Par l'Observatoire des Fondamentalismes à Bruxelles

La carte Blanche de Khadija Senhadji dans le Vif du 14/07/2021, intitulée "Ihsane Haouach et les Frères musulmans. Retour sur une paranoïa d'Etat " est très virulente, envers l'Etat, l'Observatoire des Fondamentalisme à Bruxelles, et envers le parti Ecolo.

L'Observatoire subit l'accusation confuse d'islamophobie, dont on ne sait jamais précisément ce qu'elle vise : la haine envers les musulmans, la peur d'une religion, ou la vigilance envers l'islamisme.

Cette confusion, Khadija Senhadji l'entretien tout au long de son texte.

Tandis que l'Observatoire ne s'en prend qu'aux fondamentalismes religieux, et tente de protéger les musulmans qui n'ont aucun goût pour l'islam politique, du prosélytisme et de la pression islamiste, l'autrice essaie de faire croire, sans aucune originalité, qu'en s'en prenant aux premiers, on s'en prend forcément à l'ensemble. Les islamistes ne procèdent pas autrement en se présentant sans cesse comme les représentants de tous, entretenant confusion entre islam et islamisme. L'Observatoire conteste cela.

Il n'a aucune ambition de nuire à qui que ce soit, il est dans son rôle et dans sa mission déclarée quand il met au jour les liens qu'entretiennent des élus avec des personnalités publiques qui, par leurs paroles ou actions, nourrissent l'islam politique.

L'autrice affirme que "la note de la sureté de l'Etat ne conclue à aucun lien avec les Frères Musulmans " . Or elle lui fait dire le contraire de ce qui est écrit : "précisément, Ihsane Haouach est connue du fait de ses contacts étroits avec les Frères Musulmans (...) elle entretient des liens d'amitié avec le leader de la branche belge des Frères Musulmans[1]"

Khadija Senhadji prétend que l'affaire Ihsane Haouach reflète la mécanique islamophobe et la paranoïa de l'Etat qui aurait été influencées par l'Observatoire . Elle écrit : "de simples suspicions ou rumeurs, fussent-elles dénuées de toute dimension factuelle, peuvent manifestement suffire à l'établissement d'une fiche de renseignement" comme si les renseignements de l'Etat pouvaient être influencés par les alertes, sur les réseaux sociaux, d'une jeune ASBL.

Le propos de Khadija Senhadji dépasse la simple dénégation des liens entre Ihsane Haouach et l'islam politique, il exprime une irritation particulière envers la neutralité qui serait selon elle anormalement "sacralisée". Pourtant la neutralité protège effectivement des excès des religions qui veulent imposer leur norme en lieu et place de la loi commune. C'est même une de ses raisons d'être.

Le rapport de la Sûreté de l'Etat n'est à cet égard par rassurant quand il souligne les liens entre la confrérie et la violence terroriste : "Le danger principal posé par les Frères Musulmans à court terme est qu'ils créent un climat de ségrégation et de polarisation qui peut à son tour constituer un terreau fertile pour une radicalisation (violente) plus grande". Il rappelle ses "ramifications planétaires" qui vise "sur le long terme l'islamisation progressive de la société européenne dans toutes ses composantes".

L'autrice déploie une grande énergie à dénoncer ce qu'elle juge être une "paranoïa d'Etat", à prétendre que dénoncer les actions des Frères Musulmans ne sont que parole raciste et islamophobe. Mais sur quelles bases ? Quels arguments apporte-elle pour en convaincre le lecteur ? Aucun.

L'Observatoire en propose sur son site et sur les réseaux sociaux qui mériteraient d'être discutés. Mais l'autrice élude ce débat.

La proximité de l'ex-commissaire avec les Frères Musulmans est attestée non pas uniquement par son apparence (le port d'un hijab règlementaire) et pas seulement par le rapport de la sûreté, mais aussi par ses propos quand elle suggère que le degré de neutralité est fonction de la démographie[2]. Cette obsession pour la démographie est d'ailleurs le point commun des identitaires aussi bien à l'extrême droite que chez les Frères. Le président turc Erdogan n'a-t-il pas lancé cet appel à la diaspora turque: "J'en appelle à mes frères et soeurs en Europe. Ne faites pas trois, mais cinq enfants, car vous êtes l'avenir de l'Europe."[3] Marwan Muhammad ex-président du CCIF n'a-t-il pas déclaré "Qui a le droit de dire que la France dans trente ou quarante ans ne sera pas un pays musulman ? [4]" .

Khadija Senhadji s'en prend également au parti Ecolo qui n'aurait pas sauvé comme il aurait dû "le soldat Haouach". De quoi accuse-t-elle le parti ? D'être "un parti blanc" et d'être soumis à son électorat blanc. Un coup dur pour un parti qui a revu toute sa communication pour se faire le meilleur défenseur de la diversité. Comment interpréter cette accusation racialiste ? N'est-ce pas là une parole raciste ?

Depuis le milieu des années 2000, des groupes de pression évoluent autour ou dans les partis pour faire monter les enchères d'un "vote musulman" en faisant pression sur les appareils politiques.

Le CCIB, dont Khadija Senhadji est membre, fait partie de ces groupes qui n'ont pas de conviction libérale, progressiste ou écologiste à défendre, et passent leur temps à faire du chantage : si vous n'acceptez pas les demandes d'accommodements que l'on vous demande, nous soutiendrons un autre parti. Un autre groupe BLEK interpelle un député SPa : "Tu dois faire jouer l'influence que tu as dans la politique. Si tu ne veux pas le faire, je t'invite à dire clairement que tu te désolidarise de la communauté."

Un conseiller communal, chef de groupe PS à Schaerbeek et militant du MRAX appelait à des sanctions électorales envers les partis Défi, MR et NVA suite à la démission de Ihsane Haouach: "Sanctions électorales à l'égard de Défi - MR - NVA !!!! Honte à ceux qui osent encore soutenir de près ou de loin des élus Défi ou MR. Indignez vous !!!! Pas de sentimentalisme car eux n'ont eu aucun égard ou retenue !!!"[5].

Dans ce texte Khadija Senhadji porte des accusations approximatives, diffame l'Observatoire, méprise les grandes fonctions de l'Etat. Elle se présente comme socio-anthropologue sans mentionner ses appartenances militantes au Collectif Contre l'Islamophobie en Belgique[6], jumeau belge du CCIF proche des Frères Musulmans, et à Bruxelles Panthères[7] adhérente de l'idéologie décoloniale.

Ecolo s'est-il aperçu de ce chantage dans ses rangs ? Ce n'est pas impossible. En nommant comme commissaire à l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes à la place de Ihsane Haouach, sa cheffe de cabinet Amélie Servotte, la secrétaire d'Etat Ecolo, Mme Schlitz veut sans doute avoir un contrôle plus direct sur cette fonction.

Cependant la nouvelle nommée est elle aussi très sensible aux thèses racialistes comme l'a montré sa participation à la carte blanche du collectif Kahina "Pour un féminisme antiraciste et décoloniale."

Le ver est dans le fruit, et l'Observatoire restera vigilant pour que ne s'installent pas aux coeurs des partis et de la vie démocratique, des agitateurs qui font le lit d'idéologies fondamentalistes et racistes.

[1] Rapport de la Sûreté de l'Etat sur Ihsane Haouach

[2] Fanny Declercq, "Je pensais que c'était un débat sur la neutralité, j'ai compris que c'est un débat qui a un fond raciste et sexiste", 03 juillet 2021, Le Soir; lCitation : "La discussion n'est pas : est-ce qu'on remet en cause la séparation de l'Eglise et de l'Etat ? C'est : comment la décline-t-on avec un changement démographique"

[3] Marie-Hélène Miauton, "Ne faites pas trois, mais cinq enfants!", 23 mars 2017, Le Temps;

[4] Elisabeth Shemla, "Islam, l'épreuve française", 2013, Plon

[5] C'est ainsi que le 9 juillet 2021, suite à la démission d'Ishane Haouach, Abobakre Bouhjar, conseiller communal, chef de groupe PS à Schaerbeek et

[6] Porte-parole du CCIB lors de la 4e Journée Internationale contre l'Islamophobie du 10 décembre 2017.

[7] Bruxelles Panthères, "Au coeur de l'impunité : les techniques policières d'interpellation", 01 juin 2021, site: joc.be;

Par l'Observatoire des Fondamentalismes à BruxellesLa carte Blanche de Khadija Senhadji dans le Vif du 14/07/2021, intitulée "Ihsane Haouach et les Frères musulmans. Retour sur une paranoïa d'Etat " est très virulente, envers l'Etat, l'Observatoire des Fondamentalisme à Bruxelles, et envers le parti Ecolo.L'Observatoire subit l'accusation confuse d'islamophobie, dont on ne sait jamais précisément ce qu'elle vise : la haine envers les musulmans, la peur d'une religion, ou la vigilance envers l'islamisme.Cette confusion, Khadija Senhadji l'entretien tout au long de son texte.Tandis que l'Observatoire ne s'en prend qu'aux fondamentalismes religieux, et tente de protéger les musulmans qui n'ont aucun goût pour l'islam politique, du prosélytisme et de la pression islamiste, l'autrice essaie de faire croire, sans aucune originalité, qu'en s'en prenant aux premiers, on s'en prend forcément à l'ensemble. Les islamistes ne procèdent pas autrement en se présentant sans cesse comme les représentants de tous, entretenant confusion entre islam et islamisme. L'Observatoire conteste cela. Il n'a aucune ambition de nuire à qui que ce soit, il est dans son rôle et dans sa mission déclarée quand il met au jour les liens qu'entretiennent des élus avec des personnalités publiques qui, par leurs paroles ou actions, nourrissent l'islam politique.L'autrice affirme que "la note de la sureté de l'Etat ne conclue à aucun lien avec les Frères Musulmans " . Or elle lui fait dire le contraire de ce qui est écrit : "précisément, Ihsane Haouach est connue du fait de ses contacts étroits avec les Frères Musulmans (...) elle entretient des liens d'amitié avec le leader de la branche belge des Frères Musulmans[1]"Khadija Senhadji prétend que l'affaire Ihsane Haouach reflète la mécanique islamophobe et la paranoïa de l'Etat qui aurait été influencées par l'Observatoire . Elle écrit : "de simples suspicions ou rumeurs, fussent-elles dénuées de toute dimension factuelle, peuvent manifestement suffire à l'établissement d'une fiche de renseignement" comme si les renseignements de l'Etat pouvaient être influencés par les alertes, sur les réseaux sociaux, d'une jeune ASBL. Le propos de Khadija Senhadji dépasse la simple dénégation des liens entre Ihsane Haouach et l'islam politique, il exprime une irritation particulière envers la neutralité qui serait selon elle anormalement "sacralisée". Pourtant la neutralité protège effectivement des excès des religions qui veulent imposer leur norme en lieu et place de la loi commune. C'est même une de ses raisons d'être. Le rapport de la Sûreté de l'Etat n'est à cet égard par rassurant quand il souligne les liens entre la confrérie et la violence terroriste : "Le danger principal posé par les Frères Musulmans à court terme est qu'ils créent un climat de ségrégation et de polarisation qui peut à son tour constituer un terreau fertile pour une radicalisation (violente) plus grande". Il rappelle ses "ramifications planétaires" qui vise "sur le long terme l'islamisation progressive de la société européenne dans toutes ses composantes".L'autrice déploie une grande énergie à dénoncer ce qu'elle juge être une "paranoïa d'Etat", à prétendre que dénoncer les actions des Frères Musulmans ne sont que parole raciste et islamophobe. Mais sur quelles bases ? Quels arguments apporte-elle pour en convaincre le lecteur ? Aucun.L'Observatoire en propose sur son site et sur les réseaux sociaux qui mériteraient d'être discutés. Mais l'autrice élude ce débat.La proximité de l'ex-commissaire avec les Frères Musulmans est attestée non pas uniquement par son apparence (le port d'un hijab règlementaire) et pas seulement par le rapport de la sûreté, mais aussi par ses propos quand elle suggère que le degré de neutralité est fonction de la démographie[2]. Cette obsession pour la démographie est d'ailleurs le point commun des identitaires aussi bien à l'extrême droite que chez les Frères. Le président turc Erdogan n'a-t-il pas lancé cet appel à la diaspora turque: "J'en appelle à mes frères et soeurs en Europe. Ne faites pas trois, mais cinq enfants, car vous êtes l'avenir de l'Europe."[3] Marwan Muhammad ex-président du CCIF n'a-t-il pas déclaré "Qui a le droit de dire que la France dans trente ou quarante ans ne sera pas un pays musulman ? [4]" .Khadija Senhadji s'en prend également au parti Ecolo qui n'aurait pas sauvé comme il aurait dû "le soldat Haouach". De quoi accuse-t-elle le parti ? D'être "un parti blanc" et d'être soumis à son électorat blanc. Un coup dur pour un parti qui a revu toute sa communication pour se faire le meilleur défenseur de la diversité. Comment interpréter cette accusation racialiste ? N'est-ce pas là une parole raciste ? Depuis le milieu des années 2000, des groupes de pression évoluent autour ou dans les partis pour faire monter les enchères d'un "vote musulman" en faisant pression sur les appareils politiques. Le CCIB, dont Khadija Senhadji est membre, fait partie de ces groupes qui n'ont pas de conviction libérale, progressiste ou écologiste à défendre, et passent leur temps à faire du chantage : si vous n'acceptez pas les demandes d'accommodements que l'on vous demande, nous soutiendrons un autre parti. Un autre groupe BLEK interpelle un député SPa : "Tu dois faire jouer l'influence que tu as dans la politique. Si tu ne veux pas le faire, je t'invite à dire clairement que tu te désolidarise de la communauté."Un conseiller communal, chef de groupe PS à Schaerbeek et militant du MRAX appelait à des sanctions électorales envers les partis Défi, MR et NVA suite à la démission de Ihsane Haouach: "Sanctions électorales à l'égard de Défi - MR - NVA !!!! Honte à ceux qui osent encore soutenir de près ou de loin des élus Défi ou MR. Indignez vous !!!! Pas de sentimentalisme car eux n'ont eu aucun égard ou retenue !!!"[5].Dans ce texte Khadija Senhadji porte des accusations approximatives, diffame l'Observatoire, méprise les grandes fonctions de l'Etat. Elle se présente comme socio-anthropologue sans mentionner ses appartenances militantes au Collectif Contre l'Islamophobie en Belgique[6], jumeau belge du CCIF proche des Frères Musulmans, et à Bruxelles Panthères[7] adhérente de l'idéologie décoloniale.Ecolo s'est-il aperçu de ce chantage dans ses rangs ? Ce n'est pas impossible. En nommant comme commissaire à l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes à la place de Ihsane Haouach, sa cheffe de cabinet Amélie Servotte, la secrétaire d'Etat Ecolo, Mme Schlitz veut sans doute avoir un contrôle plus direct sur cette fonction. Cependant la nouvelle nommée est elle aussi très sensible aux thèses racialistes comme l'a montré sa participation à la carte blanche du collectif Kahina "Pour un féminisme antiraciste et décoloniale."Le ver est dans le fruit, et l'Observatoire restera vigilant pour que ne s'installent pas aux coeurs des partis et de la vie démocratique, des agitateurs qui font le lit d'idéologies fondamentalistes et racistes.[1] Rapport de la Sûreté de l'Etat sur Ihsane Haouach[2] Fanny Declercq, "Je pensais que c'était un débat sur la neutralité, j'ai compris que c'est un débat qui a un fond raciste et sexiste", 03 juillet 2021, Le Soir; lCitation : "La discussion n'est pas : est-ce qu'on remet en cause la séparation de l'Eglise et de l'Etat ? C'est : comment la décline-t-on avec un changement démographique"[3] Marie-Hélène Miauton, "Ne faites pas trois, mais cinq enfants!", 23 mars 2017, Le Temps;[4] Elisabeth Shemla, "Islam, l'épreuve française", 2013, Plon[5] C'est ainsi que le 9 juillet 2021, suite à la démission d'Ishane Haouach, Abobakre Bouhjar, conseiller communal, chef de groupe PS à Schaerbeek et[6] Porte-parole du CCIB lors de la 4e Journée Internationale contre l'Islamophobie du 10 décembre 2017.[7] Bruxelles Panthères, "Au coeur de l'impunité : les techniques policières d'interpellation", 01 juin 2021, site: joc.be;