Il rayonnait derrière les pompes, prenant la pose du barman pour la photo, tout sourire à l'heure d'immortaliser la réouverture du Leeuw van Vlaanderen, tout un symbole à la veille du 11 juillet, jour de fête nationale flamande. Filip Dewinter, député régional et plus encore sulfureuse figure du Vlaams Belang, n'était pas peu fier de faire savoir qu'il vole au secours de ce café iconique du mouvement nationaliste flamand dans ses penchants les pl...

Il rayonnait derrière les pompes, prenant la pose du barman pour la photo, tout sourire à l'heure d'immortaliser la réouverture du Leeuw van Vlaanderen, tout un symbole à la veille du 11 juillet, jour de fête nationale flamande. Filip Dewinter, député régional et plus encore sulfureuse figure du Vlaams Belang, n'était pas peu fier de faire savoir qu'il vole au secours de ce café iconique du mouvement nationaliste flamand dans ses penchants les plus extrêmes. Il en est devenu le modeste mais médiatique actionnaire avec cinq parts sur 300, le solde étant détenu par le porte-parole du Vlaams Belang à Anvers. Situé à deux pas du Grote Markt, dans le centre d'Anvers, le Leeuw, van Vlaanderen, alias "De Beest", n'a jamais renié ses amours ni sa vocation: fondé en 1957 par un ancien collaborateur, le bistrot a servi tour à tour de QG aux anciens combattants du front de l'Est et aux condamnés pour incivisme/collaboration à la Libération, de port d'attache à l'extrême droite flamingante version VMO (Vlaamse Militanten Orde, mis hors la loi en 1983), de point de chute au Vlaams Blok/Belang. Les lieux en portent témoignage: August Borms, Joris Van Severen, Staf De Clercq, les figures historiques du mouvement nationaliste flamand, collabos compris, ont toujours droit à leur portrait accroché aux murs de l'établissement. A fini tout de même par disparaître le juke-box et son catalogue de marches nationales-socialistes. Filip Dewinter a appris à apprécier les lieux durant son parcours étudiant, il en est devenu un habitué, il en reprend aujourd'hui le fonds de commerce idéologique "avec ses pages les plus sombres", précise-t-il, ravi de pouvoir contribuer à maintenir en vie ce "monument du politiquement incorrect" plus d'une fois en péril au cours d'une existence chahutée. A la presse, le nouvel actionnaire minoritaire confie qu'"il faut être nationaliste flamand, sans complexes mais aussi sans les dérives du passé. Glorifier le nazisme n'a pas sa place ici". Avis à la clientèle: la maison, promet-il, n'aura toujours que pour seule devise "Eigen volk eerst".