Tous les éléments étaient réunis: le suspens, match après match remporté de cet évènement sportif tant attendu qui ne se tient que tous les 4 ans, ajouté à cette excitation et aux effusions de joie des victoires successives, le soleil qui brillait plus que d'ordinaire offrant de belles soirées dignes d'un vrai été. Le Belge, même le plus sceptique, s'est laissé emporter par l'euphorie, rêvant de plus en plus que son équipe nationale soulèverait le trophée le soir du 15 juillet.
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Tous les éléments étaient réunis: le suspens, match après match remporté de cet évènement sportif tant attendu qui ne se tient que tous les 4 ans, ajouté à cette excitation et aux effusions de joie des victoires successives, le soleil qui brillait plus que d'ordinaire offrant de belles soirées dignes d'un vrai été. Le Belge, même le plus sceptique, s'est laissé emporter par l'euphorie, rêvant de plus en plus que son équipe nationale soulèverait le trophée le soir du 15 juillet.Et puis, le coup dur de la défaite, en demi-finale, contre la France le soir de ce mardi 10 juillet. Et comme un mauvais présage, le soleil et la chaleur n'étaient plus de la partie. Fin de parcours, la fête est finie. Pour de nombreux supporters, la déprime ambiante s'ajoute au fatalisme et beaucoup de penser: "C'était maintenant ou jamais pour cette génération dorée", analyse le quotidien De Morgen.Pour l'EURO en 2020, la plupart des joueurs auront en effet atteint le sommet de leur carrière internationale et à l'horizon 2022 au Qatar, la moitié sera déjà bonne pour la pension. Alors, la Belgique ne gagnera-t-elle donc jamais une finale de Coupe du Monde ? Faudra-t-il encore attendre 30 ans pour revivre ces moments de joie intenses ? Voir aussi: Diables Rouges : la fête est finie (en images)Pas pour Werner Helsen physiologiste de l'effort à la KULeuven. L'expert en fitness qui collabore notamment avec l'UEFA et la FIFA ne croit pas à cette théorie et à cette idée fixe d'"une dernière chance à saisir". Premièrement, parce que cette génération de joueurs a encore de beaux jours devant elle, même s'il faut bien se rendre à l'évidence que de nombreux Diables Rouges de base ont déjà 30 ans ou s'en approchent. "Avant, on considérait qu'un sportif était au top entre 26 et 28 ans. Mais grâce à l'accompagnement actuel, l'âge est devenu une donnée toute relative. Il y aura bien sûr quelques joueurs qui raccrocheront après ce tournoi, mais la colonne vertébrale de cette équipe sera encore là un bout de temps", avance-t-il dans De Morgen.Les personnes qui ont suivi de près l'évolution des Diables ont par ailleurs bon espoir pour le futur. "Regardez les prestations de nos U17, U19, U21, ils n'ont pas encore atteint le niveau de l'équipe A mais on verra émerger de bons joueurs. Les réformes d'il y a 15 ans dans la politique du sport de haut- niveau vont encore donner leurs fruits." Dans 2 ou 4 ans, voire plus, cela pourrait donc nous réussir selon cet expert du milieu du football. Lire aussi: La belle histoire des DiablesEntretemps, la défaite si près du but est bien amère. Après la fierté de ce qui a été réalisé vient la déception totale pour de nombreux supporters. Et avec des "si", on refait le monde et encore plus un match de football de ce niveau. C'est un sentiment tout à fait justifié et il est normal de chercher les causes et même les coupables, expliquent les spécialistes du deuil, car il s'agit bien d'un deuil national par lequel la population enivrée par les Diables Rouages doit passer. Cependant, ce genre de processus de deuil ne dura pas longtemps dans de telles circonstances. Le sociologue du sport Jeroen Scheerder (KU Leuven) ajoute dans les colonnes du quotidien flamand que le Belge a la force d'être hyperréaliste : "Oui, c'est une grosse gueule de bois, mais dans quelques jours, nous aurons l'attention tournée vers autre chose, comme le Tour de France et les soucis du quotidien."Ce qui peut avoir un côté rassurant, mais aussi avoir un goût amer. Car cela veut-il dire qu'en remisant les drapeaux tricolores, nous refourguons par la même occasion toutes nos émotions au placard ? Que tout ce Mondial, en réalité, n'arrive pas à nous ébranler profondément ? "En quelque sorte", réplique le sociologue qui ne voit pas cela d'un air si négatif et trouve cela "très intéressant". "Toute cette expérience vécue en dit, en fait, bien plus sur le reste de nos vies que sur notre lien avec le Mondial. Nous avons, en tant que société, grandement besoin de ce genre d'événements extraordinaires, qui cassent la routine si prévisible de nos quotidiens." Que le football nous donne cette opportunité est très important. "Nous pouvons même nous mettre dans la peau de quelqu'un d'autre: l'homme d'affaires tiré à quatre épingles peut le temps d'une soirée s'habiller en Obélix tricolore excentrique et nous trouvons tous cela super. Il y a peu d'autres activités qui permettent cela", commente Scheerder. "C'est là la valeur sociétale la plus sous-estimée du football". Pour la société, le but est donc atteint. Mais que raconter alors aux plus petits, les mini-Kevin et mini-Eden souvent inconsolables face à la défaite de leurs idoles du ballon rond ? De Morgen a posé la question à un expert hollandais, nation qui avec trois finales et deux demi-finales est en effet rôdée à l'énorme déception de s'être approchée du trophée de très près sans pouvoir au final le soulever. "Eh bien, pleurnicher ne sert jamais à grand-chose", déclare le professeur Ad Vingerhoets de l'université de Tilburg, expert en émotions. "L'euphorie est fantastique, mais la gueule de bois arrive bien à un moment, elle y est lié. La plus grande consolation que l'on peut avoir c'est de se dire que la prochaine fois, on y arrivera peut-être. Nous espérons toujours d'ailleurs que les Pays-Bas participent encore un jour à une finale de grand tournoi", conclut-il en riant. Lire aussi: Les Diables nous ont réappris le panache