Une place qui lui offre une perspective réelle de siéger, après les élections du 26 mai prochain, au Parlement fédéral. Si Michael Freilich est relativement peu connu côté francophone, il a su s'imposer en Flandre comme porte-voix de la communauté juive, notamment grâce au poste de rédacteur en chef de la revue israélite Joods Actueel qu'il occupait depuis douze ans. A l'époque, Freilich écrivait dans les colonnes du Standaard que " si l'histoire venait à se répéter, avec Bart De Wever comme bourgmestre d'Anvers ", il aurait " de profondes inquiétudes pour le sort de ses concitoyens juifs ". Mais les choses ont changé : les d...

Une place qui lui offre une perspective réelle de siéger, après les élections du 26 mai prochain, au Parlement fédéral. Si Michael Freilich est relativement peu connu côté francophone, il a su s'imposer en Flandre comme porte-voix de la communauté juive, notamment grâce au poste de rédacteur en chef de la revue israélite Joods Actueel qu'il occupait depuis douze ans. A l'époque, Freilich écrivait dans les colonnes du Standaard que " si l'histoire venait à se répéter, avec Bart De Wever comme bourgmestre d'Anvers ", il aurait " de profondes inquiétudes pour le sort de ses concitoyens juifs ". Mais les choses ont changé : les deux hommes se sont rapprochés, notamment grâce aux mesures de sécurité adoptées par le mayeur anversois après l'attentat du Musée juif de Belgique, à Bruxelles, le 24 mai 2014. L'engagement de Michael Freilich à la N-VA n'a donc surpris personne, même s'il peut paraître paradoxal. Difficile en effet de ne pas penser aux déclarations controversées, à l'automne 2014, de Jan Jambon, alors vice-Premier ministre N-VA : " Les gens qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons. " Les propos de celui qui tire aujourd'hui la liste fédérale nationaliste à Anvers ne semblent pas troubler outre mesure la nouvelle recrue du parti. " On en a assez dit sur le rôle d'une partie du Mouvement flamand dans la collaboration ", assure Michael Freilich dans la Gazet van Antwerpen, précisant que Bart De Wever avait présenté ses excuses et admis qu'il s'agissait des pages les plus sombres du Mouvement flamand. Si ce chapitre ne semble plus, pour le moment, constituer un obstacle, d'autres sujets, plus actuels, pourraient semer la discorde. Depuis 2019, l'abattage des animaux sans étourdissement est interdit en Flandre, une mesure portée par le ministre flamand du bien-être animal, Ben Weyts (N-VA), et que Michael Freilich avait vigoureusement dénoncé en 2015 : " Le dernier à nous avoir imposé une telle interdiction, c'était Adolf Hitler ", avait-il lâché. Officiellement, les priorités du jeune candidat aux élections se portent toutefois sur d'autres domaines, à savoir le terrorisme, l'extrémisme, et la migration. C'est d'ailleurs, d'après ses dires, l'arrivée en Belgique de " milliers de Palestiniens de Gaza " qui l'a convaincu de rejoindre les rangs de la N-VA. Malencontreuse coïncidence : Jean-Marie Dedecker a, lui aussi, été recruté par les nationalistes flamands comme candidat indépendant pour pousser la liste à la Chambre en Flandre occidentale. Le même Dedecker que Joods Actueel avait traité d'" Uber-antisémite ", alors que l'ex-judoka avait qualifié Gaza de " plus grande prison à ciel ouvert au monde ", dénonçant " une tare pour notre conscience occidentale ". En rassemblant des voix diverses, symboliques, et parfois dissidentes, la N-VA espère augmenter ses chances de devenir le plus grand parti du peuple. Les dernières recrues pourraient bien lui permettre d'y parvenir. A moins que certaines contradictions ne viennent gâcher ce scénario rêvé.