à l'Athénée, où elle doit rentrer en sixième secondaire lundi. La directrice générale de l'établissement n'a pas souhaité faire de commentaire. Dans le réseau d'enseignement catholique, il n'existe aucune interdiction générale, mais quelques écoles interdisent les couvre-chefs dans leur règlement.

Pour Unia, le Centre interfédéral pour l'égalité des chances, le réseau d'enseignement de la Communauté flamande (GO! ) ne peut négliger le jugement rendu mardi par un tribunal de Louvain, qui autorise une élève à porter le voile dans son école. "Il est temps de s'asseoir autour d'une table et de réfléchir à un plan constructif", réagit le centre.

"Déjà en 2014, le Conseil d'Etat l'avait levée dans deux écoles, estimant qu'elle n'était pas conciliable avec la liberté de culte", rappelle Unia. Le centre pour l'égalité des chances appelle la coupole de l'enseignement communautaire flamand à supprimer cette interdiction et à mener un débat de fond sur la diversité philosophique et religieuse. "En éludant le débat, on en vient systématiquement au conflit", affirme la directrice du centre, Els Keytsman. "Mieux vaut consacrer cette énergie à l'élaboration d'un cadre apportant des balises". Unia, qui propose son aide, a déjà accompagné plusieurs employeurs et organisations dans la gestion de la diversité religieuse.