"Monsieur le Premier ministre, ce que je vais dire n'est pas dirigé contre vous personnellement, car j'ai beaucoup de respect pour vous ", lance l'ancien Premier ministre Elio Di Rupo après la déclaration gouvernementale de Charles Michel devant la Chambre. Ce qui suit est moins amical : Di Rupo esquisse sa vision de quatre années d'effondrement social continu sous le gouvernement Michel. "Les citoyens n'en peuvent plus de la politique, ils sont épuisés parce qu'ils ont dû endurer votre politique pendant quatre ans. La classe moyenne se désespère et s'appauvrit. En revanche, les entreprises font de plus en plus de p...

"Monsieur le Premier ministre, ce que je vais dire n'est pas dirigé contre vous personnellement, car j'ai beaucoup de respect pour vous ", lance l'ancien Premier ministre Elio Di Rupo après la déclaration gouvernementale de Charles Michel devant la Chambre. Ce qui suit est moins amical : Di Rupo esquisse sa vision de quatre années d'effondrement social continu sous le gouvernement Michel. "Les citoyens n'en peuvent plus de la politique, ils sont épuisés parce qu'ils ont dû endurer votre politique pendant quatre ans. La classe moyenne se désespère et s'appauvrit. En revanche, les entreprises font de plus en plus de profits."Les médicaments sont de plus en plus chers, les salaires stagnent et la création d'emplois par le gouvernement se résume à des emplois intérimaires et temporaires, affirme Di Rupo. Il reproche surtout le tax shift au Premier ministre Charles Michel, soutenu par une étude récente de la KUL qui a calculé que les familles les plus pauvres perdent au change." Votre gouvernement n'a fait qu'accroître les inégalités. Le risque de pauvreté a augmenté"."Votre ministre des Pensions remporte la victoire de la dégradation sociale. Le relèvement de l'âge de la retraite, la reconnaissance partielle des métiers pénibles, le rachat des années d'études, la retraite à temps partiel : la liste des atteintes aux droits de nos citoyens est longue".Le MR a réagi vivement: il pense qu'une véritable politique sociale a été menée ces dernières années. La croissance d'emploi a entraîné une augmentation du pouvoir d'achat, ce qui a également eu un effet positif évident en Wallonie. "Et nous avons réduit le prix de plus de 1 000 médicaments ", déclare Damien Thierry (MR).Rapidement, le Premier ministre Charles Michel a lui-même pris la parole. Le débat entre l'actuel et l'ancien Premier ministre s'est déroulé sur le fil du rasoir, le long de lignes de fracture idéologique évidentes. Mais surtout, Michel a accusé son prédécesseur de déformer la vérité d'une manière "populiste". "Vous avez décidé de nous faire la leçon en mentant. Suite à nos actions, le taux d'emploi a augmenté".Di Rupo a sorti une critique désormais classique de l'opposition : le gouvernement Michel aurait dû profiter beaucoup plus du vent économique favorable de ces dernières années. Par rapport aux pays voisins, la croissance belge a été modeste. "Ils ont dit : sans les socialistes, on verrait ce qu'on verrait, et la croissance économique connaîtrait un véritable boom. Il faut reconnaître que ça n'a pas été le cas."Il y a une bonne explication à cette croissance limitée, a rétorqué Michel. Grâce aux nombreux stabilisateurs économiques, la Belgique a beaucoup mieux surmonté la crise que nos pays voisins. Qui faiblit moins peut aussi croître moins.Wouter Beke, président du CD&V, s'est également mêlé à la discussion. Sous le gouvernement précédent, j'ai entendu beaucoup de caricatures de la part de l'opposition. J'entends maintenant les mêmes caricatures de l'opposition actuelle. 200 000 emplois créés : si j'étais président d'un parti socialiste, j'applaudirais tous ces gens qui travaillent maintenant.